La Dre Liu vise un second mandat à la tête de Médecins sans frontières

Pour la Dre Joanne Liu, la crise du virus... (Le Soleil, Pascal Ratthé)

Agrandir

Pour la Dre Joanne Liu, la crise du virus Ebola, en Afrique de l'Ouest, a été un reality check pour apprendre à mieux se préparer pour la prochaine épidémie. «De façon globale, ç'a été un échec du leadership médical.»

Le Soleil, Pascal Ratthé

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) À quelques semaines de la fin de son mandat à la tête de Médecins sans frontières (MSF), la Dre Joanne Liu est sur les rangs pour conserver la présidence. Si elle est élue, à la fin du mois, en Grèce, la médecin originaire de Charlesbourg deviendra le premier directeur de ce réputé organisme international à obtenir deux mandats consécutifs.

Rencontrée mercredi midi, à la suite d'un discours prononcé au colloque annuel de l'Association canadienne des médecins d'urgence, la Dre Liu explique que ce sont les nombreux projets qui lui tiennent à coeur qui l'incitent à déposer à nouveau sa candidature.

«La plupart du temps, les gens sont tannés après un mandat. Je ne dis pas que je ne suis pas fatiguée, mais j'ai ouvert plusieurs dossiers que j'aimerais terminer.»

«Un des grands mandats de MSF, c'est l'accès aux populations, mais aussi l'accès des populations aux soins de santé et aux médicaments, précise-t-elle. Mais le gros truc, mon dada, comme je l'avais exprimé dans ma lettre d'intention en 2013, c'est d'amener MSF dans le XXIe siècle en matière de pratique médicale. Je considère aujourd'hui qu'on n'est pas rendus là.»

Télémédecine

Parmi les nombreux projets «sur le feu» qu'elle compte faire valoir aux membres votants de MSF réunis à Athènes, les 24 et 25 juin, elle cite le développement de la télémédecine, l'accessibilité aux échographies, une plus grande collaboration avec «de grandes universités» et la création d'une académie universitaire médicale. «Mon rêve, c'est de finaliser certaines choses, ou au moins les mettre sur les rails.»

Poussée à l'avant-scène ces dernières années, dans la foulée de plusieurs crises internationales, dont l'épidémie d'Ebola, la médecin de 51 ans doit vivre avec une exposition médiatique qui ne semble pas plaire à tous au sein de l'organisation. Elle-même avoue ne pas toujours se sentir à l'aise dans ce rôle.

«Médecins sans frontières n'est pas une organisation qui a un visage. Ça crée beaucoup de tensions par rapport à ça, alors on va voir. Ce n'est pas gagné d'avance...», glisse-t-elle au sujet de sa réélection.

«Je n'arrête pas de dire que MSF, c'est l'oeuvre de 35 000 personnes. C'est souvent moi qui reçois les honneurs en leur nom. J'espère que je le représente de façon adéquate.»

En 2013, la Dre Liu avait succédé à l'Indien Unni Karunakara comme présidente de cet organisme non gouvernemental fondé en 1971, présent dans 70 pays et disposant d'un budget de 1,3 milliard.

Poussée à l'avant-scène ces dernières années, dans la... (Le Soleil, Pascal Ratthé) - image 2.0

Agrandir

Poussée à l'avant-scène ces dernières années, dans la foulée de plusieurs crises internationales, dont l'épidémie d'Ebola, la Dre Joanne Liu doit vivre avec une exposition médiatique qui ne semble pas plaire à tous au sein de l'organisation. Elle-même avoue ne pas toujours se sentir à l'aise dans ce rôle.

Le Soleil, Pascal Ratthé

Missions médicales toujours à risques

Malgré la résolution adoptée à l'unanimité, le mois dernier, par le conseil de sécurité des Nations Unies, visant à protéger les installations médicales et le personnel soignant en zones de conflits, les attaques se poursuivent toujours, déplore la Dre Joanne Liu.

«Tous les jours, on bombarde en Syrie, au Yémen et d'autres pays. C'est le début d'un combat [pour Médecins sans frontières], mais on ne peut pas le livrer seul. Les citoyens doivent dire que ça suffit.»

Dans son allocution, plus tôt, devant l'Association canadienne des médecins d'urgence, la Dre Liu avait rapporté, photos à l'appui, la destruction supposément accidentelle du centre de traumatologie de Kunduz, en Afghanistan, en octobre 2015. Cinquante-deux personnes avaient perdu la vie, dont 14 membres de Médecins sans frontières. «Nous avons appelé les forces américaines, les Nations Unies, le Pentagone. Ils n'ont jamais arrêté.»

La médecin est également revenue sur l'épidémie d'Ebola, en Afrique de l'Ouest, qui a fait 11 000 victimes. «Ce n'est probablement pas la dernière épidémie à laquelle on devra faire face, mais il demeure que la volonté politique de vouloir y répondre est vitale [...] C'est clair que le déclenchement d'une réponse globale est survenu lorsque le reste de la planète a eu l'impression d'être à risque, et pas lorsque les premiers cas ont été déclarés.»

Ce qu'elle a dit

«Nous rêvons tous d'un avenir meilleur pour nos enfants. C'est aussi ce qui motive la plupart des réfugiés qui fuient des régimes oppressants, la guerre ou la famine.»

«Je garde comme objectif que je peux faire une différence dans la vie d'un patient.» 

- En réponse à une question d'un médecin qui lui demande comment elle fait pour garder la tête froide en zones de conflits

«Surmonte ta peur. Ne joue pas le rôle de la victime.»

- Conseils prodigués par la mère de la Dre Liu lorsque celle-ci, enfant, était victime d'intimidation à l'école en raison de ses origines chinoises

Partager

À lire aussi

  • Joanne Liu, la médecin sans frontières

    Santé

    Joanne Liu, la médecin sans frontières

    À Monrovia, capitale du Liberia, pays frappé de plein fouet par l'épidémie de fièvre Ebola, le personnel de Médecins sans frontières (MSF) vient de... »

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer