Des malades en manque d'équipements pour le maintien à domicile

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Le CIUSSS de la Capitale-Nationale n'est pas en mesure de fournir des équipements adaptés pour le maintien à domicile des patients, alors ceux-ci doivent être hébergés.

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(Québec) «Mieux vaut ne pas tomber malade à Québec.» C'est en tout cas ce que croient une représentante de la Société de la sclérose latérale amyotrophique (SLA) du Québec et un fournisseur d'équipements de soins à domicile, selon qui le budget du CIUSSS de la Capitale-Nationale pour des lève-personnes, des sièges bidets, des lits d'hôpital et autres fournitures adaptées pour le maintien à la maison semble «toujours à sec». Au CIUSSS, on reconnaît qu'il y a «une problématique d'attente d'équipements».

L'entreprise de Robert Pelletier, Visibilité, fournit divers équipements de maintien à domicile, notamment et surtout des sièges bidets, dans le cadre du Programme gouvernemental sur les aides à la vie quotidienne et à la vie domestique (AVQ-AVD). S'il convient que les budgets alloués aux établissements en vertu de ce programme sont «limités», M. Pelletier note une situation «exclusive à Québec».

«Lorsqu'une personne nécessite de l'aide à domicile, une ergothérapeute se rend chez elle pour évaluer ses besoins. On nous fait ensuite parvenir une demande pour faire un essai d'équipement à domicile, et, si cet essai est concluant, nous faisons une soumission. De l'équipement, on en installe un peu partout au Québec, à Saguenay, à Montréal, à Trois-Rivières, à Laval... Mais à Québec, il n'y a pas d'autorisation. En fait, on ne fait même pas d'essai!» rapporte Robert Pelletier. 

«À Québec, quand tu as besoin d'un équipement de soins à domicile, tu sors l'argent de tes poches et tu l'achètes», résume le fournisseur de Saint-Hubert.

La coordonnatrice aide technique et bénévolat de la Société de la SLA du Québec, Kate Busch, dit avoir elle aussi remarqué une situation unique à la capitale. 

«C'est la seule région où il n'y a pas assez de lits d'hôpital à prêter. Il n'y a jamais d'équipements disponibles, le budget [pour le programme AVQ-AVD] semble toujours à sec», déplore Mme Busch, selon qui «les patients atteints de la SLA ne sont pas priorisés à Québec». «Ils ne seront priorisés qu'une fois en fin de vie, alors qu'ils ont des besoins bien avant», rappelle Mme Busch.

Si le CIUSSS de la Capitale-­Nationale n'est pas en mesure de fournir des équipements adaptés pour le maintien à domicile des patients, alors ceux-ci doivent être hébergés, «ce qui coûte pas mal plus cher», souligne la coordonnatrice de la Société de la SLA du Québec.

«Les gens ont l'impression que les soins et les services de santé sont universels, mais ce n'est pas vrai, puisque chaque région établit ses priorités [...]. Québec, c'est la pire place pour tomber malade. Ils n'ont pas d'équipements couverts par des programmes gouvernementaux à fournir aux patients», dénonce Mme Busch.

Harmonisation et inventaire

Au CIUSSS de la Capitale-­Nationale, on reconnaît «certaines difficultés qui sont en train d'être réglées de façon prioritaire». Depuis la fusion des établissements, le 1er avril 2015, il faut «harmoniser tous les programmes d'aide, qui fonctionnaient avec des budgets et des façons de faire différentes, et faire l'inventaire de ce qui existe, de ce qui a été prêté à court, moyen et long terme», résume la porte-parole Catherine Chagnon. Une tâche complexe dans la mesure où «on parle de 11 établissements qui ont été fusionnés sur un très large territoire», rappelle-t-elle. 

Le directeur de la logistique au CIUSSS de la Capitale-Nationale, Marc Thibault, précise qu'avant de commencer l'inventaire des équipements, il a fallu «faire des choses de base», comme construire une station de lavage du matériel prêté. Une responsable des services auxiliaires, Weena Dussault, a ensuite été mandatée pour «refaire l'entrepôt et dresser l'inventaire des équipements disponibles».

«On a commencé par les lits et les matelas parce que c'était prioritaire», précise Mme Dussault, qui est en poste depuis juillet. Une fois la liste de tous les équipements dressée, des achats pourront être faits. 

Interrogés à savoir si les budgets sont suffisants, Mme Dussault et M. Thibeault ont eu cette réponse : «L'achat doit être intelligent. Il faut maximiser ce qu'il y a de disponible avant d'acheter.»

Services diagnostiques: 21 M$ pour réduire l'attente

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a annoncé mercredi des investissements de près de 21 millions $ visant à réduire les temps d'attente pour les services diagnostiques et à préparer le lancement d'un éventuel Programme québécois de dépistage du cancer colorectal.

En conférence de presse, le ministre Barrette a précisé que 10,7 millions $ seraient investis pour offrir 46 500 examens supplémentaires en imagerie en résonance magnétique, 20 200 examens supplémentaires en tomodensitométrie et 25 000 coloscopies additionnelles.

«Les endroits où les appareils ne fonctionnent pas 16 heures par jour, 7 jours sur 7, bien voilà les investissements qui pourront le permettre. Et il y a même des hôpitaux qui pourront faire plus que 16 heures par jour, ce sera à leur discrétion», a précisé le ministre au sujet des appareils de tomodensitométrie.

La bonification de l'offre de ces services se fera «grâce à une optimisation des salles et des équipements en place durant le jour, ainsi qu'à une prolongation des heures d'activités en soirée».

«L'objectif premier est d'abord de faire en sorte que pour les trois techniques que je viens de vous décrire - la tomodensitométrie, la résonance magnétique et l'endoscopie -, l'attente soit, de façon permanente, inférieure à trois mois. Si nous pouvons [la rendre] inférieure à deux mois nous allons y aller, mais nous allons commencer par trois mois», a expliqué M. Barrette, soulignant qu'actuellement, des patients peuvent attendre plus d'un an pour subir ces examens.

Nouvelles salles

L'augmentation en coloscopie aura lieu par le biais de l'ouverture de six salles d'endoscopie et la prolongation des heures d'activités dans huit salles d'endoscopie existantes.

Par ailleurs, 10 millions $ seront investis dans la mise à niveau de toutes les unités de coloscopie dans les hôpitaux du Québec afin de préparer le lancement du Programme québécois de dépistage du cancer colorectal en 2018.

Le programme fera en sorte que les Québécois âgés de 50 à 74 ans seront invités à passer un test tous les deux ans. Ceux qui auront un résultat positif à ce test seront ensuite dirigés en coloscopie.  La Presse canadiene

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