Pas de supercliniques dans les villages

Le ministre Gaétan Barrette répond à l'opposition lors... (La Presse Canadienne, Jacques Boissinot)

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Le ministre Gaétan Barrette répond à l'opposition lors de la période de questions à l'Assemblée nationale, mardi.

La Presse Canadienne, Jacques Boissinot

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(Québec) Devant les critiques qui ont suivi son annonce sur les supercliniques, le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a senti le besoin d'apporter certaines précisions mardi pendant l'étude des crédits de son ministère. Non, il n'y aura pas de supercliniques dans les régions qui ne sont pas densément peuplées pour la simple et bonne raison qu'elles n'en ont pas besoin, a-t-il exposé.

Le ministre de la Santé s'est servi d'une «question amie» posée par la députée libérale de Crémazie, Marie Montpetit, pour revenir sur son annonce de lundi et préciser que les supercliniques étaient «un intermédiaire entre l'urgence et le cabinet de médecin». 

«La superclinique, c'est un GMF qui offre en plus des plages de sans rendez-vous à une clientèle qui n'est pas inscrite chez lui», a-t-il résumé, précisant qu'il y aura une superclinique par groupe de 50 000 personnes. «Dans la région de Québec, il y en aura six ou sept», a-t-il illustré.

Pas question d'ouvrir des supercliniques dans les régions où les services offerts par les cabinets de médecins sont suffisants et où les urgences ne débordent pas, a insisté le ministre. «Il faut qu'il y ait une plus-value», a-t-il dit, ajoutant que les critiques de l'opposition officielle quant à l'absence de supercliniques dans des régions comme la Côte-Nord et la Gaspésie dénotaient une «mauvaise compréhension du système».

«Les supercliniques viennent répondre à un problème de débordement des urgences. [...] C'est une soupape. Et où y a-t-il des problèmes d'urgences qui débordent? Dans les centres-ville» comme Montréal, Québec, Sherbrooke et Trois-Rivières, a rappelé le ministre Barrette. 

Alors qu'à Sainte-Anne-des-Monts, un endroit «magnifique» pas densément peuplé où il y a quelques médecins de famille, «on ne peut quand même pas avoir une superclinique dans le village», a illustré le ministre.

Vérification faite, la députée Diane Lamarre n'a pas demandé des supercliniques dans les régions éloignées, mais déploré le fait que les difficultés d'accès à un médecin dans ces régions n'étaient pas réglées avec l'annonce du ministre Barrette. 

«Ce n'est pas du privé, c'est de l'extrahospitalier»

Le Dr Barrette a par ailleurs insisté sur le fait que le modèle des supercliniques, «ce n'est pas du privé, c'est de l'extrahospitalier». «C'est un partenariat. On leur dit [aux médecins] : vous fonctionnez en interdisciplinarité, on vous aide [avec des infirmières et du financement pour l'opérationnel, par exemple], on vous donne la souplesse de vous adapter à votre clientèle et, en échange, vous devez livrer un certain nombre de services, sinon on vous coupe», a résumé le ministre, tout en assurant que «la reddition de comptes sera appliquée».

Les supercliniques devront notamment offrir un minimum de 20 000 consultations par année, ouvrir leurs portes 12 heures par jour et sept jours sur sept, offrir un accès à un centre de prélèvement public et avoir une entente avec un laboratoire d'imagerie, à défaut de quoi elles verront leur financement coupé. 

Le ministre Barrette a également rappelé qu'en vertu des plans d'effectifs extrahospitaliers, «les médecins ne peuvent plus aller travailler n'importe où, ils doivent aller où sont les besoins». «On ferme le secteur confortable [le boulevard Laurier] pour amener les médecins où il y a des besoins, comme dans la couronne nord ou le centre-ville de Québec, par exemple», a illustré le ministre, conscient que «les médecins ne sont pas contents, mais la population, c'est ce qu'elle veut». 

Pour le député solidaire Amir Khadir, le ministre Barrette gaspille les fonds publics avec son réseau de supercliniques «qui ajoute une couche inutile au réseau de première ligne déjà en place». Le médecin rappelle que le recours au privé en santé a été maintes fois essayé au Québec avec toujours le même résultat : un coût élevé pour l'État et peu de bénéfices pour la population. 

Selon M. Khadir, le réseau des CLSC, qui compte actuellement 147 centres et 284 points de services, a déjà le mandat que le ministre Barrette souhaite donner aux supercliniques. Il suffirait, dit-il, «d'un ministre qui croit au système public de santé pour régler en grande partie les problèmes d'accessibilité».

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