Un simple test sanguin plus efficace pour détecter des cancers

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Une prise de sang serait aussi, voire plus efficace, qu'une biopsie des tissus pour détecter une tumeur cancéreuse.

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Jean-Louis Santini
Agence France-Presse
Chicago

Une prise de sang serait aussi, voire plus efficace, qu'une biopsie des tissus pour détecter une tumeur cancéreuse et mieux cibler le traitement pour la combattre, conclut l'une des plus vastes études génomiques jamais effectuées qui conforte les résultats de précédentes recherches plus limitées.Associée à la génomique, la médecine de précision, qui cible certaines anomalies moléculaires dans la tumeur cancéreuse, a le potentiel d'accroître les options de traitements et leur efficacité, selon des études présentées samedi aux Etats-Unis.Contrairement à la chimiothérapie et à la radiothérapie, la médecine ciblée permet de préserver les cellules saines. Cette approche, et surtout l'immunothérapie, qui dope le système immunitaire pour détruire les cellules tumorales, sont en train de révolutionner la cancérologie.Les résultats préliminaires d'un essai clinique de phase 2 détaillés lors du plus grand colloque mondial sur le cancer réuni ce weekend à Chicago (Illinois), ont été jugés «encourageants».Sur les 129 participants, 29 atteints respectivement de douze différents cancers avancés ont bien répondu à des molécules qui n'ont pas été approuvées pour le traitement de ces tumeurs par la Food and drug Administration FDA), l'agence américaine des médicaments.Les réponses prometteuses observées dans quatre types de cancer notamment porteur d'altérations moléculaires spécifiques ont déjà conduit à élargir la cohorte de malades qui en sont atteints pour participer à cet essai clinique, précisent les chercheurs.«Des études comme celle-ci vont aider les malades à davantage bénéficier de la médecine personnalisée», explique le Dr John Hainsworth, du Sarah Cannon Research Institute à Nashville (Tennessee), soulignant que les tests génomiques des tumeurs - pour déterminer leurs caractéristiques génétiques - deviennent de plus en plus accessibles.

Ces chercheurs ont procédé à une analyse génétique d'échantillons de plus de 15 000 patients et de 50 différents types de tumeurs cancéreuses avancées dont 37% du poumon, 14% du sein, 10% colorectales.

Les résultats, présentés samedi à la conférence de l'American Society of Clinical Oncology, plus grand colloque mondial sur le cancer réuni ce week-end à Chicago, montrent que les altérations génétiques détectées dans le sang sont très similaires à celles identifiées par une biopsie des tissus tumoraux.

Outre le fait qu'une biopsie «liquide» paraît être une alternative très crédible aux biopsies classiques plus invasives, elle pourrait également changer le traitement des cancers, selon les chercheurs.

«Ces résultats suggèrent qu'une analyse de l'ADN de la tumeur circulant dans le sang du malade peut révéler un grand nombre d'informations et représente de ce fait une alternative très peu invasive à une biopsie des tissus qui dans certains cas ne peut pas être faite car trop risquée», explique le Dr Philip Mack, professeur et directeur de pharmacologie moléculaire à l'université de Californie à Davis qui a mené cette recherche.

«De plus, ce test génétique, le Guardant360 offre une possibilité sans précédent de surveiller les changements de la tumeur, ce qui peut être essentiel pour décider des différentes options de traitement pour continuer à contrôler le cancer», précise-t-il.

Les cellules cancéreuses perdent de petits fragments d'ADN en circulant dans le sang qui peuvent être collectés et analysés en laboratoire pour décider de la thérapie à suivre tout comme cela est fait à partir de biopsie de tissus.

Voir le cancer encore plus tôt

«Le fait que les mutations génétiques se produisent d'un malade à l'autre et d'une cellule à l'autre, est une difficulté constante pour le traitement du cancer surtout dans la médecine dite de précision» où des traits ou mécanismes moléculaires spécifiques de la tumeur sont ciblés, a commenté le Dr Sumanta Kumar Pal, un cancérologue du centre du cancer de la City of Hope en Californie qui n'a pas participé à cette recherche.

«Disposer d'une solide option en dehors de la biopsie classique des tissus pourrait avoir un impact majeur sur notre capacité à sélectionner la thérapie la mieux adaptée au malade», souligne-t-il.

La plupart des altérations génétiques ont été détectées à de très bas niveaux dont la moitié au-dessous de 0,4% de l'ADN cancéreuse totale en circulation dans le sang, de très faibles taux qui n'ont pas pour autant affecté les performances du test.

En outre, puisque les changements génétiques de l'ADN des cellules cancéreuses se produisent avant qu'ils se manifestent dans la tumeur et soient détectables au scanner, la biopsie liquide à partir du sang aide les médecins à ajuster le traitement plus tôt ou pourrait même peut-être détecter la maladie avant qu'elle ne se manifeste.

La biopsie liquide commercialisée par Guardant Health et par d'autres sociétés concurrentes aident déjà les laboratoires pharmaceutique à sélectionner les patients pour faire des essais cliniques.

Le PDG et cofondateur de Guardant Health, Helmy Eltoukhy, expliquait récemment à la presse, qu'avant d'utiliser cette biopsie liquide pour tester l'ensemble de la population pour le cancer, cette technologie devait préalablement montrer qu'elle pouvait détecter plus tôt des tumeurs jusque-là silencieuses chez des sujets à haut risque comme les gros fumeurs ou les femmes porteuses des mutations BRCA qui prédisposent fortement au cancer du sein.

Les promesses de la médecine ciblée

Associée à la génomique, la médecine de précision, qui cible certaines anomalies moléculaires dans la tumeur cancéreuse, a le potentiel d'accroître les options de traitements et leur efficacité, selon des études présentées samedi aux États-Unis.

Contrairement à la chimiothérapie et à la radiothérapie, la médecine ciblée permet de préserver les cellules saines. Cette approche, et surtout l'immunothérapie, qui dope le système immunitaire pour détruire les cellules tumorales, sont en train de révolutionner la cancérologie.

Les résultats préliminaires d'un essai clinique de phase 2 ont été jugés «encourageants».

Sur les 129 participants, 29, atteints respectivement de douze différents cancers avancés, ont bien répondu à des molécules qui n'ont pas été approuvées pour le traitement de ces tumeurs par la Food and drug Administration (FDA), l'agence américaine des médicaments.

Les réponses prometteuses observées dans quatre types de cancer notamment porteur d'altérations moléculaires spécifiques ont déjà conduit à élargir la cohorte de malades qui en sont atteints pour participer à cet essai clinique, précisent les chercheurs.

«Des études comme celle-ci vont aider les malades à davantage bénéficier de la médecine personnalisée», explique le Dr John Hainsworth, du Sarah Cannon Research Institute à Nashville.

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