La diplomation de pharmaciens en péril

Les pharmaciens communautaires contribuent annuellement à quelque 350 000 heures... (Archives La Presse canadienne)

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Les pharmaciens communautaires contribuent annuellement à quelque 350 000 heures d'encadrement sans rémunération auprès des stagiaires inscrits dans l'une ou l'autre des facultés.

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(Québec) Les deux facultés de pharmacie du Québec s'inquiètent que le conflit opposant le gouvernement Couillard et les pharmaciens communautaires mette en péril la diplomation de ces futurs professionnels de la santé.

Les divers projets de loi et la difficile négociation entourant le travail et la rémunération des pharmaciens créent un climat tendu depuis deux ans, se désolent les facultés de pharmacie de l'Université Laval et de l'Université de Montréal, qui ont jugé l'heure assez grave pour faire une sortie publique, lundi matin. 

«Les pharmaciens sont plus nombreux à prendre la décision de suspendre leurs activités de supervision des stagiaires dans leur pharmacie. Avec la stagnation de ces négociations et l'instabilité générée par les modifications importantes imposées au modèle d'affaires des pharmaciens, ce mouvement pourrait prendre de l'ampleur comme moyen de dernier recours chez plusieurs pharmaciens pour qui la qualité et la diligence dans les soins et services rendus à leurs patients ne sauraient faire l'objet de compromission», écrivent les facultés dans un communiqué. 

Les pharmaciens communautaires contribuent annuellement à quelque 350 000 heures d'encadrement sans rémunération auprès des stagiaires inscrits dans l'une ou l'autres des facultés, précisent-elles.

«Terrain d'entente»

Les facultés de pharmacie pressent le gouvernement et les pharmaciens à «trouver un terrain d'entente» et à «développer une vision contemporaine et pragmatique» du rôle des pharmaciens. Selon elles, le modèle d'affaires préconisé «devrait permettre d'utiliser pleinement leur formation professionnelle de grande qualité, au bénéfice de leurs patients, mais aussi des autres professionnels de la santé».

À l'Association québécoise des pharmaciens propriétaires du Québec (AQPP), on assure qu'il n'y a eu aucun mot d'ordre de ne pas accueillir de stagiaires. «Mais on comprend que la capacité des pharmaciens propriétaires d'en accueillir est réduite avec les heures qui ont été coupées et qui sont un effet des diverses politiques du gouvernement», explique la vice-présidente aux affaires publiques de l'AQPP, Julie Gauthier, précisant que l'équivalent de 1000 emplois en pharmacie à travers le Québec ont jusqu'ici été supprimés en raison des ponctions gouvernementales.

En juin 2015, les pharmaciens avaient consenti, sous la menace de l'application de la loi 28, qui les aurait privés de 200 millions $ par année pendant cinq ans, à participer à l'effort budgétaire du gouvernement en lui versant 400 millions $ sur trois ans, à même leurs honoraires. 

Ristournes 

En guise d'atténuation, le gouvernement s'était engagé à déplafonner complètement pendant trois ans les allocations professionnelles (les ristournes versées aux pharmaciens par les compagnies pharmaceutiques).

Sauf que voilà, Québec a finalement décidé de ne lever que partiellement et progressivement le plafond des allocations, une volte-face qui a mené les pharmaciens à entamer des procédures judiciaires.

L'AQPP en a également contre le projet de loi 81 visant à réduire le coût de certains médicaments par le recours à des appels d'offre. Les pharmaciens voient dans ce changement une diminution de leurs allocations professionnelles, dont ils voudraient bien pouvoir se passer s'ils étaient rémunérés à leur juste valeur. 

«On a fait une proposition cet été pour s'éloigner des allocations professionnelles. On voulait que ces allocations-là soient recueillies par le gouvernement et transférées en partie dans les honoraires des pharmaciens. Mais les négociations ont échoué», précise Mme Gauthier.

Les récents amendements au projet de loi 92 obligeant les pharmaciens à ventiler leurs factures afin de permettre aux patients de magasiner leur pharmacie n'ont fait qu'ajouter à la tension entre Québec et les pharmaciens.

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