Un vaccin anti-Zika testé sur des humains à Québec

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(Québec) Des volontaires de Québec figureront parmi les tout premiers humains à recevoir un vaccin potentiel contre le virus Zika. Une équipe internationale dont font partie des chercheurs du CHUL vient en effet de décrocher la toute première autorisation au monde de tester un vaccin anti-Zika sur des humains, après que des tests sur des animaux, ces derniers mois, eurent donné des résultats encourageants.

«Ce vaccin a passé toutes les étapes cliniques de sécurité et d'efficacité [sur des animaux, NDLR] et sera administré pour une première fois à des humains», a indiqué la Dre Sylvie Trottier, responsable de la recherche clinique au Centre de recherche en infectiologie (CRI) du CHUL, qui mènera les travaux. «Alors, on recherche des volontaires de 18 à 65 ans en bonne santé. Le but de cette étude est de tester la sécurité du vaccin sur des humains, mais il a été déterminé très, très sécuritaire chez l'animal.»

L'essai clinique sera mené en simultané avec deux autres laboratoires aux États-Unis et comprendra une quarantaine de volontaires, dont 10 à 15 à Québec. Ils seront observés pendant 60 semaines après l'inoculation.

Il existe dans le monde d'autres équipes de recherche qui travaillent sur des vaccins contre le virus Zika, mais celle du CHUL - avec l'Université de Pennsylvanie, l'Institut Wistar (Philadelphie) et deux labos privés, Inovio et Gene One - semble avoir «quelques mois d'avance» sur les autres, ce qui lui a permis d'obtenir le feu vert de Santé Canada et de son équivalent américain, la FDA, avant les autres, a indiqué le directeur du CRI, Gary Kobinger.

Pas pour demain

Mais on ne doit pas pour autant s'attendre à voir un vaccin arriver dans les CLSC à brève échéance, avertit-il. «L'espoir, c'est qu'au début de 2017 on va avoir toute l'information pour [demander l'autorisation] pour un essai de phase 2 [où le vaccin ou le médicament est testé sur plus de sujets et à plus fortes doses qu'en phase 1, NDLR]. 

«Et avant la commercialisation, il faudra aussi faire un essai de phase 3 [encore plus de patients, pour raffiner les connaissances, NDLR] et après il faut l'homologuer auprès de Santé Canada.»

Découvert en 1947 dans une forêt de l'Ouganda qui lui a donné son nom (Zika), le virus est principalement transmis par deux espèces de moustiques - absents au Québec. 

Dans 80 % des infections, il ne provoque aucun symptôme et la majorité des autres conduisent, grosso modo, à l'équivalent d'un rhume accompagné de rougeurs sur la peau. Considéré comme bénin, il est longtemps resté dans «l'angle mort» de la médecine. 

Ce n'est que dans la foulée d'une vaste épidémie en Polynésie française, en 2013-2014, que l'on a réalisé que, dans de rares cas, Zika pouvait causer le syndrome de Guillain-Barré (faiblesse musculaire soudaine, voire paralysie causée par une attaque du système immunitaire sur les nerfs) et des malformations de la tête chez les nouveau-nés lorsque la mère est infectée pendant sa grossesse.

Le vaccin qui sera bientôt testé à Québec et dans deux labos des États-Unis ne contiendra pas de virus «affaibli», comme certains autres vaccins, mais seulement une partie du Zika. 

Les leçons du virus du Nil

Il s'agit simplement d'une protéine présente à la surface du virus, où le système immunitaire pourra agir, et d'une autre qui traverse sa membrane, explique le Dr Kobinger. 

Ces morceaux ont été choisis à partir de ce qu'on sait du virus du Nil, un microbe apparenté à Zika et pour lequel un vaccin est également en développement, conclut-il.

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