Très malade, un couple de Québec voit son aide à domicile réduite

Selon Agnès Maltais, une famille de Québec «en... (Archives La Presse, Ivanoh Demers)

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Selon Agnès Maltais, une famille de Québec «en détresse» aurait fait les frais des coupes dans l'aide à domicile.

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(Québec) La députée Agnès Maltais a rapporté mercredi le cas troublant d'une famille de Québec «en détresse» qui aurait fait les frais des coupes dans l'aide à domicile.

Le père, a-t-elle raconté au Salon bleu, souffre de trois cancers, dont deux en phase terminale. Sa conjointe est en fauteuil roulant, affligée par la sclérose en plaques. Un de leurs fils est en dépression majeure. L'autre ne peut pas davantage les aider parce qu'il est autiste «profond» et réside en famille d'accueil.

Selon Mme Maltais, le père de famille est «tellement faible qu'on n'a pas reconstruit son crâne après l'opération au cerveau».

«Le CLSC leur avait accordé 23heures de soutien à domicile par semaine. Obligés de couper à cause des compressions annoncées par le gouvernement, ils ont réduit [cette aide] de six heures. [...] Ce sont des victimes de vos mesures. Ce sont des gens écrasés par vos politiques», s'est indignée la députée de Taschereau pendant la période de questions.

Lorsque Mme Maltais lui a demandé s'il trouvait normal qu'on ait coupé dans l'aide accordée à cette famille en détresse, le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a eu cette réponse : «Si la députée de Taschereau suit un peu l'actualité [...], elle aura constaté que la bataille que nous faisons actuellement avec le gouvernement fédéral vise spécifiquement cette clientèle-là. Et si elle suit la mise à jour budgétaire de mon collègue ministre des Finances, elle aura constaté aussi que parmi les montants rendus disponibles, il y a de l'argent qui va aller spécifiquement dans ce type de services-là.»

Le ministre Barrette a du reste attaqué le précédent gouvernement péquiste pour avoir annoncé à la population un «budget sans crédits».

Une réponse qui n'a évidemment pas satisfait la députée de Taschereau. «Le ministre a été plus bas que jamais. Il n'a même pas eu un mot pour cette famille», a-t-elle déploré au cours d'un entretien avec Le Soleil.

Mme Maltais a précisé avoir tenté par tous les moyens de régler le problème de cette famille auprès du CIUSSS de la Capitale-Nationale, sans succès jusqu'ici. «Ça fait depuis le 31 août qu'on est sur ce dossier-là. On veut que les heures de soutien à domicile perdues soient rétablies et on n'y arrive pas. La réévaluation [des besoins] a été faite pendant que Monsieur était encore à l'hôpital! C'est le cas le plus pathétique que j'aie vu, et il y en a d'autres, malheureusement», se désole Mme Maltais.

Répondre aux demandes du ministère

Selon elle, les gestionnaires du CIUSSS ne font que tenter de répondre aux demandes de compressions du ministère de la Santé. «Ils essaient de répondre aux commandes du ministre. Il y a une énorme pression qui se fait sur les services d'aide à domicile», déplore la députée de Taschereau.

Au CIUSSS de la Capitale-Nationale, on assure qu'on donne toujours les mêmes services, mais qu'on les donne «différemment». «Au lieu de se déplacer chaque jour pour faire les repas, par exemple, on peut y aller une ou deux fois par semaine et préparer des blocs de repas que la personne peut réchauffer. On le fait pour optimiser les services, mais évidemment, on tient toujours compte de l'autonomie des personnes», explique l'adjointe à la direction des programmes de déficience au CIUSSS, Julie Émond.

Réévaluation des besoins

Il peut aussi arriver qu'après réévaluation des besoins, un service soit retiré à une personne qui ne l'utilise pas. «Si le service de déjeuner n'est pas utilisé, que les gens se font leur déjeuner eux-mêmes, par exemple, on va préférer octroyer le service à d'autres qui en ont besoin», illustre Mme Émond.

Il est également possible, selon elle, que dans certains cas, la situation clinique des personnes exige moins d'heures de soins à domicile, même si elle s'est dégradée. «Si une personne est incontinente, il faut se rendre plusieurs fois à domicile pour la changer. Mais si elle s'est fait installer une sonde, on va y aller seulement deux fois par jour», illustre encore Mme Émond.

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