Les médecins spécialistes veulent punir les patients délinquants

«Il y a des personnes qui reviennent tout... (Photothèque Le Soleil)

Agrandir

«Il y a des personnes qui reviennent tout le temps à l'urgence sans que ce soit justifié, il faut leur expliquer les choses, faire en sorte qu'ils comprennent bien comment ça fonctionne», affirme la présidente de la Fédération des médecins spécialistes du Québec, la Dre Diane Francoeur.

Photothèque Le Soleil

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) La Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) estime que des mesures doivent être prises pour freiner la surconsommation des soins et des services par une certaine frange de la population. Elle suggère notamment que la Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ) exige des «frais compensatoires» pour les patients récidivistes.

Dans son mémoire sur le panier de services assurés en santé et en services sociaux présenté récemment au Commissaire à la santé et au bien-être, la FMSQ explique que plusieurs mauvais comportements exercent une pression accrue sur le système de santé et génèrent des coûts additionnels.

«Ceci peut être attribuable en partie à un défaut de la prise en charge en première ligne, à une méconnaissance des services disponibles ou encore, pour certains, à un comportement propre à la surconsommation. [...] L'objectif de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec d'améliorer la prise en charge en première ligne dans les prochaines années aura éventuellement un effet favorable pour diminuer ce problème. Le déploiement éventuel d'infirmières cliniciennes ou praticiennes spécialisées sera aussi fort probablement d'une grande utilité pour coordonner cette clientèle et optimiser l'usage des soins au Québec», écrit la FMSQ. 

Parmi les mauvais comportements cités par la FMSQ : visites répétées dans différents lieux de dispensation de soins pour un même problème, entraînant une répétition des investigations; inscription d'un même patient sur de multiples listes d'attente pour une même pathologie; défaut de se présenter sans aviser à un rendez-vous; refus multiples de rendez-vous pour une intervention chirurgicale prévue pour motifs difficilement justifiables; consultations à l'urgence pour des problématiques de santé bénignes; demandes de tests ou d'examens, même si jugés non pertinents ou superflus; difficultés à modifier un comportement, même lorsque requis par la condition médicale (alimentation, tabac, alcool, drogues, sédentarité, etc.); et, enfin, refus par les parents de vaccination des enfants.

«Quand des gens décident de ne pas venir à leur rendez-vous, ça prive d'autres patients d'un rendez-vous et ça contribue à l'allongement des listes d'attente. Malheureusement, c'est une situation qu'on voit régulièrement, surtout à l'hôpital. Un des problèmes qu'on a, c'est que, pour toutes sortes de raisons, notamment de confidentialité, on n'a que le téléphone pour fixer ou confirmer un rendez-vous, et il arrive souvent que les patients ne se présentent pas», se désole en entrevue au Soleil la présidente de la FMSQ, la Dre Diane Francoeur.

La première mesure à mettre en place est d'informer adéquatement la population et les fournisseurs des conséquences de leurs comportements, selon la FMSQ.

«Il y a des personnes qui reviennent tout le temps à l'urgence sans que ce soit justifié, il faut leur expliquer les choses, faire en sorte qu'elles comprennent bien comment ça fonctionne. De la même façon qu'on peut renouveler une prescription une fois parce que la personne a perdu sa pompe au chalet, mais quand ça fait trois fois qu'on renouvelle une prescription dans le même mois, il y a un problème. Les patients doivent comprendre qu'ils doivent aussi faire leur part, se rappeler que renouveler une prescription, ce n'est pas gratuit», insiste la Dre Francoeur, ajoutant qu'une fois les patients aidés et bien informés, «on ne peut pas toujours être gentils» si les mauvais comportements se répètent.

D'où cette proposition faite par la FMSQ dans son rapport: «La RAMQ, à titre d'agent payeur, pourrait exiger des frais compensatoires pour les personnes qui ne modifient pas leur comportement malgré les solutions proposées, par exemple lorsque des consultations multiples sont demandées par le patient pour une même pathologie, pour des absences répétitives à ses rendez-vous sans préavis ou pour les multiples renouvellements d'ordonnances perdues.»

Selon la FMSQ, on a jusqu'à maintenant surtout pointé les «fournisseurs» de soins et de services comme s'ils étaient entièrement responsables des problèmes d'accessibilité, en omettant de s'intéresser aux autres facteurs et de regarder du côté des «consommateurs». 

Pronostics terminaux

Les médecins spécialistes souhaitent par ailleurs qu'on s'attarde aux demandes ou aux exigences des familles à l'égard d'un proche pour l'obtention d'un niveau de soins, comme les procédures de réanimation, «souvent inapproprié ou exagéré dans des contextes de pronostics terminaux».

«Dans la plupart des situations, la charge émotionnelle est à son comble et des décisions cruciales et pressantes doivent être prises sur-le-champ. La plupart des personnes ne réalisent pas en quoi consistent ces procédures, ce qu'elles impliquent pour le patient et ce qu'elles commandent concrètement en ressources de tous ordres», écrit la FMSQ, qui suggère là aussi une meilleure éducation de la population.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer