Un virus du rhume derrière la sclérose en plaques et l'Alzheimer?

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Le coronavirus humain est responsable d'environ 20 % des rhumes et d'affections respiratoires plus graves chez certaines personnes vulnérables.

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(Québec) Des chercheurs québécois et britanniques auraient découvert pour la première fois une neuropathologie associée à une souche du coronavirus humain (HCoV-0C43). Une percée qui pourrait confirmer le bien-fondé de l'hypothèse du professeur Pierre Talbot, du Centre INRS-Institut Armand Frappier, voulant que ce virus responsable d'environ un rhume sur cinq puisse causer certaines maladies neurologiques d'origine inconnue comme la sclérose en plaques, l'Alzheimer, le Parkinson ou l'encéphalite.

La découverte réalisée grâce à une collaboration britannico-québécoise a été publiée récemment dans le prestigieux New England of Medicine, a annoncé lundi l'INRS. 

Un des chercheurs de l'Institut, le professeur Talbot, avait été le premier à démontrer non seulement la capacité du HCoV à envahir le système nerveux central chez l'humain, mais aussi à suggérer les effets neuropathologiques de ce virus responsable d'environ 20 % des rhumes et d'affections respiratoires plus graves chez certaines personnes vulnérables.

Les scientifiques se sont intéressés plus particulièrement au cas d'un jeune patient décédé à la suite d'une encéphalite, qui présentait un déficit immunitaire important et qui avait reçu une greffe de cellules souches. «Ils ont utilisé différentes méthodes qui ont permis de déceler hors de tout doute la présence de la souche OC43 du HCoV dans le tissu cérébral de ce jeune patient», résume l'INRS dans un communiqué.

Virus négligé

En entrevue au Soleil, lundi, le professeur Pierre Talbot s'est réjoui de cette avancée. «On avait démontré il y a une quinzaine d'années que le coronavirus humain persistait dans le cerveau des personnes, mais on n'avait pas encore prouvé qu'il pouvait causer des maladies. Cette étude avec Londres a démontré que le virus avait causé une encéphalite, une maladie dont l'origine est généralement inconnue», explique le chercheur, qui est «depuis longtemps convaincu» de l'importance de s'intéresser de plus près au coronavirus humain.

«Le coronavirus chez une souris cause une maladie qui ressemble à la sclérose en plaques. Ça fait longtemps que j'essaie de démontrer que ça peut causer la même chose chez l'humain. Ce n'est pas fait encore, mais l'avancée dont on parle aujourd'hui nous démontre que le coronavirus peut causer une maladie neurologique grave et mortelle», résume le professeur Talbot, selon qui cette découverte permettra d'utiliser des traitements plus spécifiques et mieux adaptés (sous la forme d'antiviraux) à la condition des patients immunodéprimés.

Le spécialiste en maladies neurologiques virales se désole que le coronavirus soit «négligé» par la communauté médicale. «C'est un coronavirus qui était à l'origine de l'épidémie de SRAS [syndrome respiratoire aigu sévère] qu'on a connue au Canada il y a quelques années [en 2003]. C'est un virus qui est très négligé par la communauté médicale et qui aurait intérêt à moins l'être étant donné l'épidémie de SRAS, et étant donné nos résultats d'aujourd'hui», conclut le professeur Talbot.

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