L'accès aux soins toujours problématique au Québec, selon un rapport

Les dépenses en santé approchent les 50 % du... (Archives Le Quotidien)

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Les dépenses en santé approchent les 50 % du budget total du gouvernement du Québec. Pourtant, les listes d'attente persistent et le temps d'attente aux urgences demeure cliniquement élevé.

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(Québec) L'accès aux services de première ligne et aux services spécialisés reste une problématique importante au Québec, qui accuse du retard par rapport au reste du Canada et aux autres pays, révèle une enquête internationale à laquelle a collaboré le Commissaire à la santé et au bien-être (CSBE).

L'accès aux services de première ligne et aux services spécialisés reste une problématique importante au Québec, qui accuse du retard par rapport au reste du Canada et aux autres pays, révèle une enquête internationale à laquelle a collaboré le Commissaire à la santé et au bien-être (CSBE).

Pour une troisième année après 2010 et 2013, le Commonwealth Fund a mené entre le 1er mars et le 22 juin 2016 un vaste sondage auprès de 27 000 personnes réparties dans 11 pays (Canada, Suède, États-Unis, Allemagne, Suisse, France, Royaume-Uni, Norvège, Australie, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas) afin de mesurer la perception des adultes sur leur système de santé et leur expérience avec celui-ci. Au Québec, la collaboration du CSBE a permis de comparer les résultats de la province avec ceux du Canada et des autres pays participants.

Malgré les discours et les efforts consentis, on observe peu d'évolution sur le plan de l'accessibilité des soins, qui demeure le plus grand défi du Québec, résume la commissaire par intérim, Anne Robitaille, dans son rapport publié jeudi.

Selon celui-ci, 25 % des adultes québécois rapportent ne pas avoir de médecin de famille, contre 15 % au Canada. Dans plusieurs pays (France, Allemagne et Pays-Bas, par exemple), presque tous les adultes ont un médecin de famille, note-t-on.

Toujours au Québec, seulement 41 % des personnes rapportent pouvoir voir un médecin ou une infirmière le jour même ou le lendemain en cas de besoin, contre 45 % au Canada et 59 % en moyenne dans les pays participants. 

«Ce manque d'accès aux soins de première ligne entraîne une surutilisation des urgences, puisque 38 % des adultes québécois ont fait au moins une visite à l'urgence dans les deux dernières années et près de la moitié de ces personnes [44 %] indiquent qu'elles auraient pu aller voir leur médecin à la place, si celui-ci avait été disponible», peut-on lire dans le rapport. 

Soins spécialisés

L'accès aux soins spécialisés est également difficile, alors que seulement un peu plus du tiers des adultes (36 %) ont attendu moins de quatre semaines pour voir un médecin spécialiste. «Si ce pourcentage est relativement semblable à celui du Canada (39 %), il est beaucoup plus faible que celui de la moyenne des pays participants [58 %]», rapporte le CSBE.

En ce qui concerne la qualité des soins, le Québec obtient des résultats comparables à la moyenne des pays participants, mais un peu moins favorables que ceux du Canada. Ainsi, 38 % des répondants québécois considèrent que la qualité des soins médicaux qu'ils ont reçus est excellente et 31 %, qu'elle est très bonne. Au Canada, ces pourcentages sont respectivement de 43 % et 33 %, compare le CSBE.

La relation avec le médecin de famille est la thématique où le Québec obtient ses meilleurs résultats, alors que la grande majorité des adultes québécois indiquent que leur médecin de famille connaît toujours leurs antécédents médicaux (66 %), qu'il passe toujours suffisamment de temps avec eux (56 %), qu'il les implique toujours dans les décisions sur les soins (58 %) et qu'il leur explique toujours les choses clairement (72 %). Ces résultats sont comparables à ceux du Canada, mais supérieurs à la moyenne des pays participants, observe-t-on.

Malgré la cessation annoncée des activités du Commissaire à la santé et au bien-être (la date exacte n'est pas encore connue), la collaboration du Québec avec l'enquête internationale du Commonwealth Fund devrait se poursuivre, précise la commissaire par intérim au début de son rapport. Anne Robitaille souhaite que l'organisation à qui le mandat sera confié ait «la neutralité et l'indépendance nécessaires afin que l'ensemble de ces données comparatives soient rendues publiques en toute transparence».

Après 10 ans de rapports souvent critiques du système de santé, le CSBE a été aboli par le gouvernement Couillard dans la foulée du dernier budget. Son mandat sera confié à l'Institut d'excellence en santé et en services sociaux et à l'Institut national de santé publique du Québec.

Le CSBE finalise actuellement son rapport 2016 sur la performance globale du système de santé et de services sociaux, qui devrait être publié à la mi-mars.




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