Des chercheurs de Québec portent un dur coup à la bactérie C. difficile

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«C'est une première mondiale», s'est enthousiasmé lundi, en conférence de presse, le premier auteur de l'étude, Dr Yves Longtin. «Les résultats ont été publiés dans le Journal of the American Medical Association - Internal Medicine, et pour cause, parce qu'ils sont révélateurs. Avant l'intervention, l'IUCPQ avait entre 50 et 80 cas de C. difficile par année, et après, à peine plus de 20.»

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) Des chercheurs et des médecins de Québec pourraient bien avoir remporté une importante victoire contre la bactérie C. difficile. L'application d'un nouveau protocole de dépistage systématique à l'Institut de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ) y a en effet réduit «d'au moins 50 %» les cas de C. difficile. Et le tout, en plus de couvrir ses coûts, a même permis d'économiser plus de 400 000 $ par année.

«C'est une première mondiale», s'est enthousiasmé lundi, en conférence de presse, l'auteur principal de l'étude, le Dr Yves Longtin. «Les résultats ont été publiés dans le Journal of the American Medical Association - Internal Medicine, et pour cause, parce qu'ils sont révélateurs. Avant l'intervention, l'IUCPQ avait entre 50 et 80 cas de C. difficile par année, et après, à peine plus de 20. [...] Les taux dans les autres hôpitaux de la province et de la région sont stables, donc la réduction n'est pas due à des facteurs extérieurs.»

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L'application d'un nouveau protocole de dépistage systématique à l'Institut de cardiologie et de pneumologie de Québec a permis la réduction «d'au moins 50 %» les cas de Clostridium difficile

Le Soleil, Erick Labbé

Cause la plus importante de maladies dites nosocomiales, qui sont contractées à l'hôpital, le Clostridium difficile est une bactérie qui s'installe dans l'intestin et qui peut causer de simples diarrhées - ou bien pire. La bactérie a rendu 3400 patients malades au Québec en 2014 et en a tué quelque 540, mais les hôpitaux peinent depuis des années à reprendre le contrôle sur la maladie, qui a atteint des proportions épidémiques.

Jusqu'à maintenant, les protocoles standards consistaient à isoler les patients qui montraient des symptômes de la maladie et de prendre d'autres mesures particulières - le port de gants par les infirmières, par exemple. Mais en 2011, une étude a montré que 4 à 5 % des patients admis à l'hôpital sont porteurs du C. difficile sans pour autant avoir le moindre symptôme. Une équipe de l'IUCPQ (anciennement l'Hôpital Laval) s'est donc dit que la source de la contamination continue pouvait être ces patients porteurs asymptomatiques.

À partir de 2013, l'IUCPQ a donc commencé à dépister la bactérie chez tous ses patients, systématiquement, et a isolé tous les porteurs de C. difficile, qu'ils aient présenté des symptômes ou non. Et les résultats sont spectaculaires : avant d'isoler tous les porteurs de la bactérie, l'ex-Hôpital Laval avait près de 7 cas de patients malades du C. difficile par 10 000 patients-jours. Après : seulement 3 cas par 10 000.

Fait intéressant, cette percée a été rendue possible parce que des tests de dépistage rapide sont désormais disponibles sur le marché grâce à un autre chercheur de Québec, Dr Michel G. Bergeron. Fondé sur la génétique, ce test donne ses résultats en moins d'une journée alors que la méthode «classique», elle, implique de faire des cultures bactériennes qui prennent de deux jours à quelques semaines avant de donner des résultats - des délais qui auraient rendu l'information inutile.

Évidemment, la «guerre» contre C. difficile ne sera jamais totalement gagnée, mais cette découverte, si elle est confirmée par d'autres études, pourrait s'avérer une «bataille» importante. «Le C. difficile a une arme, explique Dr Longtin : il peut se transformer en spores. Et sous cette forme, il devient extrêmement résistant, très difficile à tuer.» C'est pour cette raison qu'il persiste tant dans les hôpitaux, malgré tous les efforts de désinfection. Un patient porteur peut, par exemple, infecter sa chambre et des spores peuvent y survivre pendant des semaines.

D'où l'intérêt de confiner tous les porteurs.

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