Une intrigante nouvelle clinique à Lebourgneuf

Les fondateurs du Groupe MAclinique et MAclinique Lebourgneuf... (Le Soleil, Pascal Ratthé)

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Les fondateurs du Groupe MAclinique et MAclinique Lebourgneuf envisagent d'ouvrir une super-clinique dans le Complexe immobilier Vision, un immeuble de plus de 250 000 pieds carrés sis au 725, boulevard Lebourgneuf.

Le Soleil, Pascal Ratthé

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(Québec) La direction du Centre médical Le Mesnil, une importante clinique réseau à Québec, s'interroge sur l'ouverture éventuelle d'une superclinique à moins de deux kilomètres de son établissement, sur Lebourgneuf. Un projet «intrigant», selon le président-directeur général, Éric Caron, qui rappelle que l'emplacement des supercliniques doit être établi en fonction des besoins.

Les fondateurs du Groupe MAclinique et MAclinique Lebourgneuf envisagent d'ouvrir une superclinique dans le Complexe immobilier Vision, un immeuble de plus de 250 000 pieds carrés sis au 725, boulevard Lebourgneuf. Le Centre médical Le Mesnil se trouve au 1300, Lebourgneuf.

Comme il faut d'abord être GMF pour devenir une superclinique, le Groupe MAclinique aurait déposé une demande d'intention auprès du Directeur régional de médecine générale (DRMG). Même si la clinique n'est encore qu'à l'état de projet et qu'il faut au minimum 6000 patients inscrits pour obtenir le statut de GMF.

«Pour qu'une clinique soit désignée par le ministre comme GMF-R [pour réseau] ou superclinique, le groupe de médecins doit d'abord être reconnu en vertu du programme GMF», explique une porte-parole du ministère de la Santé, Caroline Gingras, ajoutant que «rien n'empêche toutefois que ces différentes démarches soient réalisées dans un temps très rapproché».

Le Centre médical Le Mesnil, devenu clinique réseau en 2008, voudrait bien devenir une superclinique. Le groupe de 20 médecins compte environ 20 000 patients et en inscrit autour de 300 nouveaux par mois. «On a eu 55 000 visites médicales et vu 24 000 patients au sans rendez-vous l'an dernier. Les médecins ont un taux d'assiduité de 82 %, au-dessus de la cible de 80 % fixée par le Ministère. C'est une clinique excessivement performante qui n'a connu aucune découverture médicale et qui est ouverte 363 jours par année», résume Éric Caron.

La direction du Centre médical Le Mesnil a démontré son intérêt au Ministère pour le programme de supercliniques, mais elle souhaiterait pouvoir discuter de «certains libellés qui soulèvent des inquiétudes». 

«Dans une clinique réseau, on fonctionne avec des infirmières cliniciennes qui sont capables de libérer des patients, alors que dans les supercliniques, on parle d'infirmières techniciennes qui font du triage mais qui n'ont pas le droit de libérer des patients. On craint que ça réduise l'accès», explique la directrice médicale, la Dre Annie Richard.

Autre irritant qui a déjà été soulevé par l'Association des cliniques médicales du Québec : l'obligation d'accueillir des patients au sans rendez-vous trois heures avant la fermeture de la clinique. «La journée complète se remplit très rapidement le matin. [...] Il faudrait être ouvert 24 heures pour être capable de voir tous ces patients-là? Ça nous inquiète», dit M. Caron.

Lorsqu'un attaché politique au cabinet du ministre Gaétan Barrette a communiqué avec la Dre Richard pour mesurer l'intérêt de son groupe à intégrer le programme de super-cliniques, au début de l'été, il lui aurait clairement fait comprendre que les critères ne seraient pas modifiés.

Au cabinet du ministre Barrette, on refuse de confirmer être en discussion avec les représentants du Groupe MAclinique au sujet d'une super-clinique sur Lebourgneuf. «Il n'y a pas encore de projet de superclinique d'annoncé. Il y aura des annonces en temps et lieu», se contente-t-on de répéter.

Idem au ministère de la Santé, qui précise seulement qu'«une trentaine de groupes de médecins ont, à ce jour, démontré un intérêt à devenir des supercliniques et ont contacté le MSSS à cet égard». «Ces cliniques étant actuellement à l'étape des discussions préalables, il est prématuré pour le MSSS de divulguer leur identité», écrit dans un courriel Caroline Gingras. 

Les besoins dans la couronne nord 

Si le projet de super-clinique du Groupe MAclinique sur Lebourgneuf devait se concrétiser, Éric Caron se demande comment il pourrait être conciliable avec la volonté du ministre Barrette de choisir l'emplacement des super-cliniques en fonction des besoins de la population, qui se situent surtout dans le centre-ville et dans la couronne nord de Québec. 

«Nous ne voulons pas que les supercliniques s'ouvrent n'importe où [...], donc elles doivent être distribuées sélectivement sur le territoire», disait M. Barrette en avril, tout en assurant que les emplacements seraient choisis par le gouvernement, et non par les promoteurs immobiliers. Pas question, disait-il, que deux supercliniques soient l'une en face de l'autre.

«Mais là, il permettrait à une super-clinique de s'installer juste à côté de nous? Est-ce que les besoins le justifient? C'est intrigant. [...] Nous avons une clinique réseau dans Charlesbourg où il y a seulement quatre médecins à temps plein, sept au total, pour tenir le fort. Ils ne fournissent pas. C'est dans ce secteur-là et dans la Haute-Saint-Charles qu'il y a des besoins», rappelle Éric Caron, qui se demande «pourquoi ces bras-là [ceux des médecins que le Groupe MAclinique veut attirer] ne seraient pas plutôt dispersés dans les cliniques réseau existantes».

Un réseau en devenir?

Le Groupe MAclinique envisagerait d'ouvrir plus d'une superclinique au Québec, si l'on en juge par les informations publiées dans le registre des entreprises.

Il n'a pas été possible de parler aux fondateurs du Groupe MAclinique, qui se font très discrets. «Nous vous remercions de votre intérêt, nous vous contacterons au moment opportun», nous a répondu dans un courriel une représentante de l'entreprise, Catherine Giguère, lorsque nous avons tenté d'en savoir plus sur les projets du groupe.

Selon les informations colligées dans le registre des entreprises et sur LinkedIn, le Groupe MAclinique a été fondé en 2015 par les Drs Raphaël Robitaille, Jean-Philippe Bernard et Francis Meunier. Les deux premiers ont des adresses dans la capitale, alors que le Dr Meunier est domicilié à Montréal. 

Un autre médecin, le Dr Bernard Alain, de Matane, apparaît dans le registre des entreprises comme l'un des administrateurs du Groupe MAclinique. Une dénommée Chantal Guimont, de Saint-Augustin-de-Desmaures, y est désignée comme secrétaire. 

Sur LinkedIn, le Dr Raphaël Robitaille se présente comme «médecin, entrepreneur et philanthrope». Il est propriétaire de Gestr, une entreprise de gestion et d'investissement. Il a notamment cofondé Raize, un mouvement de consommation sociale regroupant des entreprises qui redonnent à des organismes de leur milieu.

Le Dr Jean Philippe Bernard est pour sa part médecin au département de médecine familiale et de médecine d'urgence du Centre régional de santé et de services sociaux de la Baie-James, alors que le DFrancis Meunier, médecin résident au CHUM, suit une formation en chirurgie plastique.

L'entreprise est présidée par une ex-représentante aux ventes chez Bell Mobilité, Émilie Poulin. Sur LindekIn, celle-ci définit le groupe comme un réseau qui veut «révolutionner l'accès aux soins de première ligne en créant un milieu de vie de qualité supérieure». 

Outre Lebourgneuf, le groupe a immatriculé en 2015 des cliniques dans Chauveau de même qu'à L'Ange-Gardien, à Donnacona, à Trois-Rivières et à Montréal.

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