Marijuana médicale: des bienfaits et des économies

Jean-Guy Bourguignon et François Hallé, de Marijuana for... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

Agrandir

Jean-Guy Bourguignon et François Hallé, de Marijuana for Trauma, étaient à Québec samedi pour parler des bénéfices associés à la consommation de cannabis pour traiter les personnes traumatisées.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Les Canadiens rembourseront pour 25 millions $ de marijuana médicale en un an, alertait le Vérificateur général en mai dernier. «Dans la tête du contribuable moyen, ce qu'il voit, c'est: "L'écoeurant! Vingt-cinq millions dépensés pour qu'ils se pètent la face." Ce n'est pas ça, ce sont des médicaments!» s'est exclamé samedi le responsable de la liaison médicale et scientifique chez Marijuana for Trauma (MFT), François Hallé, à l'occasion d'une rencontre d'information sur le cannabis médical.

Il s'agirait d'une question d'éducation, selon Jean-Guy Bourguignon, directeur national des opérations chez MFT, pour que la population comprenne tous les bienfaits associés à la consommation de cannabis pour traiter les anciens combattants, mais aussi les civils.

Quand Le Soleil s'est présenté à l'hôtel Plaza Québec, où une cinquantaine de personnes s'étaient rassemblées pour écouter les conférenciers, François Hallé n'a pas tardé à présenter une facture des prescriptions «régulières» d'un des patients. Environ 1200$ en médicaments sont remboursés mensuellement par Anciens combattants Canada, explique-t-il. À ses yeux, une prescription équivalente de cannabis réduirait à peu près des deux tiers les coûts, ce qui engendrerait des économies énormes à l'État. «Un vétéran qui a un syndrome de stress post-traumatique devient un fardeau pour la société. Il ne participe plus activement», a-t-il souligné.

La capitale représente donc un endroit de choix pour MFT, qui a pignon sur rue dans plusieurs villes au pays, en raison notamment de la présence de la base militaire de Valcartier et du Royal 22e Régiment. «La population d'anciens combattants est immense. Les vandoos [surnom donné aux soldats du Royal 22e régiment] ont été déployés à peu près à tous les conflits [...], les ingénieurs de combat aussi», a expliqué François Hallé.

Le groupe ne limite toutefois pas ses activités aux anciens combattants. Parmi la clientèle visée, les premiers répondants et les civils qui pensent avoir besoin d'un traitement au cannabis. M. Bourguignon raconte avoir discuté récemment avec une accidentée de la route qui souhaitait se tourner vers cette méthode de traitement.

Rencontre avec un «coach de cannabis»

Tous les patients qui s'enregistrent auprès de MFT sont rencontrés par ce que M. Hallé appelle un «coach de cannabis», c'est-à-dire un médecin qui aidera le patient dans sa démarche. Non, fumer un joint n'est pas la seule manière de consommer la marijuana, fait remarquer M. Bourguignon, qui explique que l'organisme offre aussi des conseils pour la cuisiner, ou encore la prendre en capsules. Selon le diagnostic qui est posé par le médecin, ce dernier facilitera l'accès au cannabis médical à un patient qui satisfait aux critères.

Le cannabis fourni, rappelle M.Hallé, est tout à fait légal et homologué par Santé Canada. L'équipe de MFT est formée pour déterminer le bon type de marijuana à consommer selon le diagnostic qui est posé. Un patient atteint d'un syndrome de stress post-traumatique, remarque le médecin de formation, recevra du pot à plus forte concentration de THC. Dans un feuillet d'un producteur autorisé, on offre huit variétés différentes, aux compositions chimiques variées.

Lui-même ancien combattant, François Hallé est convaincu des bienfaits sur la santé du cannabis. «Quand tu sors des Forces armées, ce qui m'a manqué le plus, c'est de ne pas pouvoir avoir quelqu'un en arrière de moi. Avant, je travaillais pour une cause commune et je savais qu'il y avait quelqu'un en arrière pour me ramasser si je tombais, mais quand tu sors, tu es tout seul. C'est un gros feeling de vide», a-t-il raconté.

Un «trou» entre vie militaire et vie civile

L'ombudsman de la Défense et des Forces armées canadiennes a soulevé dernièrement ses préoccupations quant aux problèmes que pose la transition entre la vie militaire et la vie civile. Les militaires canadiens sont libérés avant de toucher leurs prestations médicales et financières. Dans son rapport, l'ombudsman note que certains anciens membres de la Force régulière attendent parfois jusqu'à 14 semaines, après la date de leur libération, pour toucher leur pension des Forces armées. Ce délai peut grimper à 36 semaines pour les membres de la Force de réserve.

«Il y a un gros trou entre le moment où les soldats ne sont plus des soldats et la vie au civil en attendant qu'Anciens combattants Canada agisse et leur donne ce dont ils ont besoin. Nous, notre organisme, on vient remplir ce trou-là», a mentionné M. Hallé.

S'il est légal de prescrire de la marijuana médicale au Canada, plusieurs médecins ne la prescrivent tout simplement pas. Et parmi ceux qui la prescrivent, souligne Jean-Guy Bourguignon, plusieurs ne sauraient pas le faire. «Quand j'ai fait ma médecine, on n'a jamais parlé de cannabinoïdes!» a lancé François Hallé.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer