La privatisation «sournoise» du réseau de la santé dénoncée

Amir Khadir... (Archives La Presse, Ivanoh Demers)

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Amir Khadir

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(Québec) Le député Amir Khadir n'a pas mâché ses mots mardi pour qualifier la manière dont le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, et le premier ministre, Philippe Couillard, sont en train de privatiser le système de santé public, une manière «vicieuse, sournoise et malhonnête», a-t-il dit.

Le député de Québec solidaire tenait un point de presse en compagnie de la péquiste Diane Lamarre et de représentants de la CSN pour dénoncer le transfert de ressources professionnelles des CLSC vers les GMF lorsqu'il a attaqué de front le premier ministre et le ministre de la Santé.

Selon lui, le gouvernement Couillard est ni plus ni moins en conflit d'intérêts lorsqu'il décide de «détourner des ressources qui appartiennent au réseau public pour les mettre au service de GMF, dont les plus importants sont la propriété de grands fonds d'investissements privés». «Un de ces fonds-là, c'est Medisys, pour qui le premier ministre a déjà servi de conseiller lorsqu'il a quitté la politique», a rappelé le député de Mercier.

Amir Khadir a invité tous les administrateurs du réseau public à «courageusement résister devant ce diktat venant de Gaétan Barrette». «On a besoin du courage de nos administrateurs pour empêcher que Philippe Couillard et Gaétan Barrette réussissent leur opération de privatisation du réseau de la santé», a-t-il dit.

Subventions problématiques

Pour le médecin solidaire, le modèle des GMF est «un modèle défaillant qui représente tous les désavantages d'un système privé». «Un exemple : le mode de fonctionnement de ces GMF donne le pouvoir aux actionnaires, aux détenteurs. Il y a donc des médecins qui ont été tassés et remerciés de leurs services dans certains GMF [...] parce qu'ils refusaient, par exemple, d'accepter la ligne de conduite» qui consistait à faire revenir le patient une deuxième fois s'il consultait pour deux problèmes de santé différents, a illustré M. Khadir, selon qui «les GMF, c'est aussi la porte ouverte aux frais accessoires». 

Le vice-président de la CSN, Jean Lacharité, n'accepte pas lui non plus l'idée qu'on puisse subventionner les GMF pour recevoir des travailleuses sociales ou des psychologues jusqu'à un montant pouvant atteindre 22 000 $ par année. «Le ministre prend les deniers publics pour subventionner directement les GMF, en plus de la rémunération à l'acte que les médecins vont charger. Ça n'a pas de maudit bon sens», a dit M. Lacharité, qui continue de réclamer un moratoire sur le transfert de ressources des CLSC vers les GMF le temps d'en mesurer les coûts et les impacts sur les professionnels et les services à la population.

La députée Diane Lamarre a pour sa part rappelé que «les services sociaux ne sont pas toujours des services de santé». «Pourquoi forcer ces gens-là [qui sont suivis en CLSC] à passer à travers le processus médical du GMF, alors que dans certains cas, les besoins des gens ne sont pas du tout reliés à des problèmes de santé, mais sont strictement reliés à des problèmes sociaux?» a demandé la porte-parole de l'opposition officielle en matière de santé, qui déplore que les patients vus par une travailleuse sociale en GMF doivent être assignés par le médecin.

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