Reconnaissance mutuelle France-Québec: un accord qui fonctionne... en théorie

Les infirmières françaises venues pratiquer au Québec n'en... (123RF)

Agrandir

Les infirmières françaises venues pratiquer au Québec n'en peuvent plus de l'intransigeance qu'elles subissent ici pendant que leurs consoeurs québécoises sont accueillies à bras ouverts en France.

123RF

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) En théorie, l'Arrangement de reconnaissance mutuelle France-­Québec (ARM) facilite la tâche des travailleurs souhaitant exercer leur profession sur le territoire cousin. En pratique, les infirmières françaises venues pratiquer au Québec n'en peuvent plus de l'intransigeance qu'elles subissent ici, et ce, pendant que leurs consoeurs québécoises sont accueillies à bras ouverts en France.

Ce ras-le-bol a d'abord été étayé dans L'outarde libérée, le webmagazine de l'actualité franco-­québécoise, qui titrait mardi : «Les infirmières françaises ne sont plus les bienvenues au Québec». Un article qui «n'est pas passé inaperçu outre-Atlantique», confirme au Soleil Géraldine Baudoin, administratrice du Regroupement des infirmiers français au Québec (RIFQ).

C'est qu'à l'adoption de l'ARM, il a été convenu qu'un stage de 75 jours devait être réalisé par l'infirmière étrangère afin d'obtenir un permis de travail de l'Ordre du pays d'accueil. Une demande perçue comme déraisonnable par plusieurs en raison de l'état actuel du système de santé. «On recrute peu d'infirmières, et encore moins de françaises, parce que le coût du stage de 75 jours est quand même assez élevé», mentionne Mme Baudoin à propos des frais reliés à l'encadrement des stagiaires.

Pour ces raisons, l'obligation de stage a été retirée en France... mais pas au Québec.

«Pourquoi on reconnaîtrait à une Québécoise les capacités d'aller s'intégrer en France en deux jours, et nous, on nous demanderait 75 jours? Ça veut dire qu'on considérerait finalement qu'une infirmière française n'a pas les capacités d'adaptation aussi élevées qu'une Québécoise?» demande Mme Baudoin.

Elle a l'impression, renforcée par plusieurs témoignages d'infirmières françaises installées ici, que le Québec fait preuve de méfiance à leur égard. «Du côté français, on fait confiance, au sens où on sait que la personne est diplômée, est capable de s'adapter», compare-t-elle.

Bloquée malgré 22 années d'expérience

Agnès Cardamone, une infirmière cumulant 22 années d'expérience, a commencé en août 2015 son stage de 75 jours au Centre hospitalier universitaire (CHU) de Sherbrooke, stage qu'elle a échoué pour des raisons personnelles hors de son contrôle, bien qu'elle signale y avoir été très mal encadrée.

«J'ai convoqué l'OIIQ [Ordre des infirmières et infirmiers du Québec] et je leur ai expliqué», raconte au Soleil Mme Cardamone. «On m'a dit : "Avec vos événements familiaux, vous ne pouviez pas réussir ce stage. Donc, il n'y a pas de problème, vous le refaites". [...] Au CHU de Sherbrooke, on m'a dit : "Vous avez échoué. Revenez dans six mois ou dans un an quand vous aurez une expérience pertinente".»

C'est là où le bât blesse. «Depuis novembre, je cherche partout du travail. Et chaque fois, on me répond que je n'ai pas la résidence permanente.»

C'est que Mme Cardamone possède un permis restrictif temporaire, qui lui permettait de travailler au CHU de Sherbrooke, mais qui oblige tout autre employeur potentiel à effectuer des démarches administratives supplémentaires avant de l'embaucher.

«À Chicoutimi, on m'a répondu clair et net : on a pour mission de ne plus embaucher d'infirmiers français», témoigne-t-elle.

Après des demandes dans des dizaines de villes partout à travers le Québec, Agnès Cardamone se retrouve donc aujourd'hui avec 4000 $ d'économies et plus beaucoup d'espoir de décrocher un emploi ici. Elle s'est donnée jusqu'au 30 juin pour obtenir une réponse positive. Si ça n'arrive pas, son fils - qui va à l'école ici - et elle devront aller s'établir ailleurs.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer