Les radiologistes inquiets par rapport aux supercliniques

L'Association des radiologistes du Québec est mitigée quant... (Photothèque Le Soleil)

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L'Association des radiologistes du Québec est mitigée quant à l'intention du ministre de la Santé Gaétan Barrette de déménager des activités des hôpitaux vers des établissements privés.

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(Québec) S'il souhaite accélérer l'implantation de son réseau de supercliniques, le ministre Gaétan Barrette devra rassurer les radiologistes. Ceux-ci ont encore beaucoup de questions et de réserves sur le programme, qui prévoit des ententes de service avec des laboratoires d'imagerie médicale (LIM).

«Pour la vitesse à laquelle le ministre désire le faire [le réseau de supercliniques], les informations n'arrivent pas assez vite. On aimerait avoir des informations plus vite pour mieux planifier. Les radiologues sont prêts à déménager leur LIM, mais elles vont être où les supercliniques? Ça va être quoi le contrat d'affiliation? Qu'est-ce qu'on va vouloir de nous? Ce sera quoi le tarif? Qui va payer les équipements, les immobilisations?» s'interroge en entrevue au Soleil le nouveau président de l'Association des radiologistes du Québec (ARQ), le Dr Vincent Oliva.

Selon lui, il y a encore «beaucoup de variables qui ne sont pas réglées». Parmi elles : la couverture publique de l'échographie faite en LIM privé promise par le ministre Barrette.

Dans ses critères de désignation des supercliniques, le ministère de la Santé mentionne que des services d'échographie doivent être offerts «tous les jours», sans préciser l'étendue des heures de service.

«Est-ce que c'est sept jours, sept soirs? Est-ce que ça va être faisable partout? [...] Est-ce qu'on a les ressources pour ça? Dans certaines régions peut-être, dans d'autres, peut-être pas. Et si on nous demande d'être là un dimanche soir et qu'il y a juste un patient qui se présente dans toute la soirée, ce n'est pas exactement un modèle d'efficience. Ce sont des modalités qui restent à ficeler en fonction des régions et des besoins», dit le Dr Oliva.

L'ARQ ne s'en cache pas, elle est «mitigée» quant au «mouvement imprimé par le Dr Barrette pour déménager des activités des hôpitaux vers des entités privées».

«Il ne faut pas déshabiller les ressources hospitalières pour habiller les supercliniques. Le réseau hospitalier, c'est un réseau qui fonctionne bien, qui est présent à travers tout le territoire, ce qui n'est pas le cas des LIM. Notre position, c'est qu'il faut d'abord utiliser les ressources et les infrastructures qui sont présentes dans les hôpitaux avant de donner un grand coup dans les supercliniques», expose le président de l'ARQ.

Manque de ressources

Pour que la couverture publique de l'échographie faite au privé fonctionne, il faut des technologues pour faire les examens en première intention, souligne par ailleurs le Dr Oliva. «C'est comme ça que ça fonctionne en Colombie-Britannique et en Ontario, par exemple. Or on n'a pas encore ce réseau de ressources-là ici [...]. Actuellement, ça dépend presque exclusivement des radiologues», note le président de l'ARC. Selon lui, «il y a des régions où c'est difficile de demander à des radiologues d'aller couvrir les LIM avec des heures étendues alors qu'on a de la misère à fournir à l'hôpital».

Le Dr Oliva fait aussi remarquer qu'il y a actuellement un exode des technologues des hôpitaux vers le privé. «Dans certains départements, il y a des technologues formées, expertes, pointues qui ont quitté le milieu hospitalier pour aller travailler dans des set up privés. Et c'est dommage parce qu'elles sont très difficiles à remplacer», se désole-t-il.

«Mur à mur»

Les réserves des radiologistes sur le programme des supercliniques concernent également la couverture «mur à mur» des échographies faites au privé.

«Il y a certains examens échographiques pour lesquels on pense qu'une couverture est justifiée, notamment pour le dépistage du cancer du sein, qui se fait largement en LIM au Québec [actuellement, les patientes doivent payer pour leur échographie du sein faite au privé]. On croit aussi que l'examen échographique serait justifié pour un patient qui se présente en GMF pour une douleur abdominale qu'il faut investiguer», illustre le Dr Oliva.

Le président de l'ARQ se demande par contre si la couverture de l'échographie est «pertinente» pour le patient qui souffre d'une tendinite sportive, par exemple. «Est-ce que notre société est assez riche pour se payer ça? Est-ce qu'on a l'argent et les ressources pour assurer ça? Et encore là, ne risque-t-on pas de déshabiller les hôpitaux?» s'interroge le Dr Oliva.

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