TDAH: une prescription au bout de la langue

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Il est possible de prédire comment le corps réagira à un médicament en prenant un échantillon de salive qui contient de l'ADN.

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(Québec) À partir d'un simple échantillon de salive, les personnes atteintes d'un trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) pourraient savoir avec plus de précision quel médicament éviter en fonction de leur ADN, minimisant ainsi les risques d'effets secondaires et les longues périodes d'essai-erreur.

Lancé mardi par l'entreprise en démarrage montréalaise BiogeniQ, le test Pharma TDAH permettrait de déterminer les risques d'incompatibilité d'un médicament traitant le TDAH selon le profil génétique de la personne.

«Lorsqu'on prend un médicament, les enzymes de notre corps le transforment pour faciliter son élimination par l'organisme. Leur niveau d'activité peut être différent d'un individu à l'autre, ce qui mène à une variabilité dans la réponse d'un médicament», explique BiogeniQ dans une fiche technique envoyée aux médias.

Avec un échantillon de salive qui comprend de l'ADN, il est possible de prédire avec une bonne certitude comment le corps réagira à un médicament et de déterminer si une personne est encline à des effets secondaires ou à une réponse sous-optimale.

«C'est un test d'exclusion. Ça ne dit pas quel médicament prendre, mais plutôt : si t'as le choix, évite ce médicament-là. L'idée, c'est de mettre toutes les chances de son côté pour trouver le bon traitement le plus vite possible quand on reçoit un diagnostic de TDAH», résume en entrevue le président-directeur général de BiogeniQ, Étienne Crevier.

Lui-même atteint d'un TDAH, M. Crevier est convaincu de l'utilité d'un tel test. «Ça a pris un an avant que je trouve le bon médicament. J'en ai essayé trois. Quand un ne fonctionne pas, il faut purger, c'est-à-dire attendre deux semaines avant d'en essayer un autre. J'en ai pris un qui a mis trois mois à agir et avec lequel je n'avais plus d'émotions. Je me suis senti comme un rat de laboratoire», raconte M. Crevier, dont l'entreprise serait la première au pays à proposer un test d'analyse génétique pour orienter le traitement du TDAH.

«Il y en a aux États-Unis, et c'est le test de pharmacogénétique le plus vendu. Il y a une forte demande pour ça», souligne le pdg de BiogeniQ, assurant que son test a fait ses preuves, bien qu'une étude clinique reste encore à faire.

Vendu au prix de 285 $, le Profil Pharma TDAH est disponible sans ordonnance dans les pharmacies et certaines cliniques médicales (la liste des endroits où on peut se le procurer est disponible sur biogeniq.ca). «La RAMQ ne couvre pas encore ce test-là, malheureusement. Mais il y a certaines compagnies d'assurances qui le remboursent avec une prescription du médecin», précise Étienne Crevier. 

Beaucoup de travail reste encore à faire pour convaincre la communauté médicale de faire plus de place à la génétique, convient M. Crevier. «Ce ne sont pas tous les médecins qui sont à l'aise avec les nouvelles technologies. Il y a beaucoup d'éducation à faire. La génétique, c'est une révolution en santé, une tendance qui est là pour rester», croit M. Crevier, dont l'entreprise s'est fait connaître avec le test NutriQx, qui permet de déterminer ce qu'on devrait manger ou pas selon notre profil génétique.

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