Pas de médecin à l'urgence: le «plan Barrette» blâmé

En matinée, samedi, Le Soleil rapportait que l'urgence du Jeffery... (Photothèque Le Soleil)

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En matinée, samedi, Le Soleil rapportait que l'urgence du Jeffery Hale allait être privée de médecin pendant quatre heures en soirée. Une situation qui se serait produite en moyenne cinq fois par mois au cours de la dernière année, selon le CIUSSS de la Capitale-Nationale.

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(Québec) La découverture médicale observée dans les urgences de certains hôpitaux du Québec, notamment au Jeffery Hale en fin de semaine, est une conséquence directe du «plan Barrette», dénonce le Regroupement des médecins omnipraticiens pour une médecine engagée (ROME).

En matinée, samedi, Le Soleil rapportait que l'urgence du Jeffery Hale allait être privée de médecin pendant quatre heures en soirée. Une situation qui se serait produite en moyenne cinq fois par mois au cours de la dernière année, selon le CIUSSS de la Capitale-Nationale.

Outre l'urgence du Jeffery Hale, celle de Saint-Marc-des-­Carrières, aussi gérée par le CIUSSS, connaît régulièrement des découvertures médicales en raison du manque d'effectifs. Et c'est pire durant la saison estivale, note Patrick Duchesne, directeur adjoint à la Direction des services professionnels du CIUSSS de la Capitale-Nationale. 

«Lorsqu'un médecin nous annonce qu'il diminue le nombre de ses gardes à l'urgence, il ne nous donne pas nécessairement la raison. Il peut vouloir réorienter sa pratique, faire plus de prise en charge en cabinet, par exemple», dit M. Duchesne, sans associer cette situation à quelque réforme du ministre de la Santé, Gaétan Barrette. 

Mais pour le ROME, il ne fait aucun doute que les ruptures de services dans les urgences sont une conséquence de la loi 20 du ministre Barrette, qui oblige les nouveaux médecins de famille à prendre 500 patients pour avoir le droit de travailler à l'hôpital (250 pour ceux qui ont une formation complémentaire en médecine d'urgence).

«C'était prévisible. Le ministre avait été averti. Il a poussé les médecins à l'extérieur de l'hôpital. [...] On ne peut pas se cloner et être partout. Si on est en cabinet à faire de la prise en charge ou dans une super-clinique, on ne peut pas être à l'hôpital. Résultat : on se retrouve avec des urgences sans médecin», déplore le co-porte-parole du ROME, le Dr Simon-Pierre Landry, au cours d'un entretien avec Le Soleil.

Outre les urgences du Jeffery Hale et de Saint-Marc-des-­Carrières, le Dr Landry cite celle de Témiscaming, en Abitibi, qui n'a pas eu de médecin la nuit pendant trois semaines en mars, obligeant les résidents de la petite municipalité à parcourir 180 kilomètres pour une consultation. 

«Les ruptures de services qu'on prévoyait et qu'on voit s'accélérer avec l'été qui s'en vient se produisent surtout en région, dans les petites urgences. Dans les moyens et les grands hôpitaux, on assiste plutôt à des réductions de services», note le Dr Landry, qui est chef du département de l'urgence à Sainte-Agathe-des-Monts. 

Décisions centralisées

«Comme on n'a pas assez de médecins et qu'on ne peut pas en recruter de nouveaux, je me retrouve avec des trous dans ma liste de garde cet été. Pendant 15 jours, il va y avoir un médecin de garde de moins le jour», illustre l'omnipraticien, selon qui la bureaucratie centralisée du ministère de la Santé empêche l'offre de services médicaux de bien s'arrimer à la demande en soins locale. 

«Les décisions administratives afin d'obtenir un poste en pratique sont très longues, et cette gestion centralisée est difficilement en mesure de prévoir les retraites, les congés de maladie ou de maternité, ce qui mène à des ruptures de services et une fragilisation des équipes et des milieux de travail», écrivait le ROME dans son mémoire sur le projet de loi 130 modifiant certaines dispositions relatives à l'organisation clinique et à la gestion des services de santé.

Selon le Dr Landry, le «plan Barrette a désorganisé les hôpitaux et la médecine familiale, au profit d'une logique comptable électorale [donner un médecin de famille à tout le monde]». Des solutions, il y en a, mais encore faut-il savoir écouter, dit le Dr Landry, qui suggère d'abolir la loi 20 et les mesures qui empêchent les jeunes médecins de faire de l'hôpital, de donner aux autorités médico-administratives locales le pouvoir de recruter quand elles en ont besoin, de former plus de médecins de famille et d'infirmières praticiennes spécialisées et de déléguer plus d'actes aux autres professionnels de la santé, entre autres.

Dans les cinq urgences du CHU de Québec, aucun problème de découverture médicale ou de diminution de services n'aurait été noté, affirme une porte-parole, Geneviève Dupuis.




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