Barrette réplique aux syndicats inquiets du projet Optilab

La centralisation des activités de laboratoire des hôpitaux... (La Presse, Édouard Plante-Fréchette)

Agrandir

La centralisation des activités de laboratoire des hôpitaux vers une poignée de laboratoires a déjà été faite dans la grande région de Québec «avec des économies à la clé», s'est défendu le ministre Gaétan Barrette.

La Presse, Édouard Plante-Fréchette

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Les syndicats ont dénoncé vigoureusement le déploiement du projet Optilab au terme d'une rencontre d'information tenue avec le ministère de la Santé, mercredi. Selon eux, la centralisation de la majorité des activités de laboratoire des hôpitaux vers une poignée de laboratoires serveurs entraînera inévitablement une diminution de la qualité des services à la population. Des craintes balayées du revers de la main par le ministre Gaétan Barrette.

Selon l'Association du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), le déploiement d'Optilab se traduira par une réduction de 10 % à 20 % des heures travaillées dans les laboratoires québécois (l'équivalent de 148 postes coupés dans la capitale nationale).

Dans la grande région de Québec, c'est le CHUL et l'hôpital de l'Enfant-Jésus qui font office de laboratoires serveurs. «Tous les employés de laboratoire deviendront des employés du CHU de Québec, peu importe où ils travaillent», résume la porte-parole de l'APTS pour la Capitale-Nationale, Mélanie Bernier.

Les techniciens de laboratoire de l'Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ) deviendront ainsi des employés du CHU de Québec, tout en continuant de travailler physiquement à l'IUCPQ. Même les techniciens de laboratoire des hôpitaux de Sainte-Anne-de-Beaupré, de Baie-Saint-Paul et de La Malbaie seront sous la responsabilité du CHU de Québec. Pour l'hôpital des Îles-de-la-Madeleine, qui fait partie de la même «grappe», ce n'est pas encore clair, selon l'APTS. «Il semble y avoir encore un point d'interrogation pour les Îles-de-la-Madeleine au Ministère», rapporte la vice-présidente de l'APTS, Nicole Déry.

En plus des pertes d'emplois, l'APTS craint la perte d'expertise et une diminution de la qualité des services.

«On parle de transporter des spécimens de laboratoire parfois sur de très longues distances, de Sept-Îles à Chicoutimi, par exemple. On a assisté à des pertes d'échantillons cet été parce qu'ils n'étaient pas bien protégés. Dans ce temps-là, le patient doit être rappelé et [on doit] refaire ses prélèvements, et ça augmente les délais pour la réception des résultats», déplore Mme Déry, qui a en mémoire l'erreur de manutention qui avait mené à la livraison à l'hôpital de Rimouski d'une boîte de poissons frais plutôt qu'une boîte d'échantillons de laboratoire provenant de l'hôpital de Sept-Îles.

«Il y a encore beaucoup de questions qui demeurent sans réponses concernant ce projet. Le Ministère dit qu'il y aurait une réduction de 10 % à 20 % des heures de laboratoire, mais il n'a même pas fait encore de rapport d'effectifs. Dans ce contexte, notre demande de moratoire est encore plus pertinente», plaide Mme Déry.

Le vice-président de la CSN, Jean Lacharité, déplore lui aussi cette «improvisation mur à mur qui aura de graves répercussions sur la vie des gens».

«Histoire sur le Bonhomme Sept Heures»

Les craintes soulevées par les syndicats ont trouvé écho à la période de questions de l'Assemblée nationale, mercredi matin. «Imaginez que la livraison d'échantillons de laboratoire entre Drummondville et Trois-Rivières soit compromise en raison d'une tempête de neige, imaginez une erreur de manipulation qui fait qu'un laboratoire reçoive de mauvais tests», s'est inquiété le caquiste François Paradis.

Le ministre Gaétan Barrette a dit avoir l'impression d'entendre une «histoire sur le Bonhomme Sept Heures». «Des prélèvements, ça circule à tous les jours. Peut-être que le député de Lévis ne sait pas qu'au moment où on se parle, une grande quantité de personnes âgées sont allées dans un CLSC ce matin pour avoir une prise de sang pour laquelle le prélèvement a été transporté dans un laboratoire central», a souligné le ministre. 

Cette centralisation a déjà été faite dans la grande région de Québec «avec des économies à la clé», et personne n'a été lésé, a ajouté le Dr Barrette, qui évalue à 75 millions $ les économies engendrées par Optilab pour la société québécoise. «En matière de modernisation de nos laboratoires, on est en retard.  [...] Au Manitoba, la grande majorité des prélèvements sont transportés à Toronto pour analyse» et il n'y a pas eu d'«apocalypse», a fait valoir le ministre Barrette.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer