Services de santé: ras-le-bol dans la Matapédia

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Plus de 225 personnes ont participé au Forum citoyen sur l'avenir des soins de santé dans la Matapédia, samedi à Amqui.

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Johanne Fournier

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Le Soleil

(Amqui) «On tient à notre hôpital, est venue dire une retraitée de l'établissement d'Amqui dans un témoignage empreint d'émotion. Si vous en voulez pas, de notre hôpital, laissez-nous le gérer!» Ce cri du coeur de Raymonde Vaillancourt a fait l'objet d'une ovation spontanée de la part des 235 participants du Forum citoyen sur l'avenir des soins de santé dans la Matapédia, qui s'est tenu samedi à Amqui.

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Pour une communauté qui veut prendre en mains ses services de santé, la solution passe par la création de coopératives, selon Jean-Pierre Girard.

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Des élus de la MRC, des médecins, des professionnels de la santé et des citoyens sont venus exprimer leur ras-le-bol de la réforme de la santé du ministre Gaétan Barrette. Le chef de l'opposition officielle, Jean-François Lisée, le co-porte-parole de Québec solidaire, Amir Khadir, et le député de Matane-Matapédia, Pascal Bérubé, ont participé à une partie des échanges.

Ni la présidente-directrice générale du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) du Bas-Saint-Laurent, Isabelle Malo, ni aucun de ses gestionnaires n'ont répondu à l'invitation des organisateurs du forum. «Ils ont décliné l'invitation, déplore le porte-parole de l'événement et ancien directeur général du Centre de santé et de services sociaux de la Matapédia, Alain Paquet. C'est décevant que ces gens-là ne viennent pas écouter, discuter ou ouvrir un dialogue qui pourrait être constructif. Ça aurait démontré une ouverture à la situation vécue par la population de la Matapédia qui essaie de se positionner pour contrer les effets négatifs de la réforme actuelle.»

«Les employés sont écoeurés, a raconté Mme Vaillancourt. Ils n'ont plus le droit de parole. Ce qui les guette, ce sont des mesures disciplinaires. On vit sous un régime de terreur. L'humanisation des soins, il n'y en a plus. On exige à des patients d'être plus de 24 heures sur une civière. Les personnes âgées, on doit les envoyer le plus rapidement à la maison. Pourquoi? Parce que c'est plus rentable. Mme Malo veut pas être ici parce qu'elle veut pas entendre toutes les souffrances qui se vivent ici!»

Des conférenciers ont nourri la réflexion. Parmi eux, le professeur émérite de l'Université de Montréal, André-Pierre Contandriopoulos, a soutenu que le statu quo ne pouvait plus durer. «Les services de santé se détériorent, a-t-il dit. Le Québec est un des pires pays, après les États-Unis, quant à la qualité de ses soins de santé!» Selon lui, le réseau de la santé est en crise.

De l'avis d'un autre conférencier, Jean-Pierre Girard, un expert-conseil en entrepreneuriat collectif, la solution passe par les coopératives de santé. En juin, la Ville d'Amqui a demandé à Québec de lui vendre l'hôpital et les établissements de santé de la Matapédia pour la somme symbolique de 1 $. En retour, la Ville s'engagerait à mettre en place une coopérative de santé.

Parmi les exemples de succès en matière de coopératives de santé, M. Girard a cité le cas de la Clinique SABSA, située dans la basse-ville de Québec. «Il faut prendre le changement par la main avant qu'il nous prenne par la gorge», a conclu M. Girard en citant Winston Churchill, avant d'être chaleureusement applaudi.

Soutien de l'opposition

Deux partis d'opposition ont assuré les participants du forum de leur soutien dans leur volonté de prendre en charge leurs soins de santé et de services sociaux. «Il y a ici un modèle qui peut très bien fonctionner, a soutenu Amir Khadir de Québec solidaire. Nous, on y croit. Pour le moment, il faut sauver ce qu'il est possible de sauver des griffes d'un gouvernement qui est déterminé à démanteler et à déconstruire ce qu'on a bâti.»

«Des coopératives de santé, ça fait partie de la solution, en particulier depuis que les docteurs qui nous gouvernent ont centralisé à outrance», a indiqué Jean-François Lisée du Parti québécois.

Le chef de l'opposition officielle a cependant exprimé une réserve par rapport à l'idée de transformer l'hôpital d'Amqui en coopérative. «Ça, c'est plus compliqué, a reconnu M. Lisée. Je pense qu'un hôpital doit être dirigé de façon plus pluridisciplinaire.» Selon lui, il faudrait réintégrer les bénévoles dans les conseils d'administration afin que les citoyens soient au coeur des décisions de leur système de santé.




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