Couperet sur les vaccins

Marie-­Christine Gingras enchaîne les refus : soit la clinique n'offre... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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Marie-­Christine Gingras enchaîne les refus : soit la clinique n'offre pas la vaccination pour la désensibilisation à ses allergies graves, soit elle a cessé de l'offrir en raison de l'interdiction de charger des frais accessoires.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) Devant l'incertitude entourant le très attendu règlement sur les frais accessoires, des cliniques préfèrent jouer de prudence et interrompre à compter du 1er janvier les services de vaccination offerts à leurs patients.

Très allergique aux noix et à divers pollens, Marie-­Christine Gingras suit un programme de désensibilisation. Au cours des derniers jours, elle a multiplié les démarches pour trouver un endroit où elle pourrait recevoir ses doses hebdomadaires de vaccin de désensibilisation, la clinique qui les lui administrait l'ayant informée qu'elle ne pouvait plus le faire à partir du 1er janvier. 

La résidente de Québec a enchaîné les refus : soit la clinique n'offrait pas le service, soit elle cessait de l'offrir ou ne pouvait s'engager à continuer de l'offrir en raison de l'incertitude entourant l'abolition des frais accessoires, rapporte Mme Gingras. 

Elle a eu plus de succès en téléphonant au CLSC de Sainte-Foy, qui l'a référée au CLSC de Beauport, où elle pourra finalement recevoir ses précieuses doses de vaccin en se présentant au sans rendez-vous. 

Les responsables des centres médicaux à qui nous avons parlé ont expliqué que la vaccination engendrait des frais pour la clinique, qui doit notamment payer pour l'infirmière. 

«On ne le fera pas à perte, a exposé l'un d'eux. Tant qu'on ne connaîtra pas le libellé final du règlement, tant qu'on n'aura pas d'indications claires de la part du ministère de la Santé et de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec [FMOQ], on va rester prudent. On ne veut pas être dans l'illégalité en chargeant des frais pour la vaccination, alors dans le doute, on va s'abstenir d'offrir le service après le 1er janvier [date de l'abolition des frais accessoires initialement prévue par le ministre Gaétan Barrette].»

De même, les cliniques pourraient décider de ne plus offrir de services de prélèvements sanguins si elles doivent le faire à perte, nous a-t-on laissé entendre. 

À la FMOQ, on rappelle que le règlement sur les frais accessoires n'a toujours pas été publié et que ceux-ci ne seront donc pas abolis comme prévu le 1er janvier.

«Dès qu'on aura une date prévisible et des informations solides sur ce qui peut être facturé ou non, sur ce qui est un service assuré ou non, nos membres seront avisés. En attendant, les cliniques peuvent faire comme avant. Non seulement le règlement n'est pas encore publié, mais ça prend en plus toujours quelques jours avant que ça entre en vigueur», souligne le président de la FMOQ, le Dr Louis Godin.

N'empêche que le Dr Godin comprend les cliniques de réagir comme elles réagissent. «Il y a tellement de rebondissements, et il est minuit moins une... Mais moi, je ne peux pas agir à la place du ministère de la Santé [...]. Le problème, c'est que le ministre ne nous a pas interpellés là-dessus [la question des frais accessoires] avant les derniers jours. Et ce n'est pas parce qu'on ne l'avait pas interpellé», expose le Dr Godin. 

Le président de la FMOQ précise que les discussions concernant les vasectomies et petites chirurgies pratiquées en cabinet «achèvent», mais qu'il reste encore «d'autres questions à régler», dont celles de la vaccination et des prélèvements. 

Les spécialistes aussi en négociation

Les médias ont fait état au cours des derniers jours des risques d'interruption de certains soins médicaux spécialisés en raison de l'abolition des frais accessoires. L'Institut de physiatrie du Québec, par exemple, a informé certains de ses patients qu'il ne pouvait leur fixer de rendez-vous pour le début du mois de janvier «considérant l'incertitude face aux services que nous vous offrons», rapportait le Journal de Québec plus tôt cette semaine.

La Presse écrivait pour sa part que cette incertitude avait poussé Le Centre médical l'Enjeu de Mont­réal, où travaillent notamment des cardiologues et des gastroenté­rologues, à fermer ses portes.

Si les médecins spécialistes sont prêts à absorber les «petits» frais accessoires pour des consultations sans interventions complexes, ils n'absorberont pas les coûts de certaines interventions plus poussées nécessitant des équipements plus lourds, a averti la présidente de la FMSQ, la Dre Diane Francoeur. 

Mercredi, le ministre Barrette a réitéré en mêlée de presse que le gouvernement ne débourserait pas un sou de plus pour compenser la disparition des frais accessoires, l'argent devant venir de l'enveloppe de rémunération des médecins. Une rencontre entre la FMSQ et le ministère devait avoir lieu jeudi pour tenter de dénouer l'impasse.

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