Un syndicat réclame un million $ au CIUSSS de la Capitale-Nationale

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(Québec) Rien ne va plus entre la direction du CIUSSS de la Capitale-Nationale et le Syndicat des travailleuses et travailleurs de Québec-Sud (CSN), qui réclame à l'employeur pas moins d'un million $ «pour les préjudices subis depuis les 11 dernières années». Il l'accuse de passer plus de temps à harceler les employés malades qu'à respecter les termes de la convention collective.

Dans un grief déposé jeudi matin, le syndicat, qui représente 2000 employés répartis dans 42 points de service, dont 800 préposés aux bénéficiaires, reproche à la direction du CIUSSS de faire preuve d'un comportement «discriminatoire, arbitraire, abusif et de mauvaise foi» et de ne pas contribuer «à établir des rapports ordonnés entre les parties et à favoriser de bonnes relations avec les salariés».

En conférence de presse, les représentants syndicaux ont notamment évoqué le non-

respect du processus d'affichage de postes et des problèmes relatifs au surcroît de travail. Ils disent avoir tenté «par tous les moyens», dont la médiation à deux reprises en 2008 et en 2011, de faire respecter les droits des employés, sans trop de succès.

«Quand une procédure d'arbitrage était prévue, quelques jours avant, l'employeur reconnaissait le problème et promettait de respecter la convention collective, mais dès le lendemain le même stratagème recommençait. [...] Les réponses tardent à venir de la part des ressources humaines, et ça, c'est quand ils ouvrent leurs courriels. La direction s'en fout, les employés se sentent dévalorisés et nous, nous sommes impuissants», a dénoncé le président du syndicat, Jacques Guérin.

Depuis les six ou sept dernières années, pas moins de 638 griefs ont été déposés, calcule l'agente syndicale Sylvie Lemelin. «Ça, c'est des frais pour l'employeur et pour le syndicat. Les travailleurs paient des cotisations syndicales pour être représentés. Les travailleurs paient des taxes et des impôts pour payer des cadres qui ne veulent pas que les travailleurs soient représentés», s'indigne Mme Lemelin, qui évalue à au moins un million $ les frais payés par le syndicat en procédures d'arbitrage et de médiation depuis 2005.

«Écoeurer le monde»

Selon la présidente du Conseil central de Québec-Chaudière-Appalaches, Ann Gingras, le comportement des gestionnaires démotive les employés. «Ces gens-là sont payés pour bien gérer nos établissements de santé, ils ne sont pas payés pour écoeurer notre monde. Ils n'ont pas le temps de répondre aux griefs ou de donner un retour au syndicat dans les délais prescrits par la convention collective, mais ils ont le temps d'écoeurer le monde qui est en congé de maladie ou en accident de travail», a pesté Mme Gingras, faisant référence aux contre-

expertises médicales réclamées par l'employeur quand un employé est mis au repos par son médecin traitant.

Représentante santé et sécurité au syndicat, Anne Doucet a en mémoire le cas d'une employée «couchée sur une civière dans le département de psychiatrie de l'Hôpital Saint-Sacrement qui se faisait appeler et harceler par l'employeur qui voulait un billet médical».

Selon le syndicat, plusieurs employés rentrent au travail malades. «C'est une curieuse situation. La mission du réseau de la santé, c'est de donner des soins à des personnes malades, et les employés qu'on a embauchés sont victimes des politiques arbitraires des gestionnaires de la santé» quand ils sont malades, a souligné Ann Gingras.

Le CIUSSS réagit

Le directeur adjoint aux relations de travail du CIUSSS, Christian Guénette, s'est dit «surpris» de la sortie du syndicat : «Surtout qu'on l'a rencontré pas plus tard qu'il y a deux semaines pour régler 50 griefs.

«Ce matin, il dépose un grief et réclame un million $, mais on ne sait même pas de quoi on parle», a réagi Christian Guénette. «Ça fait 35 ans que je fais des relations de travail, et je n'ai jamais vu ça, un grief avec une réclamation d'un million $ sans aucun détail», a-t-il ajouté.

M. Guénette convient que les relations avec ce syndicat ne sont pas au beau fixe. «On a 52  syndicats et on n'a pas ces problèmes-là avec les autres. On est dans un contexte de pluralité syndicale et on est en période de maraudage, ce n'est pas facile de faire des relations de travail dans ce contexte, mais les relations restent respectueuses. Avec ce syndicat, les relations ont toujours été plus difficiles», se désole-t-il, tout en réfutant les allégations de harcèlement d'employés malades. «S'il y a un doute, il peut arriver qu'une expertise médicale soit demandée, mais ce n'est pas du tout systématique, on parle seulement de cas particuliers», assure-t-il.

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