Mesures juridiques «sans précédent» contre Optilab

Le syndicat qui représente la majorité des technologistes... (Archives La Presse, Édouard Plante-Fréchette)

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Le syndicat qui représente la majorité des technologistes médicaux au Québec va contester devant le tribunal le projet Optilab de centralisation des laboratoires médicaux.

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(Québec) L'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) promet des mesures juridiques «sans précédent» pour défendre ses membres contre le projet Optilab. Le syndicat reproche au ministère de la Santé de ne pas avoir été informé des tenants et aboutissants de cette énième réforme centralisatrice qui frappe ses membres «de plein fouet». Une stratégie antisyndicale «délibérée», selon lui.

«Nos gens ne sont pas des pions qu'on peut bousculer, qu'on peut démobiliser et déplacer comme ça sans rien dire, et on va agir», a promis jeudi en conférence de presse la présidente de l'APTS, Carolle Dubé, accompagnée pour l'occasion de la péquiste Diane Lamarre, du solidaire Amir Khadir, du président de l'Association des médecins hématologues et oncologues du Québec, le Dr Martin A. Champagne, et du vice-président de la Fédération québécoise des municipalités (FQM), Yvon Soucy.

Selon Mme Dubé, l'APTS aurait demandé pendant trois ans des éclaircissements sur le projet de centralisation des laboratoires médicaux, en vain. 

«La semaine dernière, partout en même temps au Québec, les établissements ont convoqué les syndicats à 11h pour parler aux technologistes à 11h30 [...]. Dans le cadre de ces rencontres-là, nos membres ont appris qu'il y aurait un changement d'employeur à compter du 1er avril, qu'ils seraient probablement transférés et que le projet allait probablement occasionner des pertes d'emploi de l'ordre de 10 à 20 %. Sur 5000 technologistes, ça veut dire des pertes possibles de 500 à 1000 postes», a dénoncé la présidente de l'APTS.

Rappelant que la nouvelle convention collective 2015-2020 contient des dispositions obligeant l'employeur à consulter le syndicat «dans le cadre de tout projet de transformation ou de réorganisation», Mme Dubé a annoncé que l'APTS déposerait une série de griefs.

Le syndicat prévoit aussi déposer une plainte en vertu de l'article 12 du Code de travail «qui stipule clairement qu'un employeur ne peut pas entraver le travail des syndicats».

De son côté, le vice-président de la FQM a demandé au gouvernement de mettre sur pied un comité permettant de déterminer l'impact du projet Optilab sur l'occupation et la vitalité des communautés régionales. 

«Des décisions de ce type ont pour effet de centraliser l'administration publique et parapublique dans des centres urbains au détriment des communautés régionales», a fait valoir M. Soucy.

Risques pour les patients

Pour le Dr Martin A. Champagne, «les choses ne sont pas encore en place pour assurer la sécurité des patients». «Si vous êtes un centre où il se fait du traitement de la leucémie, vous voulez faire les analyses et avoir la réponse en dedans de quelques heures pour commencer le traitement adéquat à votre patient rapidement. Vous ne pouvez pas envoyer le tube à Tombouctou puis attendre 48 heures alors que le patient peut développer des complications dans l'attente de son traitement», a illustré le Dr Champagne.

De la même façon, a-t-il ajouté, qu'il faut s'assurer qu'un spécimen de biopsie «ne dorme pas sur une tablette pendant 24 heures avant d'être transporté» ou qu'il «n'a pas gelé dans le container du transporteur parce qu'il faisait moins 40 degrés dehors».  

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a accusé le Dr Champagne de «défendre son intérêt personnel». 

«Optilab vient jouer dans la rémunération des médecins. Il y a des médecins qui perdent de la rémunération substantielle avec Optilab. Le Dr Champagne, à ma connaissance, risque d'en être un. [...] Quand le prélèvement va se faire analyser ailleurs, il y a une rémunération locale qui disparaît. Alors le Dr Champagne, par exemple, va devoir voir des patients au lieu de faire des analyses», a attaqué le ministre en mêlée de presse, assurant du reste que son ministère avait «consulté des gens partout sur le territoire depuis 2011» avant de mettre en branle Optilab.

«C'est impossible de garantir qu'il n'y aura pas d'impacts sur la main-d'oeuvre», a-t-il par ailleurs convenu, réitérant que le gouvernement économisera avec Optilab 75 millions $ qui pourront être réinvestis ailleurs en santé.

La députée Diane Lamarre se questionne sur ces «pseudo-économies». «Les coûts de transport, les pertes d'emploi, les pertes d'expertise [...], tout ça, ce n'est pas évalué», a fait valoir Mme Lamarre, qui demande à l'Institut national d'excellence en santé et en services sociaux d'évaluer les impacts réels d'Optilab.

De son côté, le député Amir Khadir estime que le gouvernement agit de manière «tout à fait irresponsable et insensible aux besoins de la population, des régions et des personnes qui vont perdre leur emploi», en plus d'aller à l'encontre des «principes élémentaires de la médecine moderne».

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