Des listes d'attente trop longues pour les services en psychologie

Le Plan d'action en santé mentale 2015-2020 prévoyait un délai maximal de 30... (Photothèque Le Soleil)

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(Québec) Le Plan d'action en santé mentale 2015-2020 prévoyait un délai maximal de 30 jours pour obtenir un premier rendez-vous en santé mentale. Or selon les données obtenues par le Parti québécois, une personne sur quatre doit attendre plus d'un mois pour être vue une première fois par un psychologue ou un neuropsychologue dans le secteur public. Selon l'opposition officielle, Québec pourrait améliorer l'accès à ces services simplement en rémunérant l'internat des doctorants en psychologie.

Le Parti québécois (PQ), la Fédération interuniversitaire des doctorants en psychologie (FIDEP) et la Fédération médicale étudiante du Québec (FMEQ) en ont fait une proposition formelle jeudi en conférence de presse.

«Si les patients étaient en hémorragie, on ne les ferait pas attendre 30 jours avant de les soigner», a illustré la députée Diane Lamarre, rappelant que les problèmes de santé mentale pouvaient mener certaines personnes au suicide.

«Les troubles de santé mentale, quand ils ne sont pas traités, ils se complexifient et deviennent chroniques», a renchéri la présidente de la FIDEP, Josianne Jauniaux. En plus des impacts sur les patients et leurs proches, les problèmes de santé mentale qui ne sont pas rapidement pris en charge ont des conséquences financières pour le gouvernement (frais d'hospitalisation et de médication), ont fait valoir Mme Jauniaux et Mme Lamarre.

«Les besoins sont criants, qu'on pense à la schizophrénie, aux troubles affectifs, aux troubles dépressifs, à l'anxiété, au TDAH, etc. [...] Ce qu'on propose, c'est une solution concrète avec des résultats rapides pour favoriser la rétention des psychologues dans le système public», a expliqué la députée de Taillon.

Pour rappel, le doctorat est obligatoire depuis 2006 au Québec pour pouvoir exercer la profession de psychologue et de neuropsychologue. Au terme de leurs sept années d'études universitaires, les doctorants doivent faire un internat de 1600 heures au cours duquel ils réalisent 80 % du travail d'un psychologue, contribuant ainsi à réduire les listes d'attente. Ils sont les seuls à ne pas être rémunérés pour ce travail en Amérique du Nord.

Boycott des stages

Jusqu'ici, 700 doctorants en psychologie (450 stagiaires et 250 internes) boycottent leurs stages et internats. À compter de septembre 2016, ils n'offriront pas de services psychologiques ou neuropsychologiques. Selon la FIDEP, plus de 12 000 Québécois seront ainsi privés de ces services dans le réseau public.

Même si 90 % des psychologues se disent plus intéressés de travailler au public, de plus en plus de jeunes psychologues finissent par se tourner vers le privé parce que leur internat n'est pas rémunéré, a rappelé jeudi la présidente de la FIDEP.

Selon Diane Lamarre, la rémunération de 250 doctorants pour un an d'internat coûterait environ 10 millions $. «Quand on donne le soutien de l'État aux étudiants, on peut lier leur engagement dans le secteur public pendant deux ou trois ans», a-t-elle fait valoir.

La FMEQ endosse la proposition du PQ et de la FIDEP, «parce qu'on souhaite que nos patients aient accès à des services de psychologie quand ils en ont besoin», a expliqué sa présidente, Jessica Ruel Laliberté.

La députée Diane Lamarre a fait part de sa proposition lors de l'étude des crédits du ministère de la Santé et des services sociaux sans obtenir quelque engagement de la part du ministre Gaétan Barrette.

«La députée de Taillon veut que l'étude des crédits se transforme en séance de négociations», a dit le ministre Barrette, précisant que sa collègue de l'Enseignement supérieur, Hélène David, et lui étaient actuellement en réflexion quant à l'éventualité de rémunérer l'internat des doctorants en psychologie. «Le contexte budgétaire conditionne toutes nos décisions», a-t-il souligné.

Questionné sur la ventilation du montant de 70 millions $ sur cinq ans promis dans le Plan d'action en santé mentale, le ministre Barrette a expliqué qu'aucune somme ne pouvait être investie avant 2018 «parce qu'il faut d'abord réorganiser la façon de donner les services».

Le ministre de la Santé a ensuite consacré de longues minutes de son temps de réponse à revenir sur ce que son prédécesseur, le péquiste Réjean Hébert, n'avait pas fait en matière de santé mentale parce que toute son énergie était dirigée vers son projet d'assurance autonomie, «un projet de 2,1 milliards $ non financé», s'est-il plu à rappeler.

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