Les blocs opératoires utilisés à 50%, attaque la CAQ

Le taux moyen d'utilisation des salles opératoires de... (Photothèque Le Soleil, Mathieu Waddell, LA PRESSE)

Agrandir

Le taux moyen d'utilisation des salles opératoires de la province ne dépasse pas 53 % tandis que 20 000 Québécois sont dans l'attente d'une intervention depuis plus de six mois, selon les données compilées par la Coalition avenir Québec (CAQ).

Photothèque Le Soleil, Mathieu Waddell, LA PRESSE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Alain Martineau, Émilie Bergeron
La Presse Canadienne
Saint-Jérôme

Le taux moyen d'utilisation des salles opératoires de la province ne dépasse pas 53 pour cent, tandis que 20 000 Québécois sont dans l'attente d'une intervention depuis plus de six mois, selon les données compilées par la Coalition avenir Québec (CAQ).

Le ministre de la Santé Gaétan Barrette a toutefois contesté ces chiffres dans un point de presse où il s'est empressé de rectifier ce taux d'occupation à 77 pour cent, plutôt. Le député de La Pinière a réagi dans l'après-midi suivant la déclaration faite lundi matin par le porte-parole en matière de santé de la CAQ, François Paradis, qui affirmait que les salles opératoires du Québec ne fonctionnent que la moitié du temps.

La CAQ a basé son calcul en fonction de normes européennes plutôt que québécoises et sur un nombre de salles opératoires erroné, a déploré le ministre Barrette.

Le pourcentage d'utilisation des salles d'opération rapporté par François Paradis s'appuie sur un nombre d'heures d'utilisation des blocs opératoires idéal à atteindre, soit de 10 heures par jour et de quatre heures le samedi. Ces normes sont inapplicables au Québec, a fait valoir le ministre, puisque des quarts de travail aussi longs n'existent pas.

«Ce n'est pas une norme utilisée par le ministère de la Santé et des Services sociaux. C'est une norme qui apparaît dans un document du Commissaire à la santé et au bien-être, qu'il a choisi selon son propre arbitre d'utiliser, et qui ne correspond aucunement aux horaires de travail du Québec», a poursuivi le ministre.

Le taux moyen d'utilisation des salles opératoires de... (Infographie Le Soleil) - image 2.0

Agrandir

Infographie Le Soleil

La CAQ a obtenu les données qu'elle a compilées auprès du Commissaire à la santé et au bien-être Robert Salois. Les statistiques dévoilées lundi matin font état de taux d'occupation des salles opératoires allant de 29 à 65 pour cent en fonction de la région durant les 29 heures par semaine où elles fonctionnent. Au Bas-Saint-Laurent, le taux compilé d'occupation est de 40 pour cent et sur la Côte-Nord, de 32 pour cent, par exemple.

M. Paradis a dévoilé ces données - difficiles à obtenir, avait-il tenu à préciser en entrevue - lundi matin, en conférence de presse devant l'Hôpital de Saint-Jérôme, où 200 patients attendent depuis plus de six mois leur opération.

Gaétan Barrette a par ailleurs relevé une erreur dans le nombre de salles opératoires que la CAQ a pris en compte dans son calcul. Il reproche à la CAQ d'avoir comptabilisé 61 salles d'opération qui sont fermées pour cause de désuétude et d'avoir étendu le même calcul aux salles d'opération en région qu'à celles en milieu urbain, alors qu'elles ne peuvent en aucun cas être utilisées au même rythme.

Le taux d'occupation des blocs opératoires en milieu urbain s'élève à 90 pour cent, selon le ministre de la Santé.

François Paradis avait souligné que le pourcentage d'occupation de 53 pour cent auquel il parvenait était «extrêmement dérangeant», surtout en considérant que le problème est répandu dans toutes les régions du Québec.

Le ministre Barrette répond par ailleurs qu'il est normal, étant donné les vacances d'été, que les salles d'opération ne soient pas accessibles 52 semaines par année, un élément qui n'a pas été pris en compte par la CAQ. «À moins que M. Paradis considère que le personnel de nos blocs opératoires ne travaille pas suffisamment, moi je pense qu'ils travaillent en masse et qu'ils méritent leurs vacances.»

Manque de ressources

François Paradis avait indiqué en entrevue avec La Presse Canadienne que le manque de ressources pour les médecins spécialistes était en partie responsable du problème; ils veulent effectuer ces interventions, mais ils n'ont pas accès aux blocs opératoires, a déploré M. Paradis.

La CAQ a rappelé qu'en 2012, la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMOQ) - alors représentée par Gaétan Barrette - avait déjà sonné l'alarme et dénoncé le manque d'accès aux blocs opératoires.

«Je pense que les gens doivent savoir pourquoi ils attendent. Et s'ils s'imaginent que c'est parce que tout roule trop et qu'ils sont obligés d'attendre, c'est tout le contraire! Si vous passez devant un bloc opératoire d'un établissement de santé, vous vous rendrez compte que la moitié du temps, la lumière est fermée et la porte est barrée», a lancé François Paradis.

À l'heure actuelle, aucune région du Québec n'a pu atteindre l'objectif de 75 pour cent fixé par le Commissaire à la santé et au bien-être, selon les chiffres de la CAQ.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer