SABSA: un rapport du CSSS de la Vieille Capitale contredit Barrette

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La clientèle toxicomane desservie par la coopérative SABSA ne va pas dans les lieux traditionnels du réseau de la santé.

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(Québec) Les patients de SABSA n'ont qu'à aller au CLSC, disait cette semaine le ministre de la Santé, Gaétan Barrette. Un rapport publié en décembre 2014 par le Centre de santé et de services sociaux (CSSS) de la Vieille Capitale est pourtant clair sur cette question: la clientèle toxicomane desservie par la coopérative du boulevard Charest ne va pas dans les établissements traditionnels du réseau de la santé.

Le document en question, intitulé Rapport sur la situation de drogue par injection à Québec et sur la pertinence d'offrir des services d'injection supervisée, a été rédigé par le travailleur communautaire Marc De Koninck.

La clientèle de SABSA, on le sait, est largement composée de toxicomanes ou d'ex-toxicomanes. Dans son rapport, Marc De Koninck note que les personnes utilisatrices de drogues par injection (UDI) fréquentent peu les services publics de santé.

«Le fait qu'elles aient vécu des expériences négatives, qu'elles craignent d'être jugées, exclues ou rejetées, ou qu'elles ne répondent pas aux exigences d'admission dans le système de santé, permet d'expliquer cette faible utilisation des services de santé traditionnels», écrit-il, ajoutant que «les difficultés rapportées au regard du système de santé à répondre adéquatement aux besoins des personnes utilisatrices de drogues [...] sont corroborées par des témoignages de professionnels de la santé et d'intervenants qui oeuvrent auprès d'elles».

Rejoindre la clientèle

Bref, résume M. De Koninck, même si un nombre important d'établissements du réseau de la santé offrent des services de différentes natures aux personnes UDI, «les statistiques sur l'ensemble de ces services indiquent une très faible fréquentation de ces services par les personnes». Il est donc nécessaire, selon lui, «de se questionner sur l'accessibilité des services et sur [leur] capacité à rejoindre cette clientèle en grand besoin et plus facilement marginalisée».

Plus en confiance

Le travailleur communautaire et organisateur communautaire du CSSS (fusionné au CIUSSS de la Capitale-Nationale avec la loi 10) explique que les services à bas seuil d'accessibilité (SABSA) visent à rejoindre des clientèles nécessitant des soins de santé, mais difficilement rejointes par le réseau régulier. Les organismes communautaires, de par leur proximité, leur facilité d'accès et leur structure souple, offrent ces services à bas seuil d'accessibilité même si les personnes n'ont pas de carte d'assurance-maladie, précise M. De Koninck.

«Pour les établissements de santé ou de santé et services sociaux, cela implique concrètement que les services, normalement offerts dans les établissements, sont déployés dans les organismes communautaires, là où les usagers sont plus faciles à rejoindre, notamment parce qu'ils se sentent plus en confiance», souligne Marc de Koninck.

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