Services d'urgence maintenus à l'Hôpital Chauveau

Grâce à un recrutement intensif, trois médecins spécialistes... (Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

Agrandir

Grâce à un recrutement intensif, trois médecins spécialistes en médecine d'urgence entreront en fonction à l'hôpital Chauveau. Leur arrivée permettra à l'établissement de santé de ne pas sabrer dans les heures d'ouverture de son urgence.

Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) L'Hôpital Chauveau pourra finalement maintenir ses services d'urgence. Le CIUSSS de la Capitale-Nationale a annoncé mardi la venue de trois médecins spécialisés en médecine d'urgence, fruit d'efforts de recrutement «intensifs», mais aussi de la collaboration du ministère de la Santé, qui a accepté en avril dernier d'octroyer trois postes à l'urgence de l'établissement.

L'urgence de l'Hôpital Chauveau faisait face à un manque d'effectifs médicaux à la suite d'un départ en décembre dernier et de deux autres à venir le 10 juin, rappelle le CIUSSS dans un communiqué. 

«Ils ont décidé de réorienter leur carrière et d'aller faire de la prise en charge de patients en clinique. Au-delà des nouvelles règles de prise en charge, il peut y avoir d'autres paramètres, en termes de qualité de vie par exemple, qui justifient que des médecins décident de réorienter leur carrière», a expliqué au Soleil le directeur adjoint des services professionnels du CIUSSS, Patrick Duchesne.

Le CIUSSS dit avoir travaillé activement avec le ministère de la Santé à «trouver des solutions» pour permettre le recrutement médical à l'urgence de l'Hôpital Chauveau. Le 28 avril, le Ministère y a octroyé trois postes, «ce qui a favorisé le recrutement», explique le CIUSSS. 

Spécialisés en médecine d'urgence, les trois médecins recrutés faisaient jusqu'ici du dépannage dans différents hôpitaux québécois. Conformément à la nouvelle directive du ministre de la Santé, Gaétan Barrette, ils devront suivre 250 patients hors établissement, soit la moitié moins que ce qui est exigé aux omnipraticiens sans spécialisation en médecine d'urgence. Cette prise en charge se fera dans les secteurs de Loretteville, Val-Bélair, Duberger, Les Saules et Lebourgneuf, où il y a des besoins.

Sans ces embauches, l'urgence de l'Hôpital Chauveau risquait de devoir réduire ses heures d'ouverture de six par jour, pour fermer à 16h au lieu de 22h. Ouverte à compter de 8h le matin, l'urgence de l'établissement a accueilli entre 36 000 et 37 000 patients l'an dernier. «Ce n'est pas une urgence du CHU où on traite des gros cas de traumatologie, mais c'est une urgence qui a un bon volume de clientèle», précise Patrick Duchesne.

Absence de bases légales

À la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ), on demeure convaincu que le ministre de la Santé ne peut pas rendre conditionnelle une nomination en établissement à la prise en charge de patients en cabinet. 

«Si ça faisait leur affaire à ces trois médecins de s'installer à Québec, c'est une chose et c'est tout à fait correct qu'ils aient accepté le poste, mais nous, on persiste à penser qu'il n'y a pas de bases légales qui permettent de lier la nomination d'un médecin en établissement à la prise en charge de patients à l'extérieur», a réitéré au Soleil le porte-parole de la FMOQ, Jean-Pierre Dion.

C'est d'ailleurs ce que la Fédération tente de faire comprendre depuis quelques semaines au Ministère, elle qui souhaite obtenir des dérogations à cette obligation de prise en charge de patients hors établissement pour une dizaine de cas «particulièrement problématiques». Parmi eux, celui de la Dre Frédérique Roy, cette jeune médecin de famille originaire de Montréal qui a vu son contrat de travail à temps complet à l'urgence de l'hôpital de Sept-Îles modifié par la nouvelle directive de prise en charge quelques jours avant d'entrer en poste. 

«Les discussions vont mieux, après avoir fait face à un mur pendant un certain temps. Là, il semble y avoir une certaine ouverture à certains de nos arguments», a indiqué Jean-Pierre Dion.

Soins en sursis

Les soins d'urgence sont en sursis au Québec, ont prévenu mardi les Associations québécoise (AMUQ) et canadienne des médecins d'urgence (ACMU).

Brandissant le rapport du Commissaire à la santé et au bien-être, qui a révélé la semaine dernière que les temps d'attente à l'urgence étaient plus longs au Québec que partout ailleurs dans le monde occidental, les deux associations ont posé ce diagnostic : il y a une pénurie de médecins d'urgence résultant d'un nombre insuffisant de postes de formation en médecine d'urgence.

Il faut, selon elles, «augmenter de façon urgente» le nombre de places en résidence pour les spécialités en médecine d'urgence. L'AMUQ et l'ACMU estiment que Québec apporte «les mauvais remèdes pour les mauvais diagnostics», notamment en créant des supercliniques pour traiter l'engorgement des départements d'urgence et le blocage d'accès et en obligeant les médecins formés pour travailler à l'urgence à faire de la prise en charge de patients en première ligne. 

«Ceci va exacerber une pénurie déjà présente en médecins d'urgence, en plus de diminuer le niveau de compétences des équipes médicales d'urgence et la cohésion des départements d'urgence», avertissent les deux associations dans un communiqué.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer