Des surplus doux-amers en santé

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Selon la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ), la mise à jour économique en santé ressemble plus à une opération de relations publiques qu'à une réelle stratégie pour améliorer les soins.

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(Québec) Si la nouvelle d'un réinvestissement en santé est globalement bien accueillie dans la population et dans le milieu de la santé, d'aucuns estiment que les montants annoncés ne permettront jamais de réparer tous les torts causés au réseau ces dernières années.

C'est notamment l'avis de la présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ), Régine Laurent, selon qui «après avoir coupé un milliard de dollars ces dernières années, le gouvernement libéral essaie maintenant d'éteindre des feux qu'il a lui-même allumés».

«Le gouvernement peut bien s'enorgueillir de ses surplus, mais la réalité, c'est qu'ils ont été réalisés en faisant mal à beaucoup de monde», a réagi Mme Laurent.

Selon elle, cette mise à jour ressemble plus à une opération de relations publiques qu'à une réelle stratégie pour améliorer les soins. «L'ajout de 300 millions $ par année ne permettra pas de couvrir la croissance des coûts en santé. Nous allons donc vivre encore des compressions dans les prochaines années qui affecteront encore les patients», craint Mme Laurent.

À l'Alliance du personnel professionnel et technique du réseau de la santé et des services sociaux (APTS), on juge sévèrement la mise à jour économique du ministre Carlos Leitão. «Au cours des dernières années, on a réduit les services en santé mentale, à domicile, en CHSLD, en physiothérapie et dans les laboratoires, entre autres. Et voilà qu'aujourd'hui, on nous annonce triomphalement des surplus. Ceux qui ne triomphent pas, ce sont les personnes les plus vulnérables qui payent pour cet exercice cynique et à courte vue», a commenté la présidente de l'APTS, Carolle Dubé.

Le président du Conseil pour la protection des malades, Paul Brunet, y voit également de la poudre aux yeux. «Il en manque [de l'argent] pour couvrir la croissance des coûts en santé [...]. Le problème d'accès, on ne le réglera pas, compte tenu des coupes qu'on a déjà faites», résume-t-il.

La présidente de l'Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées et préretraitées, Judith Gagnon, rappelle elle aussi que le régime d'austérité libérale et la réforme Barrette (la loi 10) ont bouleversé et fragilisé le système de santé. «C'est comme si une tornade était passée et qu'on essayait de reconstruire», image Mme Gagnon, qui réclame que Québec investisse pour la peine dans les soins à domicile.

Même son de cloche du côté de l'Association québécoise des retraités des secteurs public et parapublic. Son président, Donald Tremblay, rappelle que «le surplus de 1,6 milliard $ a été atteint en faisant des choix coûteux pour le bien-être des citoyens les plus vulnérables». «Ces montants additionnels sont dirigés vers des programmes et services où les besoins, notamment en soins à domicile, sont très importants, beaucoup plus que les montants investis aujourd'hui», a-t-il souligné.

En conférence de presse avant la mise à jour économique, la CSN et l'avocat spécialisé en santé Jean-Pierre Ménard ont rappelé que les réformes Barrette et l'austérité libérale avaient considérablement aggravé les problèmes d'accès aux soins et frappé directement les clientèles les plus vulnérables.

Ils ont notamment réclamé que Québec revoie le mode de rémunération des médecins et réinvestisse massivement dans les services à la population. «L'organisation de la pratique médicale et la rémunération des médecins sont hors de contrôle et font assumer aux patients et aux citoyens du Québec un coût exorbitant», a déploré Me Ménard.

Le Regroupement pour un Québec en santé aurait quant à lui voulu qu'une partie du surplus budgétaire du gouvernement serve à mieux financer la nouvelle Politique de prévention en santé. Selon lui, un investissement de 73 millions $ sur 10 ans pour atteindre les objectifs ambitieux d'amélioration de la santé des Québécois, ce n'est pas suffisant.

Dans un communiqué diffusé mardi, le Regroupement a plaidé pour une «véritable révolution du financement qui mise sur la prévention, seule façon d'endiguer la croissance effrénée des coûts de santé, qui accaparent désormais 50 % du budget».

Ce qu'ils ont dit...

«La hauteur du réinvestissement annoncé aujourd'hui est tout à fait insuffisante.»

- Centrale des syndicats du Québec

«Nous sommes satisfaits des millions annoncés aujourd'hui. [...] Un point est cependant primordial : les milieux doivent pouvoir utiliser l'argent qui leur sera dévolu selon leur volonté, et ce, sans ponction de la commission scolaire.»

- Fédération des comités de parents du Québec

«L'Association de la construction du Québec [ACQ] se réjouit de la bonification de 400 millions $ d'investissement au Plan québécois des infrastructures. De manière générale, les investissements publics dans les infrastructures permettent non seulement de créer des emplois, mais contribuent aussi à mettre en place un climat propice aux investissements privés.»

- Association de la construction du Québec

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