L'IRIS propose de baisser le salaire des médecins de 12 %

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Les médecins québécois ont vu leur rémunération croître en moyenne de 100 000 $ en sept ans à peine.

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(Québec) L'Institut de recherche et d'informations socioéconomiques (IRIS) propose de diminuer la rémunération des médecins québécois de 12 % afin de ramener leur revenu moyen au niveau de l'Ontario.

Cette recommandation figure dans une note publiée mercredi matin par l'IRIS. «Les augmentations consenties depuis 2007 aux médecins vont trop loin, et tout indique que ça va continuer comme ça dans les prochaines années. Quand on regarde la croissance globale des dépenses en santé, on se rend compte que l'enveloppe de la masse salariale des médecins augmente trois fois plus rapidement que l'ensemble des coûts en santé et en services sociaux», expose dans un communiqué Guillaume Hébert, auteur de la note et chercheur à l'IRIS.

M. Hébert souligne qu'en sept ans à peine, un médecin québécois a vu sa rémunération croître en moyenne de 100 000 $ (70 000 $ pour les omnipraticiens et 145 000 $ pour les spécialistes). «Je n'ai pas besoin de vous dire que ça dépasse l'inflation. Et malheureusement, ces augmentations ne se sont pas traduites par une amélioration de l'accès pour les patients», déplore le chercheur, précisant que pendant sept ans, la rémunération globale des médecins a crû sept fois plus vite que l'augmentation du nombre d'actes réalisés.

Guillaume Hébert rappelle que ces augmentations avaient été consenties par le gouvernement Charest sous prétexte qu'il fallait ajuster la rémunération des médecins québécois en fonction du salaire de leurs confrères ontariens. «Si on applique ce raisonnement aujourd'hui, en comparant le coût de la vie entre le Québec et l'Ontario, nous diminuerions la rémunération des médecins québécois de 12 % pour que leurs honoraires s'équivalent», calcule le chercheur. 

Selon lui, cette mesure permettrait à l'État québécois d'épargner près d'un milliard de dollars dès 2017-2018 - «ce qui équivaudrait, pour donner un ordre de grandeur, à l'embauche de plus de 20 000 préposés aux bénéficiaires ou de plus de 15 000 infirmières» - et de réduire de plus de 2 milliards $ l'enveloppe de rémunération des médecins prévue pour 2020-2021.

Plus de sanctions

Le chercheur de l'IRIS invite également le gouvernement à accélérer la révision du mode de rémunération des médecins en s'appuyant notamment sur les études commandées par le Commissaire à la santé et au bien-être avant son abolition. Il recommande en outre de plafonner les différentes mesures incitatives financières et d'instaurer un moratoire sur toute nouvelle mesure «tant que les autorités publiques n'auront pas un portrait clair de leur efficacité».

Autres recommandations pour «corriger les excès» et «colmater les brèches qui permettent aux médecins de profiter financièrement de pratiques irrégulières» : le gouvernement doit sanctionner plus sévèrement les médecins qui demandent des frais accessoires et analyser les pratiques des firmes de facturation médicale. 

L'IRIS recommande du reste d'instaurer un mécanisme de représentation citoyenne dans l'administration des GMF, d'accroître le nombre d'actes (actuellement réservés aux médecins) que peuvent pratiquer d'autres professionnels de la santé et explorer la possibilité d'utiliser davantage des installations sans médecin dans le réseau de la santé et des services sociaux.

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