Boom de grossesses multiples: «On l'avait prédit»

L'augmentation du nombre de grossesses multiples au Québec... (123RF/Jozef Polc)

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L'augmentation du nombre de grossesses multiples au Québec serait attribuable à un recours accru à l'insémination artificielle, étant donné que la fécondation in vitro n'est plus couverte par la RAMQ.

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<p>Fanny Lévesque</p>
Fanny Lévesque

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Le Soleil

(Sept-Îles) Ce que craignait l'Association Infertilité Québec devient réalité. Les couples se ruent sur l'insémination artificielle depuis la fin de la gratuité de la fécondation in vitro (FIV) et le nombre de grossesses multiples bondit.

«On l'avait dit, on l'avait prédit. On nous a coupé le programme et en voilà les conséquences», a réagi la présidente de l'association, Céline Braun. Lundi, Le Soleil publiait un reportage sur la recrudescence des grossesses multiples au Québec depuis l'entrée en vigueur du projet de loi 20, en novembre 2015. 

À la clinique de fertilité OVO, le taux de grossesse à plus d'un coeur foetal a doublé en 2016, passant de 5 à 10 %. Et le grand responsable serait le recours accru à l'insémination artificielle, toujours couverte, parce que les couples n'ont plus les moyens financiers de se tourner vers le in vitro, un traitement qui peut facilement coûter 10 000 $. 

«Il n'y a aucune surprise [...] Depuis le mois de septembre, on a pu comptabiliser environ une trentaine de grossesses multiples, des gens qui en font l'annonce sur les réseaux sociaux», affirme Mme Braun. Et l'insémination serait «en majeure partie» la pratique utilisée dans ces cas observés. 

Dans un mémoire déposé dans la foulée des consultations prébudgétaires au début du mois, l'association exhortait d'ailleurs l'État de «limiter de manière stricte» le nombre d'inséminations remboursées par la RAMQ. Pour l'heure, les femmes peuvent avoir accès gratuitement à jusqu'à neuf cycles d'insémination. 

Avec les inséminations artificielles, le risque de grossesses multiples tourne autour de 10 %, mais peut atteindre jusqu'à 25 % dépendant de la force du traitement utilisé pour la stimulation ovarienne. Ne pouvant plus s'offrir la FIV, les couples osent une médication «plus invasive» ou multiplient les essais pour augmenter leurs chances de grossesse. 

«Le recours répété aux inséminations intra-utérines s'apparente à un acharnement thérapeutique qui ne met pas la santé de la mère et du bébé à l'avant-plan», a prévenu l'association dans son mémoire. L'organisme y va aussi d'une série de recommandations pour que Québec rétablisse un programme «balisé» d'aide à la procréation assistée. 

L'Association Infertilité Québec réclame entre autres le retour de la gratuité de la FIV, mais recommande de mieux l'encadrer en offrant deux cycles payés plutôt que les trois qui étaient offerts avant la modification de la loi. Le nombre d'inséminations devrait être restreint à trois avant de passer à la fécondation in vitro, est-il également proposé. 

À la clinique OVO, le nombre de grossesses multiples est passé de 12 en 2015 à 40 un an après, notamment avec l'augmentation du recours à l'insémination. 

Prudence avec les chiffres 

Au ministère de la Santé, on rappelle qu'il faut «être très prudent» parce que «nous n'avons pas de données vérifiées pour l'ensemble du Québec» permettant de confirmer la recrudescence des grossesses multiples ou de l'utilisation de l'insémination. Il n'existe d'ailleurs pas de registre provincial sur les grossesses multiples en procréation assistée. 

La RAMQ confirme avoir remboursé 14 929 inséminations en 2015 et 16 693 en 2016, mais encore là, «il faut être prudent», souligne le ministère. «Il y a eu des augmentations importantes dans les années passées» avant la modification de la loi en 2015. Le ministère cite 2010-2011 à 2011-2012 où le nombre d'actes a bondi de 11 179 à 13 252. 

À Washington lundi, le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, n'était pas disponible pour une entrevue. L'Association Infertilité Québec rencontre jeudi la «conseillère politique» du ministre en lien avec ses revendications.




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