Québec lance un guichet unique pour trouver un médecin

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(Québec) Exit les Guichets d'accès pour la clientèle orpheline (GACO) : les patients sans médecin de famille peuvent désormais s'inscrire à un guichet centralisé hébergé par la Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ).

Le nouveau Guichet d'accès à un médecin de famille (GAMF), mis sur pied au coût de 2 millions $, devrait, selon le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, «augmenter la capacité de répondre efficacement aux demandes des usagers» et permettre l'arrimage entre eux et les médecins «sur une base de proximité» grâce à la géolocalisation (par code postal), a expliqué mardi en conférence de presse le ministre de la Santé, Gaétan Barrette. 

Les listes de patients inscrits dans les GACO, qui étaient sous la responsabilité des différents centres de santé et de services sociaux avant l'abolition des agences, ont été transférées au GAMF. En s'inscrivant au nouveau guichet, ces patients pourront mettre à jour les informations sur leur état de santé, a précisé le ministre. Tout patient qui s'inscrit au GAMF recevra par courriel une confirmation de son inscription de même qu'une évaluation du délai d'attente.

«C'est un système qui nous permettra de gérer de façon précise et en ligne l'état des services offerts à la population», a expliqué le ministre Barrette, précisant que les informations sur le nombre de patients sans médecin de famille et les délais d'attente seront régulièrement mis à jour. «On va pouvoir avoir en ligne la situation pour tout le Québec à tout moment», a-t-il résumé.

À noter que l'accès à un médecin de famille continuera de se faire selon un ordre de priorité médicale, la personne atteinte d'un cancer se voyant attribuer la cote A et l'adolescent en parfaite santé, la cote E, par exemple.

La migration des listes de patients orphelins des GACO vers le GAMF a fait passer le nombre d'inscrits de 500 000 à 359 000 «parce qu'on avait des doublons», a expliqué le ministre Barrette. L'objectif, a-t-il précisé, c'est d'augmenter le nombre d'inscriptions à 1,2 million. Le ministre Barrette souhaite voir 85 % des Québécois inscrits à un médecin de famille le 1er janvier 2018. Il calcule qu'ils sont environ 6 millions à l'être à l'heure actuelle.

Les médecins surveillés

Le nouveau système permettra par ailleurs au ministère de la Santé de gérer la façon dont les médecins choisissent leurs patients et de déterminer si leur comportement est «approprié ou inapproprié», selon le ministre Barrette. 

«Si un médecin a tendance à ne choisir qu'un seul type de patients, s'il ne prend en charge que des enfants, par exemple, et qu'il refuse toujours des personnes âgées, c'est un comportement inapproprié et nous allons le voir en ligne. Donc, en termes de gestion, nous pourrons intervenir et ajuster notre réglementation en conséquence», a averti le ministre de la Santé, sans toutefois préciser les mécanismes d'intervention qui pourraient être mis en place. «Je ne peux pas donner de détails là-dessus aujourd'hui», a-t-il répondu lorsque nous lui avons demandé ces précisions.

Le ministre Barrette est également revenu sur l'«obligation» des médecins de famille d'atteindre un taux d'assiduité de 80 % d'ici le 31 décembre 2017, «sinon ils verront leur rémunération coupée de 30 %». «Quand un médecin accepte de prendre en charge un patient, il a automatiquement une épée de Damoclès au-dessus de la tête parce qu'il prend le risque de se faire couper» s'il ne se rend pas assez disponible pour ses patients, a dit le Dr Barrette.

«Il doit vous prendre en charge pour vrai. Et à la première visite, un examen complet doit être fait», a ajouté le ministre, mentionnant au passage que le tarif pour cette première visite est plus cher parce que l'examen est «plus complexe». «Ce n'est pas une prime», a-t-il tenu à préciser.

Le ministre Barrette a insisté : «Le médecin de famille doit se rendre disponible de façon à ce que 8 fois sur 10, il puisse régler le problème de santé mineur de son patient. Il doit être disponible quasi en tout temps et modifier sa pratique, faire de l'accès adapté.»

Pensée magique centralisatrice

Pour le député de Québec solidaire Amir Khadir, le nouveau guichet est «encore un témoignage de la pensée magique centralisatrice et très bureaucratique de M. Barrette». Le problème, selon lui, n'est pas tant la gestion des listes que «le profil de pratique installé en première ligne, contrôlé par les GMF, qui n'ont pas donné les résultats escomptés».

Pour s'inscrire au GAMF : www.gamf.gouv.qc.ca

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Gaétan Barrette

La Presse Canadienne, Jacques Boissinot

À propos du taux d'assiduité

Le cadre de gestion des GMF présenté en mai par le ministre de la Santé prévoit le respect d'un taux d'assiduité national de 80 %, à défaut de quoi le renouvellement d'un statut de GMF ne pourrait être recommandé. Si le médecin est absent ou non disponible, ses collègues du même GMF devront prendre la relève, avait expliqué le ministre Gaétan Barrette.

Sauf que l'entente conclue entre Québec et la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec ne fait état d'aucune obligation pour un médecin en particulier d'atteindre ce taux de 80 %, fait-on remarquer sur le site vosdroitsensanté.com.

«Sans aucune obligation de respecter un taux d'assiduité individuel, ni d'offrir l'accès adapté, le médecin demeure libre de recevoir ses patients quand il veut, peu importe les besoins du patient», résume-t-on sur le site produit par la firme de Me Jean-Pierre Ménard, avocat spécialisé en santé.

Le ministre Gaétan Barrette en avait convenu lui-même cet automne : le cadre de gestion auquel sont soumis les médecins en GMF n'est pas inscrit dans la loi 20 parce qu'une telle inscription ne serait pas légale.

Aux partis d'opposition qui réclamaient une garantie que les médecins en GMF allaient être disponibles les soirs et les fins de semaine, par exemple, le ministre Barrette avait expliqué qu'il ne pouvait pas imposer aux médecins leur horaire de travail. Les médecins sont des travailleurs autonomes, pas des salariés, avait-il rappelé.

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