Le PQ réclame le droit à l'oubli pour les survivants du cancer

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Diane Lamarre, porte-parole de l'opposition officielle en matière de santé

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(Québec) Le Parti québécois (PQ) propose que soit reconnu dans un projet de loi le droit à l'oubli des survivants du cancer, souvent victimes de discrimination de la part des compagnies d'assurances. «D'accord avec le fondement», le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, s'est montré ouvert jeudi à participer à un éventuel débat sur le sujet.

En conférence de presse, jeudi matin, Jean-François Lisée et Diane Lamarre ont rappelé la difficulté, voire l'impossibilité, pour des dizaines de milliers de Québécois remis «pour de bon» du cancer de contracter une assurance vie, une assurance habitation, une hypothèque ou même d'obtenir un prêt. «Il doit y avoir, lorsque la science dit que le risque est disparu, le droit à l'oubli», a résumé le chef de l'opposition officielle.

Le Parti québécois «tend la main» au ministre de la Santé pour travailler avec lui sur la rédaction d'un projet de loi visant à confirmer et à reconnaître ce droit à l'oubli. En France, les personnes ayant eu l'hépatite C ou certains types de cancer - de la thyroïde, du sein, du col de l'utérus, du testicule, et certains mélanomes de la peau - peuvent avoir accès à une assurance sans surprime ou exclusion après des périodes sans traitement variant de un an à 10 ans, fait valoir le PQ.

«Il y a des cancers pour lesquels on a des données probantes démontrant que quelques années après la fin des traitements, le risque est très faible ou nul par rapport à l'ensemble de la population», a souligné Diane Lamarre.

Ce que propose le PQ, c'est d'amender, à l'intérieur d'un projet de loi, l'article de la Charte québécoise des droits et libertés qui permet aux assureurs de discriminer les assurés sur la base de leur état de santé. «On est capable de faire en sorte que les patients qui ont eu un cancer bien guéri ne soient plus pénalisés à vie», a expliqué Mme Lamarre.

Fondement scientifique

Pendant la période de questions de l'Assemblée nationale, le ministre Barrette a reconnu qu'il y avait effectivement un fondement scientifique voulant que, pour certains types de cancer, après une certaine durée d'inactivité, leurs survivants soient considérés comme guéris et qu'ils «ne devraient pas être l'objet de clause particulière à la souscription à une prime d'assurance».

«Par contre, il faut quand même noter que l'environnement économique et social français est différent du nôtre. Je vous donne comme exemple l'assurance maladie : en France, elle ne couvre que les deux tiers des coûts, les Français étant obligés de souscrire à une assurance privée pour couvrir l'autre tiers», a rappelé le ministre de la Santé, qui considère néanmoins le sujet «très intéressant et pertinent». 

«En matière d'assurance, ça déborde largement la santé, on comprend que ça ira même aussi loin qu'au Code civil ou encore aux Finances, mais c'est un débat auquel je suis très prêt à participer», a assuré le ministre Barrette, sans toutefois s'engager à travailler sur un projet de loi à la prochaine session parlementaire.

«Il faut faire les choses correctement et ne pas demander de s'avancer dans telle ou telle direction aujourd'hui. L'environnement dans lequel nous sommes est différent [de celui de la France]. Que peut-on faire, comment peut-on le faire? Ça demande une certaine prudence», a conclu le ministre.

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