Voir Couillard sans passer par Barrette

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Les membres de l'Association des gestionnaires des établissements de santé et de services sociaux (AGESS) attendent toujours la décision du ministère de la Santé et des Services sociaux, faute de pouvoir négocier ou être consultés.

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Patrice Bergeron
La Presse Canadienne

Après plus d'un an de flottement et d'incertitudes, le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) ne sait toujours pas combien il paiera des milliers de cadres de son réseau, mais cette fois les gestionnaires «découragés» songent à en appeler au premier ministre Philippe Couillard, a appris La Presse canadienne.

Le MSSS a annoncé cette semaine à l'association qui les représente un autre report des échéanciers prévus à l'origine pour le reclassement de ces effectifs. Depuis la réforme du réseau mise en place par le projet de loi 10 du ministre Gaétan Barrette en février 2015, pas moins de 4500 cadres ont changé de poste et leur tâche a été en général alourdie, mais ils ont conservé la même rémunération en attendant un reclassement officiel.

Dans une correspondance adressée à l'Association des gestionnaires des établissements de santé et des services sociaux (AGESSS) dont La Presse canadienne a obtenu copie, le sous-ministre adjoint responsable du dossier, Marco Thibault, a fait savoir que la définition des postes et la détermination des salaires attendront encore, «considérant les impacts des résultats sur différents dossiers ministériels et gouvernementaux et les nombreux changements qui ont toujours cours actuellement dans les organigrammes des établissements», peut-on lire.

«Il n'y a pas grand respect pour les gestionnaires là-dedans», a commenté le président de l'AGESSS, Yves Bolduc, dans une entrevue avec La Presse Canadienne diffusée dimanche.

Réforme de structures

Le plan de Gaétan Barrette était de se débarrasser de plus de 1200 cadres du réseau par une réforme de structures, le projet de loi 10. Ainsi, 6000 postes de directeurs généraux, de cadres supérieurs et de cadres intermédiaires des secteurs cliniques ont été abolis et 4500 de ces gestionnaires ont été relocalisés dans des postes refondus, jumelant souvent un poste et demi ou deux postes.

À l'origine, le ministère devait transmettre le résultat des évaluations d'emploi en mars 2016 pour les postes d'encadrement supérieur (cliniques et administratifs) et les postes de cadre intermédiaire administratif, tandis que les résultats d'évaluation des emplois de cadre intermédiaire clinique étaient attendus à la fin de septembre.

Le ministère avait aussi indiqué de façon officieuse que des classes provisoires, tant pour les postes administratifs que cliniques, seraient connues en juin et les classes finales à la fin septembre, a précisé l'AGESSS.

Toutefois, à la suite de la correspondance de cette semaine, «tous les échéanciers, déjà non respectés, sont balayés du revers de la main sans connaître les nouvelles dates», a résumé une autre porte-parole de l'AGESSS, Valérie Pépin.

En attendant, les gestionnaires n'ont aucun recours. Ils ne peuvent bien sûr faire la grève, ont du mal à négocier avec leurs vis-à-vis du ministère et le ministre Gaétan Barrette est resté sourd à leur demande de rencontre.

M. Bolduc songe maintenant à une lettre ouverte au premier ministre Philippe Couillard, lui-même ancien ministre de la Santé et médecin.

«Je vais interpeller le premier ministre, pour essayer de lui faire ouvrir les yeux. C'est impossible, inhumain ce qui se passe, et ces gestionnaires continuent de tenir le fort. [...] Il faut absolument que je réponde à ça», a-t-il dit.

Le président de l'AGESSS a affirmé que ses troupes sont «découragées» et «amères» au moment où plusieurs cadres partent en vacances, des vacances qui ne permettront pas de se ressourcer, selon lui, en raison de l'incertitude.

En effet, pour ceux qui ont obtenu un classement provisoire, la rémunération baisse. Par exemple, un gestionnaire a hérité des tâches d'un poste en plus de deux tiers des tâches d'un autre poste, mais son salaire annuel est passé de 81 000 $ à 76 000 $.

On ne sait pas encore sur quels critères seront évalués chaque poste, le nombre d'installations à gérer, le nombre d'employés, la formation nécessaire, etc.

Meilleur salaire que son supérieur

Pendant ce temps, la rémunération du personnel syndiqué continue de progresser et dépasse même celle de ses supérieurs hiérarchiques, grâce notamment à l'équité salariale ou encore aux primes de soins critiques. Ainsi, des gestionnaires gagnent entre 3000 $ et 10 000 $ de moins que leurs subalternes, a constaté l'AGESSS.

Qui plus est, on leur laisse entendre qu'ils pourraient bien ne pas compter sur la «clause remorque», la hausse salariale de 5,25% accordée aux syndiqués d'ici à 2018, mais traditionnellement versée à tous les salariés de l'État.

L'AGESSS compte 7000 membres actifs, en plus de 1000 retraités. Il y a environ 10 000 gestionnaires dans le réseau de la santé, selon les estimations de l'AGESSS. Avant le projet de loi 10, il y en avait environ 12 000.

Le salaire annuel moyen des membres de l'AGESSS avoisine les 85 000 $, incluant les cadres supérieurs.

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