SABSA forcée de réduire ses heures de service pour se consacrer au financement

La coopérative sans médecin SABSA doit réduire ses... (Photothèque Le Soleil, Yan doublet)

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La coopérative sans médecin SABSA doit réduire ses heures de service sans rendez-vous pour consacrer son énergie à la campagne de financement visant à assurer sa sauvegarde.

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(Québec) À deux jours de l'échéance de fermeture prévue, la coopérative sans médecin SABSA a annoncé jeudi devoir réduire ses heures de service sans rendez-vous pour consacrer son énergie à la campagne de financement visant à assurer sa sauvegarde.

En conférence de presse, l'infirmière praticienne spécialisée (IPS) Isabelle Têtu s'est désolée qu'il n'y ait encore aucune solution apportée pour prendre en charge les 1500 (presque 1600) patients de la coopérative du boulevard Charest.

Malgré tout, «on ne veut pas baisser les bras», a assuré la cofondatrice de la clinique, qui invite la population à contribuer à la campagne de sociofinancement La Ruche, dont l'objectif est d'amasser 250 000 $ d'ici le 31 mai. Jusqu'ici, seulement 40 000 $ ont été récoltés.

Présente au point de presse avec sa collègue Diane Lamarre, la députée de Taschereau, Agnès Maltais, a adressé cette invitation au ministre de la Santé, Gaétan Barrette, qui a admis cette semaine n'avoir jamais visité la coopérative : «Il a invité la clientèle à faire 40 mètres à pied sur le plat, moi, je l'invite à faire 1,4 kilomètre dans sa grosse limousine [...] pour se rendre en basse ville et voir ce qui se passe là-bas.»

La clinique SABSA est située dans «l'arrondissement le plus dense de la ville de Québec, et c'est dans le centre, en basse ville, que les personnes ont le moins de médecins de famille», a rappelé Mme Maltais.

Pour Diane Lamarre, porte-parole de l'opposition officielle en matière de santé, le refus du ministre Barrette de financer SABSA représente non seulement «une injustice grave» pour les patients de la coopérative qui vont se retrouver sans suivi, mais aussi un «affront» envers toutes les infirmières du Québec.

«Le ministre leur dit : "Même si vous répondez aux besoins des patients, même si vous vous occupez des plus vulnérables, même si vous le faites à très bas prix [...], eh bien, je ne reconnaîtrai jamais votre autonomie et je vais conférer et maintenir le pouvoir aux médecins en prétendant bien sûr que je les contrôle." Mais, dans le fond, concrètement, qu'est-ce qu'on a eu cette semaine comme annonce? Tout va encore du côté de la rémunération aux médecins, du financement de cliniques pour les médecins», a dénoncé la députée de Taillon.

Mme Lamarre a illustré la nécessité d'une clinique comme SABSA par le fait que le CHU de Québec et le CLSC Basse-Ville, entre autres, lui envoyaient des patients qui n'obtiendraient pas autrement les soins et le suivi adaptés à leur condition. Selon Isabelle Têtu, au moins la moitié des patients de SABSA ont été référés «soit par les organismes communautaires, soit par les hôpitaux, soit par les CLSC, soit par les pharmacies».

Travail d'équipe

Mme Têtu a par ailleurs profité de la conférence de presse pour remettre certaines pendules à l'heure. Contrairement à ce que le ministre Barrette a récemment laissé entendre, la seule proposition qui a été faite à SABSA, et elle remonte à la semaine dernière, c'est qu'Isabelle Têtu aille travailler au CLSC Basse-Ville, sans son équipe.

«L'équipe médicale [du CLSC] n'était même pas au courant, l'équipe d'infirmières n'était même pas au courant non plus. Je n'ai même pas de bureau actuellement de disponible. Et puis si je suis capable de suivre 1500, 1600 patients, c'est parce que j'ai une équipe», a souligné Mme Têtu. L'IPS a également rappelé que SABSA prenait en charge une clientèle parfois intoxiquée et sans carte d'assurance maladie, qui ne respecte pas toujours les heures de rendez-vous. Une souplesse qui n'est pas offerte dans le réseau traditionnel, a-t-elle insisté. «Nos plus vulnérables n'y vont pas au CLSC», a résumé Mme Têtu.

À noter que le CLSC est une option très nouvelle pour le ministre Barrette, qui avait jusque tout récemment toujours défendu l'idée d'intégrer SABSA à un groupe de médecine de famille.

En réponse au ministre qui a justifié son refus d'appuyer SABSA par le fait qu'il ne voulait pas financer un réseau parallèle (payer à SABSA ordinateurs et imprimantes, par exemple), Isabelle Têtu a assuré que la coopérative était très bien capable de fournir l'infrastructure de la clinique et même d'assumer le salaire de sa secrétaire. «Ce qu'on veut, c'est qu'il paie au moins les professionnelles qui y travaillent», a-t-elle dit.

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