Différend avec Québec: les pharmaciens envisagent des «moyens d'action»

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En entrevue au Soleil, jeudi, le directeur général de l'Association des pharmaciens propriétaires du Québec, Jean Bourcier, a affirmé que ses membres étaient las de la joute politique du ministre Gaétan Barrette.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) L'Association des pharmaciens propriétaires du Québec (AQPP) n'a eu aucune nouvelle du ministre de la Santé, Gaétan Barrette, depuis le dépôt de son avis de différend, le 13 avril. À moins d'un signe de sa part d'ici là, un avis d'arbitrage pourrait être déposé la semaine prochaine. Et des «moyens d'action» pourraient dès lors être mis en branle.

«Le ministre aime beaucoup parler de joute politique, mais nous, la joute politique, ça ne nous tente plus de la jouer», a averti le directeur général de l'AQPP, Jean Bourcier, au cours d'une entrevue éditoriale avec Le Soleil, jeudi.

Théoriquement, le gouvernement a 30 jours pour répondre à un avis de différend, à défaut de quoi il s'expose à une procédure d'arbitrage. Les pharmaciens propriétaires envisagent également des moyens d'action dont la teneur sera dévoilée en temps et lieu, a indiqué M. Bourcier.

Les démarches entreprises par l'AQPP font suite à la publication du nouveau Règlement sur les avantages associés à un pharmacien, qui ne respecte pas l'entente signée en juin 2015 par le ministre Barrette et les pharmaciens propriétaires.

En vertu de cette entente, les 2048 pharmaciens propriétaires acceptaient, sous la menace de l'application de la loi 28 qui les aurait privés de 200 millions $ par année pendant cinq ans, de contribuer à l'effort budgétaire du gouvernement en lui versant 400millions $ sur trois ans, à même leurs honoraires.

En guise d'atténuation, le gouvernement s'était engagé à déplafonner pour une période de trois ans les allocations professionnelles. Sauf que voilà, le règlement publié dans la Gazette officielle du Québec prévoit que ce plafond ne sera complètement levé que dans neuf mois, le ministre. Barrette estimant que «l'environnement a changé» dans le contexte du projet de loi 81 visant à réduire le coût de certains médicaments.

Selon l'AQPP, le nouveau règlement causera un manque à gagner au 31 décembre 2016 de 82 millions $ par rapport à l'entente signée. «Il y a pertes d'emploi, des heures coupées, des heures d'ouverture réduites [...]. Il y a des limites à ce que les pharmaciens peuvent faire comme entrepreneurs pour s'organiser», fait valoir Jean Bourcier.

Manque d'écoute

Pour le président de l'Assocation, Jean Thiffault, les ponctions dans les honoraires des pharmaciens apparaissent «idéologiques» puisqu'il n'y a «pas vraiment eu de justifications». Selon lui, le ministre Barrette ne connaît pas le fonctionnement de l'industrie de la pharmacie et «manque d'écoute». «Peu importe les arguments qu'on avance, il y va au feeling, à l'improvisation. Il n'est pas en mode écoute et ne semble pas avoir de stratégie à long terme», déplore M. Thiffault, selon qui les pharmaciens sont traités comme des professionnels «de seconde zone».

Pourtant, «la première ligne la plus efficace, c'est nous», estime le président de l'AQPP, qui voudrait voir Québec mieux utiliser les pharmaciens, notamment en leur permettant de faire de la vaccination et de la «déprescription» de médicaments pour certains patients qui les accumulent. «On a un programme de formation bonifié, les pharmaciens sortent de l'université très bien préparés, mais on ne fait pas bénéficier la population de leur expertise», déplore-t-il

Des pouvoirs étendus à tous les acteurs de l'industrie de la pharmacie

Dans son mémoire déposé jeudi en commission parlementaire sur le projet de loi 92 visant à augmenter les pouvoirs d'enquête de la Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ), l'Association québécoise des pharmaciens propriétaires (AQPP) recommande d'étendre ces pouvoirs à l'ensemble des acteurs de l'industrie de la pharmacie communautaire plutôt que de les limiter seulement aux professionnels de la santé. Il faut, selon elle, rendre «plus transparentes» les relations commerciales de tous les tiers (les grossistes, les bannières et les compagnies de médicaments génériques, par exemple) avec les professionnels de la santé. «Le projet de loi devrait également assujettir ces tiers à des sanctions pénales dissuasives lorsqu'ils participent ou contribuent à encourager un professionnel à enfreindre une loi ou un règlement en vigueur», estime l'AQPP, qui a choisi de ne pas témoigner en commission parlementaire en raison de «l'indifférence dont fait preuve le ministre de la Santé à l'endroit des pharmaciens».

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