Exclusif

Le monopole des dents blanches... aux dentistes

Au Canada, le traitement de blanchiment des dents... (123rf,rido)

Agrandir

Au Canada, le traitement de blanchiment des dents est offert dans des cliniques d'esthétique, des salons de coiffure ou de bronzage et des spas, en plus des cliniques dentaires.

123rf,rido

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) L'Office des professions du Québec souhaite faire du blanchiment des dents une activité réservée aux dentistes et aux hygiénistes dentaires, a appris Le Soleil.

Cette recommandation fait partie du «cadre des travaux de modernisation des pratiques professionnelles du domaine buccodentaire», explique en entrevue le porte-parole de l'Office des professions, Stéphane Boivin.

«L'Office finalise actuellement ses orientations. Il souhaite que l'application de produits de blanchiment soit réservée à des professionnels compétents parce que ces activités sont à risque pour la population», précise M. Boivin, ajoutant que cette orientation «n'a pas pour but d'empêcher la vente libre [en pharmacie] de produits de blanchiment».

À la tête de la compagnie Pure Image Canada, qui fournit des produits de blanchiment dentaire aux cliniques d'esthétique, aux salons de coiffure et de bronzage et aux spas, Marc Amram accuse les dentistes de vouloir «s'accaparer le marché du blanchiment des dents à 100 %».

«Il n'y a rien de dangereux là-dedans. L'Ordre des dentistes dit que c'est une procédure invasive alors que ça ne l'est pas, c'est un procédé cosmétique», insiste M. Amram, qui compte faire des représentations auprès de la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, pour conserver le statu quo, «qui donne plus de choix aux consommateurs». 

Selon M. Amram, non seulement les produits vendus par sa compagnie sont moins forts en peroxyde d'oxygène que ceux utilisés par les dentistes, mais les traitements de blanchiment offerts dans les salons d'esthétique sont aussi moins onéreux. «Il y a moins d'irritation, moins de danger avec nos produits», assure-t-il. 

«On ne se prétend pas dentistes. Si les gens ont des problèmes ou des questions sur leur santé buccodentaire, on les réfère à leur dentiste», ajoute M. Amram, dont la compagnie exploite un centre de blanchiment où les produits utilisés sont notifiés (numéro d'identification cosmétique) auprès de Santé Canada.

«Protéger le public»

Le président de l'Ordre des dentistes du Québec, le Dr Barry Dolman, ne voit pas du tout les choses du même oeil. «Le rôle de l'Ordre, c'est la protection du public. Et c'est vraiment dans cette optique qu'on demande que le blanchiment des dents soit un acte réservé aux dentistes. Les hygiénistes pourraient en faire, mais sur ordonnance du dentiste», explique au Soleil le Dr Dolman, assurant que ce n'est pas ici la perspective de voir naître au Québec des cliniques d'hygiénistes dentaires comme il y en a ailleurs au Canada qui justifie cette position.

«Avant de poser un acte, il faut un diagnostic et un plan de traitement, et c'est le dentiste qui peut faire ça», insiste le président de l'Ordre des dentistes.

Selon lui, il y a bel et bien des risques à mettre des produits de blanchiment en bouche si celle-ci n'est pas en santé. «Il peut y avoir des problèmes de gencives, des lésions dans la bouche, un cancer, des caries, des obturations fissurées... Les patients peuvent avoir de graves problèmes si on applique des produits de blanchiment dans ces situations», dit le Dr Dolman.

Par exemple? «Imaginez mettre du produit de blanchiment sur des gencives qui saignent ou sur une langue cancéreuse! [...] J'ai déjà vu des patients à qui j'ai dû faire un traitement de canal ou prescrire des médicaments après qu'ils aient eu un traitement blanchissant. Si on a une carie, par exemple, le produit peut pénétrer dans la dent et causer une réaction à un nerf», illustre le DDolman, selon qui la révision des lois sur le blanchiment dentaire est une tendance en Europe et aux États-Unis. 

«Il faut protéger les gens et faire en sorte que le blanchiment soit un acte réservé aux dentistes. À l'heure actuelle, n'importe qui peut mettre et faire chauffer des produits en bouche! Même sur le plan médical, il y a des risques. Tu ne peux pas mettre des produits de blanchiment dans la bouche d'une femme enceinte, par exemple», rappelle le président de l'Ordre des dentistes.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer