Réduire le nombre d'étudiants en médecine au profit des sciences infirmières

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(Québec) Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a convenu mardi qu'il fallait «améliorer la cadence» dans la formation des infirmières praticiennes spécialisées (IPS) pour atteindre l'objectif de 2000 en 10 ans promis par son parti en campagne électorale. «Il faudra peut-être diminuer le nombre d'entrées en médecine» pour augmenter le nombre d'entrées en sciences infirmières spécialisées, a-t-il dit pendant l'étude des crédits de son ministère.

«On entre dans une période où on aura une décision importante de ce type-là à prendre. On a l'intention ferme de former nos 2000 IPS» d'ici 2024, a déclaré le ministre Barrette à la suite d'une question «plantée» par la députée de Fabre, la libérale Monique Sauvé.

«Oui, actuellement, on a un peu de retard dans la formation des IPS. On a établi une feuille de route [...] et on va arriver à atteindre notre objectif», a-t-il promis, précisant que «les facultés nous disent que ça prend du financement». À l'heure actuelle, on ne compte que 381 IPS au Québec, a indiqué le ministre.

Son attachée de presse, Julie White, a précisé au Soleil que la réduction du nombre d'étudiants en médecine au profit des sciences infirmières n'était «pas pour demain, mais au courant des prochaines années vu le nombre important de médecins formés en fonction des besoins de la population». 

Le ministre de la Santé a également admis pendant l'étude des crédits qu'il fallait augmenter l'exercice des ordonnances collectives. «Il n'y a pas eu une application de ça [comme on voulait]. Des efforts doivent aussi être consentis là-dessus. Il y a des améliorations à faire», a convenu le ministre Barrette, sans toutefois préciser son plan de match. 

Déception à l'Ordre des infirmières 

Plus tôt dans la journée, l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) avait fait part de sa déception quant au déploiement du modèle des supercliniques annoncé la veille par le ministre Barrette. Selon l'OIIQ, ces cliniques n'assureront pas la continuité des soins ni la prise en charge des patients souffrant de maladies chroniques, qui représentent plus de 50 % de la population québécoise. Une clientèle qui pourrait être davantage confiée aux IPS, estime l'Ordre.

«L'OIIQ demeure convaincu que la présence d'IPS est un catalyseur de l'accès aux soins de première ligne dont on ne peut se passer. Ce modèle de soins a fait ses preuves en Ontario, comment expliquer que le Québec soit encore à la remorque? [...] Le gouvernement doit mettre en place les conditions facilitantes à l'intégration des IPS dans les milieux de pratique et encourager les structures de collaboration interprofessionnelle», écrit l'Ordre dans un communiqué.

Selon l'OIIQ, pour que le gouvernement puisse atteindre son objectif de 2000 IPS d'ici 2024, «il faut assurer dès maintenant une planification judicieuse, prévoir des budgets suffisants et une coordination accrue avec les universités et les milieux de stage sur le terrain».

Le nouveau guichet d'accès à un médecin connaît des ratés

Le nouveau Guichet d'accès à un médecin de famille (GAMF) a connu des ratés, a révélé la Coalition Avenir Québec (CAQ) pendant l'étude des crédits du ministère de la Santé, mardi. Selon le député de Lévis, François Paradis, une patiente de Granby qui attendait depuis deux ans sur les anciennes listes d'attente (Guichets d'accès pour la clientèle orpheline) aurait perdu sa priorité en s'inscrivant sur le nouveau guichet en ligne. Le transfert d'une inscription d'un guichet à un autre ne devait pourtant rien changer dans l'ordre de priorité du patient (à moins que les informations sur son état de santé n'aient été changées), a rappelé le député de la CAQ. Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a promis de faire les vérifications nécessaires et de rassurer la patiente en question. Il a également invité tous ceux qui auraient vécu de tels ratés avec le nouveau système de communiquer avec le ministère. «Dites-nous-le, on va apporter les correctifs», a assuré le ministre, selon qui «il peut toujours y avoir des accrochages quand on installe un nouvel outil informatique».

Le PLQ rejette une motion pour une enquête de la vg

Le PLQ a rejeté la motion présentée mardi par le député solidaire Amir Khadir, conjointement avec le PQ et la CAQ, voulant que «l'Assemblée nationale demande à la vérificatrice générale d'examiner l'état du système de santé en évaluant les impacts de la dernière réforme du gouvernement sur les services à la population, sur la santé des employés du réseau et sur l'utilisation judicieuse des équipements et des installations matérielles». Selon M. Khadir, «si le ministre Barrette était si confiant de sa grande réforme, il accepterait volontiers que la vérificatrice générale examine l'état de notre réseau». Le député de Mercier estime que cette réforme «revient à dépouiller le réseau public de ses professionnels et à détourner les fonds disponibles pour financer des entrepreneurs qui utilisent la profession médicale pour faire de la maladie une source de profit».

Le PQ appuie la Coalition pour le maintien du CSBE

Le Parti québécois a joint mardi sa voix à celle de la Coalition pour le maintien du Commissaire à la santé et au bien-être (CSBE), une initiative citoyenne visant à dénoncer l'abolition du chien de garde du réseau de la santé. Selon la députée Diane Lamarre, porte-parole de l'opposition officielle en matière de santé, cette décision libérale est «complètement insensée» dans le contexte où le réseau subit «les contrecoups répétés et non documentés» des réformes du ministre de la Santé, Gaétan Barrette. La députée de Taillon rappelle que c'est Philippe Couillard lui-même qui a créé le CSBE il y a à peine 10 ans. «Que pense-t-il du démantèlement qu'en fait son ministre de la Santé aujourd'hui? N'est-ce pas étrange que ce gouvernement qui a promis tant de transparence soit aussi opaque et qu'il tente de faire taire le CSBE au moment où ce dernier mène des travaux sur les urgences, les CHSLD et la rémunération des médecins?» demande Diane Lamarre.

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