Loin de la cible pour les inscriptions à un médecin de famille

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Il reste encore beaucoup de chemin à parcourir afin que 85 % des Québécois soient inscrits pour avoir accès à un médecin de famille d'ici la fin de l'année prochaine.

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(Québec) Beaucoup de chemin reste encore à parcourir pour inscrire 85 % de la population à un médecin de famille d'ici le 31 décembre 2017, alors que le taux n'atteignait que 72,5 % au 30 juin. Un résultat que la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) attribue principalement aux «ratés» du guichet d'accès à un médecin de famille (GAMF).

«Il y a eu beaucoup de ratés, et ça a eu comme effet que les médecins qui ont eu une mauvaise expérience ne sont pas portés à y retourner», résume le porte-parole de la FMOQ, Jean-Pierre Dion.

M. Dion explique que beaucoup de patients inscrits au GAMF ne sont pas joignables. «Pour qu'un patient soit inscrit à un médecin de famille, il faut qu'il puisse être joint et vu. Or il peut y avoir jusqu'à 50 % des patients qui ne sont pas joignables», signale le porte-parole de la FMOQ, citant l'exemple d'une clinique de l'Abitibi qui n'aurait réussi à joindre en une semaine que 27 des 54 patients contactés pour leur fixer un premier rendez-vous.

«Vous pouvez imaginer comment, dans des zones comme Montréal, ça peut être plus difficile...», souligne le porte-parole de la Fédération.

Autre frein à l'inscription : les no show, c'est-à-dire les patients qui ne se présentent pas à leur premier rendez-vous. La FMOQ calcule qu'environ un patient sur cinq inscrits au GAMF fait faux bond sans prévenir. Elle compte d'ailleurs mener un vaste sondage auprès de ses membres cet automne pour documenter ce problème.

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Manque de souplesse

Le manque de souplesse du GAMF rebute par ailleurs certains médecins à la recherche d'une clientèle précise. «C'est impossible via le GAMF d'avoir une clientèle spécifique. Pour un médecin qui oriente surtout sa pratique vers la pédiatrie, par exemple, l'outil n'est pas flexible», explique Jean-Pierre Dion.

La règle des «10 patients à la fois» aurait aussi ralenti le processus d'inscription, note encore le porte-parole de la FMOQ. «Le ministère [de la Santé] s'est montré ouvert à changer ça, à laisser les médecins prendre des plus gros blocs de patients. Mais la règle, c'était 10 patients à la fois, c'est-à-dire que le médecin devait attendre d'avoir vu les 10 patients avant de pouvoir en prendre 10 autres. Si ça lui prenait un mois voir ces 10 patients-là, il ne pouvait pas en voir d'autres», explique M. Dion.

Et c'est sans compter que dans les débuts du GAMF, des médecins se faisaient attribuer des patients qui ne résidaient pas du tout dans leur secteur de pratique, ajoute le relationniste. «L'outil a été lancé alors qu'il n'était pas prêt et qu'il n'avait pas été testé. Il faut essayer de convaincre les médecins qui ont connu une ou plusieurs mauvaises expériences d'y retourner, et c'est ce qu'on essaie de faire», dit Jean-Pierre Dion.

La cible au 30 juin avait été fixée à 74 % de Québécois inscrits à un médecin de famille. Elle n'a pas été atteinte, mais la FMOQ se dit néanmoins optimiste d'arriver à 85 % d'ici le 31 décembre 2017. En date du 19 septembre, 496 683 patients attendaient au GAMF, selon les données du ministère de la Santé.

«C'est sûr que c'est ambitieux et que ça va être difficile, mais on va tout faire pour atteindre notre objectif. Les nouveaux facturants commencent à peine à inscrire des patients, ça devrait commencer à paraître dans les prochains mois», prévoit M. Dion.

Seuil inatteignable

Au Regroupement des omnipraticiens pour une médecine engagée, on n'est pas aussi optimiste. Pour le DSimon-Pierre Landry, co-porte-parole du regroupement, il est «illusoire» de penser que le taux d'inscription sera de 85 % le 1er janvier 2018.

Outre les ratés du GAMF, le vieillissement de la population, qui fait augmenter la charge de travail par patient, la féminisation de la médecine (et la réalité des congés de maternité) de même que les nombreux départs à la retraite rendent, selon lui, impossible l'atteinte de cet objectif.

Du reste, le fait de s'inscrire ne veut pas nécessairement dire accès au système de santé, rappelle le Dr Landry, qui souhaite qu'on fasse davantage de place à l'interdisciplinarité pour augmenter l'efficience du réseau.

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