De meilleurs repas en CHSLD d'ici 2018, promet Barrette

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(Québec) Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, s'est engagé à «tout faire» pour que la qualité des repas servis en CHSLD soit non seulement améliorée d'ici la fin du mandat des libéraux, en 2018, mais aussi ajustée aux communautés culturelles de Montréal. Le ministre a également enjoint aux syndicats de faire preuve de souplesse dans l'organisation du travail à l'heure des repas.

Le dîner auquel le ministre avait convié les journalistes et les élus mercredi au Centre des congrès de Québec était l'aboutissement d'un long projet de deux ans élaboré par CIUSSS de la Capitale--Nationale, le CISSS de la Chaudière--Appalaches, le CHU de Québec et l'Institut universitaire de cardiologie de Québec.

Les instigateurs ont fait la tournée des établissements pour répertorier les mets les plus populaires, pour ensuite élaborer 72 recettes nutritives, sécuritaires, appétissantes et bonnes au goût (même quand elles sont servies en purée). Une harmonisation qui assurera une plus grande rotation des menus. «Une personne pourra ne pas manger deux fois la même chose pendant cinq semaines», a calculé le ministre Barrette.

Implantation progressive

Dans la Capitale-Nationale et dans Chaudière-Appalaches, l'implantation du projet débutera à la fin de 2017 et se fera de façon progressive. Le ministre Barrette s'attend à ce que les autres établissements de la santé aient emboîté le pas d'ici l'automne 2018. «Je ne veux pas que tout le monde change, je veux que tout le monde ait cette qualité-là», a dit le ministre Barrette. Les recettes existent et elles sont exportables, a-t-il ajouté. «On n'est plus dans la partie essai-erreur, on est dans la partie diffusion pour tout le Québec. Alors le mandat qui est donné au réseau, c'est : recevez la bonne nouvelle et déployez-la», a résumé le ministre.

Selon lui, un exercice du même type devra être fait à Montréal «pour la clientèle d'autres origines». «Il y aura un menu adapté aux communautés culturelles», a-t-il indiqué.

Les mets servis mercredi étaient plutôt bons et appétissants (et chauds), du moins ceux goûtés par l'auteure de ces lignes. Pas de «patates en poudre», pas de gibelotte aux couleurs fades et autres purées froides dégoulinantes de sauce. Et il semble que les repas n'aient pas coûté plus cher à produire. «Le coût de la denrée est un petit peu plus cher, soit environ 20 cents de plus en moyenne par repas, mais l'économie d'échelle qui provient du changement dans la production alimentaire fait qu'en bout de ligne, on est dans le même budget», a assuré le ministre Barrette.

Centralisation

Le secret? La centralisation de la production, «mais pour ce qui est centralisable», a précisé le ministre de la Santé. «Pour garder les légumes verts et conserver le bon goût du saumon, on fait une précuisson et on termine la cuisson sur place [dans les établissements]», a-t-il illustré.

Et pour servir des repas chauds dans les CHSLD, il faut de bons chariots, a dit le ministre. «Probablement qu'il y aura des investissements à faire en termes de chariots. [...] Mais moi, si j'amène le bon chariot, est-ce que je vais avoir la souplesse syndicale pour organiser les repas autrement?» a demandé le ministre.

Il faut, selon le ministre, que tout le personnel participe aux services des repas, «peu importe son assignation d'employé». Pour que le modèle de bons repas chauds s'étende partout au Québec, «il ne faut pas avoir d'obstruction syndicale», a-t-il insisté. Selon lui, «s'il y a des problèmes d'organisation dans le réseau, c'est à cause de l'obstruction syndicale».

Manque de personnel

Parlant de syndicats, des représentants de la CSN se sont présentés au Centre des congrès pour dénoncer le «show médiatique» du ministre, mercredi. La présidente du Conseil central Québec--Chaudière-Appalaches, Ann Gingras, a exhibé des photos de repas peu appétissants prises plus tôt dans la journée dans des établissements de la région. «C'est ça que nos aînés mangent aujourd'hui. On tenait à ce que vous ayez la vérité, peu importe ce qu'on va vous servir aujourd'hui», a dit Mme Gingras aux représentants des médias.

Mais au-delà de la question de la qualité de la nourriture, il y a celle du manque du personnel, a ajouté la syndicaliste. Les aînés «mangent à la course» parce que les préposés manquent de temps, a-t-elle fustigé. 

Selon elle, si les gens mangent autant en purée dans les CHSLD, c'est parce qu'ils mangent plus vite de cette façon. «Ils ont moins à mastiquer, ils avalent plus vite, et les préposés passent moins de temps avec eux.»

Une affirmation que réfute le ministre. Selon lui, si 50 % de la clientèle en hébergement requiert une texture adaptée pour sa nourriture, c'est parce que «les gens qui sont en CHSLD ont souvent un problème de dysphagie» lié à leur perte d'autonomie.

Le ministre Barrette a du reste réitéré son engagement pris la semaine dernière d'embaucher 1150 travailleurs de plus dans les CHSLD.

En chiffres

2,14 $

Budget moyen par repas de CHSLD pour l'achat d'aliments

4000 $

Montant déboursé par Québec pour le dîner au Centre des congrès (y compris le salaire du personnel)

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