La Clinique santé des réfugiés déménage au Jeffery Hale

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(Québec) L'arrivée massive de réfugiés syriens a amené le CIUSSS de la Capitale-Nationale à déménager la Clinique santé des réfugiés. Auparavant située dans les locaux du CLSC de Sainte-Foy, la clinique se trouve maintenant à l'Hôpital Jeffery Hale-Saint Brigid's, un endroit stratégique situé au coeur de la capitale et mieux adapté aux besoins des réfugiés, a-t-on expliqué mardi en conférence de presse.

«Les locaux sont mieux adaptés à la réalité des familles nombreuses et mieux équipés avec des plateaux techniques. Les réfugiés pourront recevoir leur bilan de santé, leurs prélèvements, une radiographie ou aller à l'urgence en un seul et même endroit. C'est un atout majeur lorsqu'on arrive dans un pays inconnu et qu'on ne connaît pas bien le territoire», a résumé la responsable des services courants du CIUSSS, Nathalie Beaulieu.

Dès leur arrivée, a-t-elle rappelé, les réfugiés font face à plusieurs défis d'adaptation, les principaux étant la reprise de leur autonomie, communiquer et se déplacer.

«L'emplacement de la clinique au sein de la ville et près des différents partenaires [le Centre multiethnique de Québec, le Centre de francisation du Cégep de Sainte-Foy et l'Université Laval] est un bénéfice notable pour les réfugiés qui arrivent et qui n'ont pour la plupart pas de voiture», a expliqué Mme Beaulieu, tout en rappelant la mise en service du nouveau parcours 807 du RTC.

La présence de personnel bilingue est également un atout, a pour sa part souligné la directrice des soins infirmiers du CIUSSS de la Capitale-Nationale, Sylvie Bonneau. «La Clinique santé des réfugiés est là dès leur arrivée et normalement pour les deux ou trois premiers mois. La barrière de la langue et l'état parfois perturbé des réfugiés nous amènent à avoir une approche adaptée à leur culture et à leur réalité», a expliqué Mme Bonneau.

Une infirmière de la Clinique santé des réfugiés, en... (Le Soleil, Frédéric Matte) - image 2.0

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Une infirmière de la Clinique santé des réfugiés, en compagnie d'Émile Kpan, d'origine ivoirienne

Le Soleil, Frédéric Matte

État «ambivalent»

Selon la directrice médicale de la clinique, la Dre Suzanne Gagnon, les réfugiés qui arrivent sont souvent dans un état «mitigé, ambivalent». «Ils sont à la fois contents d'avoir accès à un nouveau pays, à la liberté, mais en même temps, certains ont eu des trajectoires migratoires difficiles et peuvent avoir des problèmes de santé mentale ou de santé physique. La plupart des réfugiés sont dans des camps depuis longtemps et n'avaient pas accès à des services de santé», a-t-elle rappelé.

Les principaux problèmes de santé physique observés chez les réfugiés «ressemblent aux nôtres : diabète et hypertension», précise l'infirmière clinicienne Julie Jacques. «Plusieurs réfugiés sont en bonne santé, peut-être parce que leur corps, à force de vivre dans des camps, s'est adapté à différentes conditions. De la même façon que ce n'est vraiment pas la majorité qui ont des problèmes de santé mentale. Le fait d'avoir été exposé à plusieurs difficultés depuis longtemps a beaucoup développé leur résilience», observe l'infirmière.

L'Ivoirien Émile Kpan vit à Québec avec sa femme et leurs six enfants depuis novembre 2015. Après avoir fui la guerre dans son pays en 2002, celui qui travaillait comme instituteur s'est retrouvé dans des camps de réfugiés libériens, où il a vécu pendant 13 ans «une vie de calvaire».

Présent à la conférence de presse du CIUSSS, mardi, l'homme de 42 ans n'avait que de bons mots à l'endroit de sa terre d'accueil. «Là-bas [dans les camps de réfugiés], une simple maladie comme un mal de tête peut tuer une personne. Ici, on a accès à des ordonnances et à des médicaments que je ne connaissais pas», a illustré l'Ivoirien, reconnaissant d'avoir été «dirigé vers le Canada».

Composée de sept professionnels de la santé (dont des travailleurs sociaux, des infirmières et une nutritionniste) et de cinq médecins, la Clinique santé des réfugiés de la Capitale-Nationale a accueilli 590 réfugiés au cours de la dernière année, soit près de 250 de plus que l'année précédente. Quelque 450 réfugiés de plus sont attendus pour l'année 2016-2017.

Le budget de la clinique, qui varie entre 500 000 et 550 000 $ par année, dépend du nombre d'arrivées pour l'année en cours, a expliqué Nathalie Beaulieu. Il n'est pas prévu pour le moment d'augmenter ce budget, le CIUSSS estimant les ressources suffisantes pour répondre aux besoins, a-t-elleprécisé.

La directrice des soins infirmiers du CIUSSS de... (Le Soleil, Frédéric Matte) - image 3.0

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La directrice des soins infirmiers du CIUSSS de la Capitale-Nationale, Sylvie Bonneau

Le Soleil, Frédéric Matte

«Avez-vous bien dormi cette nuit?»

«Pour savoir comment se porte un réfugié, on ne peut pas juste lui demander comment ça va, parce que pour lui, le bien-être, c'est peut-être juste d'avoir mangé le matin. Alors la formule universelle qu'on a trouvée pour évaluer si la personne se sent bien, c'est : est-ce que vous avez bien dormi cette nuit? Si elle répond : un peu, on peut enchaîner, essayer de savoir pourquoi elle n'a pas bien dormi, si elle est anxieuse, etc. De la même façon que pour savoir si les enfants vont bien, on demande à leurs parents s'il y a des changements dans leurs comportements. Quand ils nous répondent oui, qu'ils ont recommencé à jouer, c'est toujours touchant...»

Pour Nathalie Beaulieu, l'approche ethnoculturelle développée par l'équipe de soins de la clinique est indispensable pour bien évaluer l'état physique et mental des réfugiés. «Pour certaines cultures, la douleur ne s'exprime pas verbalement, alors que d'autres vont l'exprimer très fort. [...] Ces différences culturelles-là sont importantes pour nous quand on veut analyser les signes et les symptômes. Il faut comprendre le verbal et le non-verbal», a expliqué Mme Beaulieu.

Une fois le bilan de santé physique du réfugié fait et son bien-être psychosocial évalué, il faut établir ses besoins en matière de soins, précise la responsable des services courants du CIUSSS de la Capitale-Nationale.

«Si un besoin est identifié, nous allons prendre contact avec un intervenant dédié du territoire pour s'assurer qu'il soit suivi, comme toute personne qui a besoin de soins», explique Mme Beaulieu, ajoutant qu'«être réfugié, ce n'est pas un critère de priorisation pour avoir accès à un service spécialisé». «Les priorités sont établies selon les besoins, selon ce qui a été diagnostiqué par le médecin, comme pour vous et moi», a-t-elle souligné. 

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