Deux vaccins efficaces contre le virus Zika

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Le virus Zika qui sévit au Brésil a déjà touché 1,5 million de personnes.

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Agence France-Presse
Paris

Deux vaccins ont permis de protéger «complètement» des souris de l'infection par le virus Zika, affirment des chercheurs, suscitant «l'optimisme» pour la mise au point d'un rempart contre ce virus à l'origine de lésions cérébrales chez le foetus.

C'est «une étape dans le développement d'un vaccin», estime le professeur d'Harvard Dan Barouch (États-Unis), responsable de cette étude qui «démontre l'efficacité protectrice» avec une seule injection de l'un ou l'autre des deux vaccins testés.

Il s'agit, assure-t-il, de «la première» démonstration d'une protection contre le virus zika «obtenue avec un vaccin» sur l'animal.

Mais plusieurs scientifiques avertissent qu'il faudra probablement des années avant de pouvoir disposer d'un vaccin commercialisé.

Cette étude, publiée dans la revue scientifique Nature, a été réalisée avec deux types de vaccins, un vaccin synthétique à base d'ADN et un vaccin classique contenant une forme inactivée et purifiée du virus. Ils ont donné aux souris une «protection complète» contre une souche de virus Zika du nord-est du Brésil ou de Porto Rico, notent les chercheurs.

Pour démontrer l'efficacité de la vaccination, les chercheurs ont inoculé du virus aux rongeurs vaccinés, puis constaté que ces derniers étaient efficacement protégés.

Même si la prudence reste de mise, cette recherche suscite «l'optimisme», selon le Pr Barouch. Un optimisme partagé par d'autres scientifiques.

La durée de l'immunité acquise grâce à ces vaccinations expérimentales sur le long terme reste néanmoins à évaluer.

Il n'existe actuellement aucun vaccin, ni traitement pour guérir de l'infection Zika, transmise par le moustique.

60 laboratoires et agences nationales de recherche travaillent sur des vaccins, indiquait en avril l'Organisation mondiale de la santé (OMS), dont 18 vaccins visant les femmes en âge de procréer.

Des essais devraient commencer dès cette année avec les deux types de vaccins utilisés dans l'étude, ainsi qu'avec d'autres vaccins, selon le Pr Barouch.

Le virus Zika, bénin chez la plupart des gens, est tenu pour responsable de complications neurologiques et surtout de graves anomalies du développement cérébral (microcéphalies) chez des bébés nés de mères infectées.

L'épidémie qui sévit au Brésil a déjà touché 1,5 million de personnes et plus de 1600 bébés sont nés avec une malformation crânienne.

Tests humains avant fin 2016

«Il va falloir faire des tests sur des singes et surtout sur des animaux en gestation pour prouver que ces vaccinations protègent contre la menace majeure de Zika, la microcéphalie, car l'objectif est surtout de protéger le foetus», dit à l'AFP Étienne Simon-Lorière de l'Institut Pasteur à Paris.

Il faudra également vérifier si les anticorps induits par les deux types de vaccin ne favorisent pas le développement de maladies liées à la même famille de virus, comme la dengue, avec une gravité accrue.

Un autre vaccin a déjà montré récemment sa capacité à stimuler la formation d'anticorps contre le virus. Celui de la société américaine Inovio Pharmaceuticals, qui développe un vaccin synthétique ADN avec une biotech sud-coréenne, GenOne Life Sciences. Inovio a affirmé le 20 juin avoir reçu l'autorisation de lancer prochainement un premier test sur 40 volontaires sains.

Inovio s'est toutefois borné à indiquer que son produit avait généré de «fortes réponses» immunitaires (dont des anticorps) chez l'animal. Mais la société n'est pas allée jusqu'à affirmer avoir démontré son efficacité protectrice, comme dans l'étude parue dans Nature.

Le vaccin classique testé dans cette étude est produit par l'Institut Walter Reed de l'armée américaine, qui prévoit de commencer des tests humains «avant la fin de l'année».

Il n'existe à ce jour encore aucun vaccin synthétique ADN commercialisé. D'où l'idée pour aller plus vite de s'inspirer pour Zika du principe du vaccin classique comme il en existe déjà sur le marché (par exemple le vaccin injectable pour la polio).

Selon une autre étude publiée mardi dans Nature Communications, les sujets infectés une fois par le virus Zika sont en revanche immunisés contre une ré-infection par ce même virus, même si l'on ignore si cette protection durera toute la vie.

En revanche, la grossesse prolongerait considérablement la persistance du virus dans l'organisme, selon des chercheurs de l'Université de Wisconsin-Madison (États-Unis) dont les travaux portent sur des singes.

Premier cas de microcéphalie lié au Zika en Floride

En Floride, plusieurs tests sont menés pour détecter... (AP, Lynne Sladky) - image 3.0

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En Floride, plusieurs tests sont menés pour détecter la présence du moustique qui transmet le virus Zika.

AP, Lynne Sladky

Un premier cas de microcéphalie détecté chez un enfant né en Floride d'une mère infectée par le virus Zika hors des États-Unis a été signalé mardi par les autorités sanitaires.

Cette femme, une Haïtienne, est venue en Floride pour accoucher, a indiqué le département de la santé de Floride dans un communiqué.

Le Zika a été lié à des défauts de naissance chez les enfants et foetus de huit femmes aux États-Unis, selon les dernières statistiques des Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC) arrêtées au 16 juin.

Toutes ont été infectées hors des États-Unis, lors de voyages dans des pays où le virus est en circulation.

Quatre de ces femmes ont donné naissance à des enfants souffrant d'un défaut congénital lié au Zika, dont la microcéphalie (boîte crânienne et cerveau trop petit) ou d'autres dommages cérébraux, ont précisé les CDC. Quatre autres femmes ont perdu leur enfant qui présentait une malformation cérébrale.

Les CDC signalent également un cas de perte du foetus lié au Zika sur le territoire américain de Porto Rico.

Aucun cas d'infection du virus par des moustiques n'a encore été signalé aux États-Unis, mais avec l'arrivée de l'été, les CDC s'attendent à des poches d'infection, notamment dans le sud.

Le virus Zika se transmet surtout par les piqûres de moustiques, mais aussi parfois sexuellement.

Au total, 265 femmes enceintes aux États-Unis avaient été testées positives au Zika au 16 juin et 216 dans les territoires américains d'outre-mer, surtout à Porto Rico.

Les CDC estiment actuellement qu'une femme enceinte infectée au premier trimestre de la grossesse a un risque de 1 % à 13 % que son foetus développe une microcéphalie.

Les CDC recommandent que les femmes attendant un enfant ou pensant devenir enceintes reportent tout voyage dans des zones touchées par le Zika.

Les Instituts nationaux américains de la santé (NIH) ont récemment annoncé le lancement d'une vaste étude sur le Zika et les femmes enceintes dans des zones affectées par ce virus surtout en Amérique latine.

Cette étude («The Zika in Infants and Pregnancy» ou ZIP) prévoit de recruter environ 10 000 femmes enceintes âgées d'au moins quinze ans. Elle a déjà débuté à Porto Rico et va être étendue au Brésil, en Colombie et à d'autres pays où la transmission du virus est active.

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