Un psychiatre s'insurge contre la fermeture de lits de crise au CTR de Nemours

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«Le processus en lui-même a été curieux puisqu'aucun psychiatre clinicien n'a été consulté», déplore le Dr Hubert Wallot.

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(Québec) Un psychiatre du Centre de traitement et de réadaptation (CTR) de Nemours dénonce la décision du CIUSSS de la Capitale-Nationale de fermer les sept lits de crise de l'établissement sans en avoir préalablement mesuré les conséquences.

«Le processus en lui-même a été curieux puisqu'aucun psychiatre clinicien n'a été consulté. C'est une décision purement administrative. Il n'y a pas eu d'approbation par les psychiatres», déplore le Dr Hubert Wallot en entrevue au Soleil

De la même façon que les usagers n'ont pas été consultés, «alors qu'on préconise le rétablissement», ajoute-t-il. «Les gens qui sont hébergés au CTR n'attendent pas d'être détériorés avant de s'y rendre, et ils y font des séjours plus courts qu'à l'hôpital, où ils hésitent à se rendre parce que ce n'est pas un endroit agréable. C'est un cachot où les gens ne peuvent pas circuler, ne peuvent pas fumer... Ça crée un contexte où les gens, plus fragiles, peuvent avoir des altercations, et ça, ce n'est pas considéré», expose le psychiatre, tout en soulignant que les patients attendent souvent d'être très mal à point avant de se présenter à l'urgence psychiatrique.

«Non seulement la consultation du médecin généraliste à l'urgence, puis du psychiatre, ça représente des coûts au système, mais on n'assure pas la continuité des soins parce que le psychiatre vu par le patient change. Ça non plus, ce n'est pas une valeur qui a été considérée», dénonce le Dr Wallot.

Le psychiatre souligne que les équipes de traitement et de suivi intensifs à domicile, que le CIUSSS dit vouloir développer avec les économies engendrées par la fermeture des lits du CTR de Nemours, ne sont pas une panacée. «Oui, c'est une solution, mais ce n'est pas toujours suffisant», dit le Dr Wallot, qui s'engage néanmoins à faire en sorte que la décision du CIUSSS ait le «moins d'impacts possible» sur les usagers du CTR.

Lits irremplaçables

La coprésidente du syndicat des éducateurs, des professionnels et des techniciens de l'Institut universitaire en santé mentale de Québec, Line Girard, estime elle aussi que les équipes de traitement et de suivi à domicile ne peuvent remplacer celles des lits du CRT, où les patients sont encadrés 24 heures sur 24 par des infirmières et des professionnels. «À domicile, les équipes restent quelques minutes, pas toute une journée!» expose-t-elle.

Mme Girard rappelle du reste que les lits du Centre de crise, que le CIUSSS présente comme une solution, ne sont pas suffisants. «Ils débordent déjà!» rappelle l'éducatrice spécialisée, qui s'inquiète pour sa clientèle.

Les lits du CTR de Nemours sont les derniers du genre (c'est-à-dire dans la communauté) dans la région de la Capitale-Nationale.

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