UL: l'usage de porcelets en formation pédiatrique dénoncé

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Selon les documents internes de l'UL, il n'existe pas actuellement de modèle synthétique permettant de reproduire avec le même niveau de fidélité les différentes couches tissulaires à pénétrer.

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(Québec) Le département de pédiatrie de l'Université Laval serait le dernier des 231 lieux de formation similaires aux États-Unis et au Canada à utiliser encore des animaux pour l'enseignement, selon un recensement du Physicians Committee for Responsible Medicine.

Depuis Dallas, dans l'État du Texas, le cardiologue militant John Pippin tire à boulets rouges sur la direction de l'institution de Québec. Jusqu'au recteur Denis Brière, qui a droit à quelques salves puisqu'il tolérerait des méthodes d'enseignement d'un autre âge qui ne permettraient pas aux étudiants d'être à la fine pointe.

Depuis nombre d'années, l'Université de Washington et les militaires étatsuniens avaient aussi recours aux animaux dans le cursus de leurs médecins. Ils ont cependant migré vers les mannequins synthétiques, souligne M. Pippin.

Reste donc l'Université Laval. Des documents internes de l'établissement de Québec indiquent qu'on aurait préféré disposer de chats pour les futurs pédiatres, mais qu'on s'est tourné vers les porcelets : environ 24 seront intubés, découpés, puis anesthésiés au cours de l'année. 

C'est bien peu en comparaison des centaines de milliers d'animaux divers que l'on trouve dans les centres de recherche du Québec. Une recension publiée par Le Soleil il y a deux ans révélait d'ailleurs que des dizaines de milliers - dont des singes, des chiens et des lapins - sont cobayes dans les hôpitaux, les cégeps et les facultés universitaires de Québec.

Alors, pourquoi attaquer le département de pédiatrie? Le Physicians Committee for Responsible Medicine avance à petits pas et choisit des cibles atteignables, répond-il.

John Pippin insiste : «Tous, à l'exception de celui de Laval, n'utilisent pas d'animaux.» Et, selon lui, tuer des cochons ne permet pas d'offrir un enseignement supérieur aux médecins en devenir.

«Les autres facultés forment de bons pédiatres. Si utiliser des cochons ou des chiens ou des chats était meilleur, les autres programmes n'auraient pas arrêté. Le problème n'est pas que les 230 autres sont dans l'erreur. Le problème, c'est que Laval est dans l'erreur.»

S'exercer de «façon réaliste»

Au moment de rédiger ces lignes, le directeur du département de pédiatrie, le Dr Marc-André Dugas, ne nous avait pas rappelés. Dans des documents internes, il plaide cependant que les mannequins de formation ne sont pas assez développés pour l'enseignement de techniques sophistiquées de réanimation pédiatrique. «Actuellement, il n'existe pas de modèle synthétique permettant de reproduire avec le même niveau de fidélité que le modèle de porcelet la rétroaction tactile et la perception des différentes couches tissulaires à pénétrer [...].»

Pour que ses étudiants puissent sauver des enfants, ils doivent pouvoir s'exercer «de façon réaliste» sur des animaux, soutient-il.

Durant les cours, les porcelets sont anesthésiés. Ils sont ensuite tués par surdose de barbituriques.

Le Physicians Committee for Responsible Medicine - que l'on peut traduire par Comité des médecins pour une médecine préventive - se vante de regrouper 12 000 docteurs. Il aurait pour mission de faire la promotion de la prévention en médecine, de faire de la recherche et de promouvoir un niveau élevé d'éthique dans le milieu. Début 2014, le groupe avait attiré l'attention médiatique en achetant de la publicité sur le campus de l'Université Laval pour demander l'arrêt de l'usage des porcelets dans la formation en pédiatrie.

La direction des communications de l'Université Laval n'a pas encore commenté.

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