Professionnels du réseau de la santé: au travail, même malades

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Les professionnels de la santé croient, en majorité, que les compressions ont augmenté les délais d'atttente et réduit l'accès aux services de santé pour les patients.

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(Québec) Un sondage mené ce printemps par la Fédération des professionnèles de la CSN (FP-CSN) auprès de ses membres révèle que plus de la moitié d'entre eux ont été contraints au présentéisme au cours de la dernière année, c'est-à-dire qu'ils se sont sentis obligés de rentrer au travail même s'ils étaient malades.

Plus particulièrement, 53,7 % des 1031 répondants ont dit s'être présentés au travail malgré un état de santé physique ou psychologique qui aurait pu justifier leur absence. Invités à qualifier leur charge de travail, 61,5 % ont répondu qu'il y avait constamment (38,6 %) ou fréquemment (22,9 %) surcharge, selon les résultats du sondage que la FP-CSN a fait parvenir au Soleil, lundi.

Cette surcharge de travail est d'ailleurs perçue par 81 % des répondants comme la principale conséquence des compressions budgétaires sur les professionnels. Viennent ensuite la dégradation des conditions de travail (59,9 %), l'ambiguïté de rôle (47,6 %) et l'augmentation des absences (46,4 %).

À la question «Quels sont, selon vous, les impacts des compressions budgétaires sur les clientèles», les professionnels ont pointé l'augmentation des délais d'attente dans une proportion de 70 % et la réduction de l'accès aux services dans une proportion de 69 %. 

Le sondage révèle également que près de 10 % des professionnels sondés songent à quitter le réseau public d'ici les cinq prochaines années. Les répondants oeuvrent principalement en travail social, en ergothérapie, en éducation spécialisée et en psychologie.

La vice-présidente de la FP-CSN, Nancy Corriveau, n'est pas surprise des résultats du sondage. «On le sait que c'est problématique sur le terrain. Le gel des embauches, les compressions, les absences qui ne sont pas remplacées, c'est sûr que ça a un impact sur la charge de travail des professionnels, mais ça crée aussi des interruptions de services et des délais d'attente. [...] Il y a aussi eu des décisions administratives de réduire l'offre de services. On privilégie donc les cas les plus lourds, et les autres doivent attendre. On ne peut pas faire de prévention ou d'intervention précoce», déplore Mme Corriveau.

D'où la forte proportion de répondants qui disent avoir été contraints au présentéisme. «Les professionnels savent que s'ils s'absentent, les clientèles n'auront pas de suivi», explique la syndicaliste.

Mme Corriveau note également que la réforme a créé une confusion des rôles. «Les gens ne savent plus qui fait quoi, il n'y a plus de gestionnaires de proximité, les décisions sont centralisées et les gens sur le terrain n'ont plus leur mot à dire», se désole la vice-présidente de la FP-CSN, qui représente plus de 5000 professionnels et techniciens du réseau de la santé et des services sociaux.

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