Les assureurs ne choisiront pas les pharmacies, garantit Barrette

Gaétan Barrette a assuré, mardi, qu'une compagnie d'assurance... (La Presse canadienne, Jacques Boissinot)

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Gaétan Barrette a assuré, mardi, qu'une compagnie d'assurance ne pourra pas diriger ses assurés vers une pharmacie offrant un meilleur prix.

La Presse canadienne, Jacques Boissinot

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(Québec) Devant les craintes soulevées par l'opposition et l'Association québécoise des pharmaciens propriétaires (AQPP), le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a proposé mardi soir un amendement au projet de loi 92 pour empêcher les compagnies d'assurance de restreindre la liberté de leurs assurés de choisir leur pharmacien.

«Nul contrat d'assurance collective ou régime d'avantages sociaux ne peut restreindre la liberté du bénéficiaire de choisir son pharmacien», stipule l'amendement adopté en milieu de soirée.

La commission parlementaire sur le projet de loi 92 visant à augmenter les pouvoirs de la RAMQ a débattu durant une bonne partie de la journée et de la soirée des amendements déposés la semaine dernière par le ministre de la Santé afin notamment d'encourager la concurrence dans le secteur des médicaments.

Le ministre Barrette propose entre autres d'obliger les pharmaciens à fournir aux patients une facture ventilée indiquant leurs honoraires professionnels, le prix assumé par le régime général et la marge bénéficiaire du grossiste. L'objectif: inciter les patients à magasiner leur pharmacie afin de réduire le coût des médicaments.

La semaine dernière, l'AQPP a dit craindre que cette mesure serve surtout aux assureurs privés, qui pourront diriger leurs assurés vers un pharmacien offrant un meilleur prix. «Il s'agit d'une attaque directe à la liberté de choix des patients et à l'indépendance des pharmaciens. C'est carrément ouvrir la porte aux dirigismes de la part des assureurs», s'inquiétait le directeur général de l'AQPP, Jean Bourcier.

Les craintes de M. Bourcier ont trouvé écho en commission parlementaire, mardi matin, alors que le péquiste Nicolas Marceau et le caquiste François Paradis ont demandé au ministre Barrette s'il avait l'intention de prendre des mesures pour empêcher les assureurs de faire du dirigisme.

Non, a répondu le ministre, pour la simple et bonne raison que l'article 2 de la Loi sur l'assurance-maladie interdit déjà cette pratique. «S'il y avait des manoeuvres de dirigisme faites par des compagnies, il y aurait lieu à ce moment d'intervenir. On défend le droit du patient d'aller où il veut, et je serais le premier à réagir si on veut attaquer ça», a assuré le ministre de la Santé.

Le Dr Barrette s'est finalement ravisé dans la soirée en proposant un amendement interdisant clairement le dirigisme.

Obligation de transparence réclamée

Le député Marceau a par ailleurs tenté d'obtenir l'assurance que l'obligation de transparence imposée aux pharmaciens n'aura pas de conséquences négatives sur l'industrie de la pharmacie communautaire, déjà fragilisée avec tous les changements qui lui ont été imposés depuis deux ans, et sur l'accès des patients aux services pharmaceutiques.

«Est-ce qu'on a une étude d'impacts de tous ces changements-là? Pourquoi ne pas vous ouvrir à une discussion sur la rémunération globale des pharmaciens?» a demandé Nicolas Marceau au ministre Barrette.

«Quand on regarde la réalité, il n'y en a pas d'impacts au moment où on se parle», a répondu le ministre, qui s'est dit tout à fait ouvert à discuter avec les pharmaciens, «mais l'autre partie a décidé d'aller à la cour plutôt que de négocier».

Le ministre faisait référence à la procédure d'arbitrage entreprise par l'AQPP pour régler le conflit qu'il l'oppose au ministère de la Santé au sujet du déplafonnement des allocations professionnelles.

Un chantier de la pharmacie demandé

Quatre associations reliées à la pharmacie communautaire (l'Association québécoise des pharmaciens propriétaires, l'Association des bannières et chaînes de pharmacie du Québec, l'Association québécoise des distributeurs en pharmacie et l'Association professionnelle des pharmaciens salariés du Québec) unissent leur voix pour dénoncer «l'approche unilatérale, sans nuance et précipitée du ministre de la Santé, Gaétan Barrette». Les quatre associations déplorent que des changements considérables aient été apportés à leur industrie au cours des deux dernières années «sans véritable planification, sans réelle évaluation des impacts [...] et sans la collaboration des acteurs de cette industrie». Aussi demandent-elles au gouvernement de créer rapidement un grand chantier de la pharmacie, qui viserait à «travailler activement les dossiers majeurs de façon concertée, avec l'aide d'experts et de façon transparente, pour le bénéfice à long terme de tous les acteurs de l'industrie, du gouvernement et surtout des patients».

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