Pénurie de médecins dans les CHSLD

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(Québec) Les résidents du vétuste CHSLD Saint-Augustin, qui devaient déménager dans des locaux plus modernes de l'Institut universitaire de santé mentale de Québec (IUSMQ) cet automne, devront attendre quelques semaines encore avant de voir leurs conditions s'améliorer, faute de médecins pour les suivre dans leur nouveau milieu de vie. Un problème que le CIUSSS de la Capitale-Nationale et le ministère de la Santé comptent régler en obligeant notamment les nouveaux médecins à faire des heures en CHSLD.

«C'est clair que pour nous, c'est un enjeu important», a reconnu en marge d'une conférence mardi le président-directeur général du CIUSSS de la Capitale-Nationale, Michel Delamarre, qui demeure «optimiste» de voir le problème réglé d'ici «quelques semaines». «Ce n'est pas pas un problème propre au CHSLD Saint-Augustin ou à la Capitale-Nationale, c'est une problématique [le manque de médecins en CHSLD] qu'on rencontre un peu partout au Québec», a souligné M. Delamarre. 

La clientèle lourde du vieux CHSLD Saint-Augustin devait être transférée en octobre dans une nouvelle unité de l'IUSMQ correspondant aux normes actuelles d'hébergement. L'annonce avait été faite en grande pompe en juin. Selon M. Delamarre, le transfert n'a pas eu lieu à la date prévue en raison d'un problème d'effectifs médicaux. 

«On a quelques options pour régler le problème, dont l'affichage de postes d'infirmières praticiennes spécialisées (IPS) au cours des prochaines semaines. C'est un projet vitrine que le Ministère nous a accordé pour répondre à la problèmatique qu'on vivait», précise le pdg du CIUSSS.

Le Directeur régional de médecine générale a aussi «des leviers» avec les activités médicales particulières (AMP) des médecins. «Les nouveaux médecins qui vont arriver dans la région vont devoir faire du CHSLD, c'est-à-dire faire une partie de leurs activités obligatoirement en CHSLD», précise M. Delamarre, ajoutant que cette mesure est «en vigueur maintenant». 

«On sait qu'actuellement, les AMP sont focussées sur la prise en charge [les médecins doivent avoir minimalement 500 patients inscrits], mais le Ministère accepte des dérogations quand il y a des problématiques particulières», explique M. Delamarre, qui attribue notamment la pénurie d'effectifs médicaux en CHSLD au départ de certains médecins «parce que ça faisait longtemps qu'ils en faisaient» et au fait que «la prise en charge a été favorisée». «Mais ce n'est pas nouveau, la problématique de médecins en CHSLD existe depuis un certain temps», ajoute-t-il.

Le CIUSSS de la Capitale-Nationale compte par ailleurs sur une plus grande contribution des pharmaciens en CHSLD. «On peut prendre plus de résidents en charge avec des IPS et un pharmacien qu'avec juste un médecin. [...] Si on crée un contexte où la pratique médicale est plus intéressante, on pense qu'on va être capable d'attirer des médecins», entrevoit M. Delamarre.

20 M$ pour un nouvel édifice

N'ayant pas été rénové depuis les années 50, le CHSLD Sainte-Monique, sur le boulevard Hamel, à L'Ancienne-Lorette, ne paie pas de mine. La majorité des résidents sont dans des chambres doubles et même triples. Les corridors sont tellement étroits que deux fauteuils roulants ne peuvent se croiser. Pas de salle commune ni de salle à manger dignes de ce nom, seulement une pièce incroyablement exigüe qui fait office de salon. C'est là, «dans un environnement d'un autre temps», que le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, avait convié les médias mardi matin pour annoncer la construction d'un nouveau CHSLD de 66 lits, dont deux en soins de fin de vie, au coût de 20 millions $.

«C'est la démonstration la plus flamboyante» que les infrastructures représentent un des plus grands défis du gouvernement du Québec, a exposé d'emblée le ministre Barrette. 

Le nouveau CHSLD Sainte-Monique, qui sera situé à environ 1 km à l'ouest de l'actuel établissement, sera aux normes et adapté aux besoins des résidents, a-t-il annoncé. Tous les résidents devraient avoir été transférés d'ici 18 mois.

«On va plus que doubler l'espace aux résidents. De moins de 2000 mètres carrés, on passe à plus de 5000 mètres carrés. [...] Le nouveau bâtiment répondra aux normes en termes de résidence, d'accès à des bains, d'espaces communs, etc.» a précisé le ministre de la Santé.

Le projet, réalisé en collaboration avec le professeur-chercheur en sciences infirmières de l'Université Laval Philippe Voyer, sera conçu en fonction des besoins des résidents en perte cognitive, l'environnement physique ayant un impact significatif sur cette clientèle, a expliqué le ministre. La nouvelle construction pourra ensuite servir de modèle, a-t-il dit.

Selon le ministre Barrette, la vétusté des CHSLD, «c'est un enjeu qui est malheureusement répandu au Québec». Pas pour rien, a-t-il réitéré, qu'il «fait la bataille avec le fédéral pour dire que les transferts en santé pour les personnes âgées ne sont pas assez élevés».

«Moi, des Sainte-Monique, je voudrais en faire à plein d'autres endroits, mais j'ai un budget qui est limité», a insisté le ministre. Environ 15 % des CHSLD de la province auraient besoin d'être rénovés, selon lui.

«Si, sur une base d'une durée de vie de 60 ans [...], on avait, de façon cyclique, à remettre à niveau toutes nos infrastructures, il faudrait investir 800 millions $ par année. Actuellement, on a des budgets de 200 millions $, 250 millions $ par année», a souligné le ministre de la Santé.

Aucune clinique-réseau ne fermera le 1er avril, assure Barrette

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, assure qu'aucune clinique-réseau ne fermera ses portes le 1er avril. 

«On travaille en collaboration avec la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ), qui est très active dans ce dossier-là», a dit le ministre Barrette en marge d'une annonce sur la construction d'un nouveau CHSLD à Québec, mardi. 

Début novembre, Le Soleil rapportait que le ministre de la Santé avait décidé d'abolir le 1er avril prochain, soit un an plus tôt que prévu, le financement du modèle actuel des cliniques-réseau pour les forcer à adhérer à son programme de supercliniques. Depuis, plusieurs cliniques-réseau de la capitale ont annoncé n'avoir d'autre choix que de mettre la clé sous la porte de leur sans-rendez-vous, évoquant le manque de médecins pour répondre à l'obligation des heures d'ouverture élargies.

Si le ministre Barrette a longtemps accusé les médecins de bouder son programme de supercliniques parce qu'ils «résistent à un changement de culture» et qu'ils «ne veulent pas travailler les soirs de fin de semaine», le ton avait changé, mardi. 

«Nous travaillons étroitement avec la FMOQ pour faire en sorte que les effets visés par la loi 20 soient maximaux et dans les délais entendus, et ça vaut pour les supercliniques. [...] Encore en fin de semaine, il y a eu des rencontres avec le président de la FMOQ pour faire en sorte que tout ça s'actualise», a dit le ministre de la Santé, ajoutant qu'il n'avait «pas d'indications aujourd'hui que des cliniques vont fermer» et qu'il y aura une diminution de services le 1er avril.

Le ministre n'a pas voulu dire comment sera réglé le problème des effectifs médicaux, pas plus qu'il n'a voulu préciser si la date butoir du 1er avril sera repoussée. «Je ne ferai pas plus de commentaires compte tenu du fait qu'il y a des discussions qui ont lieu», a simplement dit le ministre, refusant de faire état de ses relations avec la FMOQ «sur la place publique». 

«Mais rassurez-vous, l'accès va en s'améliorant dans la région de Québec et au Québec, et ça va passer par les supercliniques», a-t-il insisté.




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