Québec doit revoir les services ambulanciers, clame la CSN

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«Vous aurez plus de chance de survivre à un arrêt cardiaque dans Charlevoix entre 8h et 20h que dans la soirée et dans la nuit», affirme Emmanuel Deschênes, président du Syndicat des paramédics de Charlevoix.

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(Québec) Alors que le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, se décharge de la responsabilité de la négociation avec les paramédicaux, les employés des syndicats préhospitaliers clament haut et fort que les horaires de travail, la couverture et les autres balises des services doivent être absolument négociés avec le gouvernement provincial.

Il y a plus de 4000 ambulanciers au Québec, et pas loin de 600 dans la région de Québec et la périphérie. Il faut donc une concertation avec le gouvernement pour que les règles et les délais soient les mêmes partout, affirme Ann Gingras, présidente du Conseil central de Québec-Chaudière-Appalaches (CSN). À son avis, les balises à mettre en place ne peuvent pas être laissées entre les mains des entreprises privées.

«Vous aurez plus de chance de survivre à un arrêt cardiaque dans Charlevoix entre 8h et 20h que dans la soirée et dans la nuit», affirmait Emmanuel Deschênes, président du Syndicat des paramédics de Charlevoix, en conférence de presse lundi. «Est-ce que la vie de la personne vaut plus en journée qu'en soirée ou durant la nuit?» lance-t-il.

Le problème est causé par les horaires des ambulanciers sur appel le soir et la nuit. Ils doivent se rendre à la centrale pour y prendre l'ambulance avant de se rendre au chevet de la personne malade. Dans le jour, les ambulanciers sont dans le véhicule, prêts à partir dès la réception de l'appel d'urgence.

Les horaires sur appel, ou horaires de faction, dans le jargon du métier, sont aussi un problème généralisé dans la Chaudière-Appalaches. Dépassé un délai de 11 minutes, dans le cas d'un arrêt cardio-respiratoire, les chances de survie sans séquelles diminuent dramatiquement. En Beauce, par exemple, le délai pour se rendre à la centrale varie de 10 à 15 minutes. Il peut se passer 30 minutes avant que les ambulanciers puissent intervenir.

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Frédéric Maheux, Denis Bertrand, Emmanuel Deschênes et Marc-Antoine Bilodeau entourent Ann Gingras, présidente du Conseil central de Québec-Chaudière-Appalaches (CSN), pour parler des problèmes de condition de travail des ambulanciers. 

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Pire encore, à cause des territoires exclusifs, une ambulance plus proche du lieu d'intervention ne pourra pas agir, car les entreprises privées qui gèrent les services ambulanciers travaillent en vase clos pour conserver leur territoire, soutient avec déception Marc-Antoine Bilodeau, président du syndicat des paramédics de la Chaudière-Appalaches.

«Stressant»

Sur le territoire de Québec, si les ambulanciers attendent les appels dans le véhicule, le nombre d'interventions quotidiennes allonge les délais. «Si l'ambulance part de Beauport pour se rendre à Saint-Augustin, le délai d'intervention sera très long», avoue Frédéric Maheux, président de l'Association des travailleurs du préhospitalier de la grande région de Québec. «Chaque jour, il faut faire appel aux ambulanciers à temps partiel pour assurer une bonne couverture du territoire. C'est stressant pour tout le monde, car nous voulons sauver des vies, mais souvent, nous savons que nous arriverons trop tard. Ce n'est pas normal.»

Or, les délais et le manque d'ambulances augmentent le stress des travailleurs. Les dépressions, la détresse psychologique et les arrêts de travail forcés augmentent énormément depuis deux ans.

«Il faut un capitaine dans le bateau, mais le ministre Barrette se désengage», se désole Denis Bertrand, vice-président FSSS Québec-Chaudière-Appalaches. «Ce n'est pas tant un problème d'argent qu'un problème d'organisation du travail qui doit se régler à une table de négociation centrale», martèle-t-il. Pour la CSN, tous les citoyens ont droit au même service, peu importe le territoire de résidence.

Les conventions collectives sont échues depuis le 31 mars 2015.

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