Non aux distributeurs gratuits de crème solaire, dit Santé Canada

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Cet été, pas moins de 12 États américains vont installer 190 distributeurs de lotion solaire dans des endroits publics, comme à Miami Beach.

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(Québec) Trois dermatologues de Québec veulent voir des distributeurs de crème solaire être installés sur la promenade Samuel-De Champlain. Le hic, c'est que Santé Canada interdit la distribution gratuite des écrans solaires à monsieur et madame Tout-le-monde, car pour l'agence, il s'agit d'un médicament.

Quand le Dr Joël Claveau, qui pratique à Cap-Rouge, a vu des distributeurs de lotion solaire sur les plages de Miami, il y a quelques mois, il a trouvé l'idée géniale. Il en a tout de suite parlé à sa collègue, la dermatologue Isabelle Auger, qui avait été témoin d'une initiative semblable à Boston l'an dernier. 

Ensemble, ils se sont dit que ce serait bien d'en installer sur la promenade Samuel-De Champlain, afin que les milliers de touristes et de résidents qui s'y promènent tout l'été puissent avoir une solution de rechange s'ils ont oublié d'apporter leur propre tube. 

La résidente en dermatologie Marie-Ève Pinet s'est jointe à eux et a commencé à travailler le dossier. Mais elle s'est rapidement heurtée à un mur : Santé Canada interdit la distribution de crème solaire, car même si le produit est en vente libre, l'agence le considère comme un médicament. Ainsi, aucun échantillon gratuit ne peut être offert de façon préventive à la population.

Loi fédérale à changer

Pour le Dr Claveau, cette disposition de la Loi fédérale sur les aliments et drogues devrait être changée, et rapidement. «Un distributeur, c'est facile d'accès et ça permettrait sûrement d'éviter quelques coups de soleil néfastes, peut-être même quelques cancers de peau», plaide-t-il, en entrevue téléphonique depuis Chicago, où il assiste à l'ACSO. 

Mais voilà, ses collègues médecins et lui n'ont pas le temps de se lancer dans une grande campagne de sensibilisation pour faire changer la loi. «Ma priorité, c'est de soigner mes patients. Je lâcherai pas ma pratique pour mener ce combat-là. Mais je pense que c'est une préoccupation de santé publique», commente-t-il.

L'Association canadienne de dermatologie ne fait pas à proprement parler de lobbyisme en ce moment pour faire changer la loi. Mais elle verrait de telles initiatives d'un bon oeil. «On a plusieurs de nos membres qui poussent pour ça actuellement. Il faudra voir ce que ça donne», exprime Nimmi Sidhu, coordonnatrice des communications.

Aucun projet dans ce sens n'a été déposé à la Commission de la Capitale-Nationale, responsable de la promenade Samuel-De Champlain, à Québec. «Ceci dit, l'idée est intéressante», a commenté Anne-Marie Gauthier, coordonnatrice des communications. 

Pour le Dr Claveau, les distributeurs de crème solaire devraient devenir aussi populaires dans les parcs, les plages et les promenades publiques que les distributeurs de lotion désinfectante pour les mains dans les bureaux et les hôpitaux. «Il faudrait que ça devienne ancré dans les habitudes», dit-il. 

Expansion aux États-Unis

Un programme de distribution publique de crème solaire, qui a débuté à l'été 2015 à Boston, n'a pas tardé à connaître un grand succès aux États-Unis. 

Cet été, pas moins de 12 États installeront 190 distributeurs de lotion solaire dans différents endroits publics. La plupart du temps, des marques de lotion solaire commanditent le programme. 

Boston a emboité le pas à la Floride, qui a mis en place ce type de distribution sur ses plages il y a quelques années. 

Au Canada, environ 80 000 cancers de peau sont diagnostiqués chaque année. Là-dessus, environ 5000 sont des mélanomes, soit la forme de cancer de la peau la plus meurtrière.

Prometteuse immunothérapie

Environ 30 000 experts du cancer sont réunis à Chicago jusqu'au 7 juin pour assister au plus grand congrès sur l'oncologie au monde. Joël Claveau, dermatologue de Québec, est du nombre, afin de parfaire ses connaissances sur l'immunothérapie, une avancée prometteuse pour lutter contre trois types de cancer : de la peau (mélanome), du poumon et du rein. «Ce sont de nouveaux médicaments qui vont stimuler le système immunitaire, soit les globules blancs, et leur faire combattre le cancer», explique le Dr Claveau. Ces médicaments, qui sont déjà utilisés au Québec, seraient beaucoup moins dommageables que la chimiothérapie ou la radiothérapie pour les patients. «C'est pas un vaccin, mais ça fonctionne comme un vaccin», explique le dermatologue. Tous les experts réunis à Chicago s'entendent pour dire que l'immunothérapie est le traitement de l'avenir contre le cancer. «Maintenant, il y a différents types de régimes qui sont proposés et c'est ce dont on discute», indique le médecin.

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