Résidences pour aînés: des syndiqués dénoncent les bas salaires

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(Québec) Réunis en congrès au Château Frontenac, des centaines de propriétaires de résidences privées pour aînés ont eu droit à la bruyante visite de syndiqués de la CSN qui dénoncent les bas salaires octroyés dans l'industrie, surtout par les plus gros propriétaires.

«Ils ont flairé la bonne affaire pour faire de l'argent sur le dos du monde vulnérable», a attaqué fermement la présidente du Conseil central de Québec-Chaudière-Appalaches de la CSN, Ann Gingras. Elle les accuse de maintenir sciemment leurs employés dans la pauvreté pour accroître les marges bénéficiaires.

Des dizaines de syndicats sont actuellement en négociations dans les résidences pour personnes âgées du Québec. Dans la quarantaine d'entreprises affiliées à la CSN où les travailleurs escomptent renouveler leur contrat de travail, la moitié n'a toujours pas réussi à s'entendre avec les propriétaires.

Les plus petites entreprises sont plus «parlables», poursuit le vice-président de la Fédération de la santé et des services sociaux (CNS), Dany Lacasse. Mais de grands groupes comme Chartwell, les Résidences Soleil ou le Réseau Sélection seraient plus réticents à répondre favorablement aux demandes des syndiqués.

Les salaires versés sont à peine au-dessus du salaire minimum, selon Dany Lacasse. «C'est épouvantable.» Ils exigent maintenant une hausse salariale de 1,50 $ sur trois ans, soit près de 12 %, ce qui aurait été refusé par les entreprises. «Pour nous, c'est du mépris total.»

«On demande du respect», acquiesce Sarah Morin, préposée aux bénéficiaires au Manoir Sherbrooke, propriété du groupe Résidences Soleil. «Le salaire moyen [au privé] est 12,80 $. Dans le public, c'est 18 $. On demande juste un équilibre entre les deux.»

Ressources limitées

De l'autre côté de la table, on assure vouloir négocier de bonne foi... tout en faisant valoir que les ressources financières sont limitées. «La situation des résidences n'est pas toute rose», assure le pdg du Regroupement québécois des résidences pour aînés, Yves Desjardins. «Et il faut respecter la capacité de payer des aînés.»

Il affirme que le marché est de plus en plus difficile, que les revenus ont diminué. «Il y a une réalité : ce sont des fonds privés et le sac a un fond.»

L'alimentation coûte plus cher, l'électricité aussi, la réglementation gouvernementale est plus pointue... énumère-t-il. Pour viser la rentabilité, les promoteurs doivent maintenant construire d'immenses résidences de 250, 300, 350 unités, dit-il.

M. Desjardins reconnaît cependant que le secteur est en expansion. «La démographie fait qu'il y a une demande. Ça va prendre 5000 unités par année d'ici 2037.»

L'industrie est donc en transformation. Il y aurait actuellement environ 1800 résidences privées pour aînés au Québec. Grosso modo, le tiers sont de petites entreprises comptant moins de 10 pensionnaires. Un autre tiers oscille entre 10 et 50 portes. Ces deux groupes seraient stables, voire en décroissance.

Reste le dernier tiers, les résidences qui ont plus de 50 logements. Ce secteur est en développement. Et c'est celui qui est investi par les syndicats. «C'est un terreau fertile pour la syndicalisation», convient M. Desjardins.

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