Se relever d'un AVC... à 32 ans

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Dans près de 3 cas sur 10, les causes de l'AVC sont inconnues.

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(Québec) Steve Sévigny n'avait que 32 ans lorsqu'il a subi un AVC qui a paralysé son côté gauche. Il a dû réapprendre à marcher, à manger, à brosser ses dents... Quatre ans plus tard, le sportif de Stoneham court, joue au soccer et au deck hockey. Et il est sur le point de réaliser son rêve de devenir policier.

Rien ne prédisposait le jeune père de famille à l'AVC qu'il a subi le soir du 29 mars 2012. Il avait un mode de vie sain, et les médecins n'ont découvert aucun problème de santé ou anomalie congénitale qui aurait pu expliquer l'accident.

«J'avais seulement des taux de cholestérol et de triglycérides un peu élevés, mais pas plus que ça. Les médecins m'ont dit que c'était une badluck», résume le jeune survivant en entrevue au Soleil.

Steve Sévigny avait passé la soirée à l'aréna avec ses deux enfants qui apprenaient à patiner. Il avait eu légèrement mal à la tête durant la journée, mais rien pour l'empêcher de vaquer à ses occupations.

De retour chez lui avec sa plus jeune, M. Sévigny s'installe devant la télévision, à la recherche d'une partie de hockey à regarder. «Et là, mon bras qui tenait la télécommande a lâché. Il ne bougait plus. Je pensais que j'avais un nerf de coincé ou quelque chose comme ça. Quand j'ai voulu me lever, je n'étais vraiment pas bien, comme si j'étais sur le point de perdre connaissance», raconte M. Sévigny.

Paniqué, le jeune papa appelle sa conjointe restée à l'aréna. Celle-ci lui suggère de s'étendre sur le sol afin que sa pression remonte. «Je lui ai répondu que j'étais déjà au sol et que j'étais incapable de me relever. Elle ne me prenait pas au sérieux parce que je suis le genre à toujours faire des blagues. J'ai fini par lui raccrocher au nez pour appeler le 9-1-1», relate Steve Sévigny.

Au téléphone avec le répartiteur du 9-1-1, M. Sévigny parle comme s'il avait «une patate chaude dans la bouche». Sa conjointe arrive sur ces entrefaites et explique la situation au répartiteur, qui finit par envoyer une ambulance. Quand les secours arrivent, le côté gauche de M. Sévigny est complètement paralysé, et sa bouche est croche. «Entre l'appel au 9-1-1 et mon arrivée à l'urgence, il s'est écoulé une heure», précise-t-il.

Steve Sévigny restera deux semaines à l'hôpital, où il subira une panoplie de tests. «Je ne voulais pas rester à rien faire pendant deux semaines. J'étais un père de famille, j'étais jeune, et il fallait que je m'en remette. Alors je me levais et j'allais marcher dans le corridor», raconte celui qui caressait alors le rêve de devenir policier.

À l'Institut de réadaptation en déficience physique de Québec, où il est resté six semaines, M. Sévigny a d'ailleurs fait la rencontre du défunt chef de police de la Ville de Québec Serge Bélisle, qui souffrait d'un cancer du cerveau. «C'était mon cochambreur. C'était fou parce que j'étudiais pour devenir policier...» se remémore le jeune homme, qui a réussi avec succès son test physique l'an dernier. «J'attends de joindre les rangs de la GRC», précise, optimiste, celui qui évalue avoir récupéré 90 % de ses capacités. 

Causes parfois inconnues 

Selon le Dr Jeffrey Minuk, coprésident du Congrès canadien de l'AVC qui se tient jusqu'à samedi dans la capitale, aucune cause spécifique n'est trouvée dans 30 % des cas d'AVC.

«Pour une personne âgée de plus de 50, 60 ans ou 70 ans, les causes sont plus souvent associées aux risques cardiovasculaires, comme l'hypertension. Chez les sujets jeunes, l'AVC peut être causé par un problème à l'artère cervicale ou à la carotide, être relié à un mouvement brutal du cou, par exemple. On voit parfois des AVC se produire après un accident ou la pratique d'un sport agressif. Plus rarement, l'AVC qui survient chez un sujet jeune peut être dû à une tendance génétique à former des caillots. Mais dans 3 cas sur 10, on ne trouve aucune cause», explique le neurologue du Centre universitaire de santé McGill et de l'Hôpital général juif de Montréal.

Plus l'AVC est détecté tôt, plus vite les traitements peuvent être administrés et meilleur sera le pronostic, rappelle le Dr Minuk. «On a quatre à cinq heures pour administrer la trombolyse, et pas beaucoup plus de six heures pour insérer un cathéter dans l'artère et aller enlever le caillot», précise le spécialiste.

Récupérer et se réadapter

Selon la physiothérapeute Carol Richards, également coprésidente du Congrès, la récupération après un AVC doit se faire de façon précoce et intense, «mais pas trop». «Il faut trouver la dose idéale, le moment idéal où le cerveau endommagé est prédisposé à se rétablir», résume Mme Richards.

La spécialiste de l'Université Laval insiste sur l'importance d'offrir des soins de réadaptation en milieu communautaire aux victimes d'AVC dans les semaines et les mois qui suivent l'accident. «Quatre-vingt-cinq pour cent des victimes d'AVC survivent, et plusieurs vont vivre encore plusieurs années. Il est important de réorganiser les soins en fonction de cette réalité et d'offrir un suivi à long terme aux survivants, notamment à domicile avec des ergothérapeutes, des physiothérapeutes et des orthophonistes», estime Mme Richards.

Les principaux symptômes de l'AVC

  • Faiblesse ou incapacité motrice d'un bras, d'une jambe ou même de la moitié du corps
  • Visage qui s'affaisse
  • Trouble de la parole ou de l'élocution

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